Les résidents de l'UE ne pourront pas bénéficier de l'exonération pour réinvestissement si leur logement en Espagne a cessé d'être leur résidence habituelle il y a plus de deux ans
L'application de l'exonération pour réinvestissement dans la résidence principale pour les non-résidents est un scénario qui nécessite un respect strict des délais temporels établis par la réglementation en vigueur. Récemment, la Direction Générale des Tributs (DGT) a délimité la portée de cet avantage fiscal pour les contribuables résidant dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen.
Ce qu'a décidé la DGT
La consultation portait sur la possibilité d'appliquer l'exonération pour réinvestissement dans la résidence principale via le Modèle 210, suite à la vente d'une propriété en Espagne qui avait été la résidence habituelle du contribuable, mais qui n'était utilisée que de manière occasionnelle lors de ses séjours dans le pays. Le demandeur, résident fiscal en France depuis cinq ans, souhaitait réinvestir le montant obtenu dans l'acquisition de sa nouvelle résidence principale sur le territoire français.
La DGT a déterminé que, pour que les résidents de l'UE ou de l'EEE puissent bénéficier de cette exonération, le bâtiment doit avoir été leur résidence habituelle jusqu'à n'importe quel jour des deux années précédant la date de la transmission. Dans le cas analysé, étant donné que cinq ans se sont écoulés depuis que le contribuable a établi sa résidence en France, la condition d'habitualité requise par la réglementation pour la période de deux ans n'est pas remplie.
Ce que cela signifie pour vous
Si vous êtes résident de l'UE ou de l'EEE et que vous possédez une propriété en Espagne qui a été par le passé votre résidence habituelle, vous devez tenir compte du fait que l'avantage fiscal du réinvestissement n'est pas permanent. La réglementation exige une continuité ou une proximité temporelle entre l'utilisation du logement comme résidence principale et le moment de sa vente.
Le fait d'utiliser le logement à titre personnel lors de courts séjours ou de vacances n'équivaut pas au maintien de la condition de résidence habituelle aux fins de l'exonération pour réinvestissement. Si la propriété a cessé d'être votre résidence principale il y a plus de deux ans, la plus-value découlant de la vente sera soumise à l'imposition correspondante au titre de l'Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR).
Ce qu'il convient de faire
Il est nécessaire de vérifier la date exacte à laquelle la condition de résidence habituelle de la propriété en Espagne a été perdue. Avant de réaliser toute opération de transmission, il convient de s'assurer que les délais prévus par le TRLIRNR et le RIRPF sont respectés afin d'éviter tout risque fiscal. Chaque situation de mobilité internationale doit être analysée pour déterminer si l'utilisation du logement en Espagne permet de maintenir le droit à l'exonération ou si, au contraire, la transmission générera une obligation fiscale immédiate.
Questions fréquentes
- Puis-je appliquer l'exonération si j'achète un logement dans mon pays de résidence actuel ?
- Oui, à condition que le logement vendu en Espagne ait été votre résidence habituelle au cours de l'une des deux années précédant la vente.
- Que se passe-t-il si j'utilise le logement en Espagne pour les vacances ?
- L'utilisation occasionnelle ne remplit pas la condition de résidence habituelle si la résidence principale a été transférée dans un autre pays il y a plus de deux ans.