Les pertes de valeur sur créances liées nécessiteront une procédure de liquidation judiciaire
La détermination correcte de la base imposable de l'Impôt sur les Sociétés (IS) exige une analyse rigoureuse de la déductibilité de certaines charges comptables. Une récente consultation contraignante de la Direction Générale des Tributs (DGT) clarifie le traitement fiscal des pertes de valeur sur créances et des provisions pour risques, en établissant des critères différenciés selon la nature de la relation avec le débiteur.
Ce qu'a décidé la DGT
Concernant la perte de valeur sur créances, l'administration établit que le traitement fiscal varie selon le lien entre les parties :
- Entités liées : Dans le cas de débiteurs liés, la perte ne sera déductible que si le débiteur est engagé dans une procédure de conciliation ou de redressement judiciaire ayant atteint la phase de liquidation.
- Entités non liées : Pour les débiteurs sans lien, la déductibilité est conditionnée au respect strict des cas d'insolvabilité prévus à l'article 13.1 de la Loi sur l'Impôt sur les Sociétés (LIS).
En ce qui concerne la provision pour risques, la DGT précise qu'elle sera déductible dès lors que les conditions d'inscription comptable, de comptabilisation en période de rattachement et de justification sont remplies, et que la charge n'est pas spécifiquement exclue par l'article 14 de la LIS.
Ce que cela signifie pour vous
Pour les entreprises, ce critère implique que toute dotation comptable pour dépréciation de créances ne se traduit pas automatiquement par une charge fiscale déductible. Si votre entreprise détient des créances auprès d'entités du même groupe ou liées, la simple insolvabilité du débiteur ne garantit pas la déductibilité ; il est impératif que ledit débiteur se trouve en phase de liquidation judiciaire.
De même, la gestion des provisions pour risques doit s'aligner sur la réglementation comptable et fiscale afin d'éviter que l'Administration ne considère ces montants comme des charges non déductibles lors de la liquidation de l'impôt.
Ce qu'il convient de faire
Il est nécessaire d'assurer un suivi exhaustif de la situation financière des débiteurs liés afin d'identifier le moment exact où la perte devient fiscalement acceptable. Dans le cas des provisions, il convient de s'assurer que la documentation justifiant la comptabilisation en période de rattachement et l'obligation de paiement est solide et conforme aux exigences de la Loi sur l'Impôt sur les Sociétés et du Plan Général Comptable.
Questions fréquentes
- La dépréciation d'une créance auprès d'une entreprise du même groupe est-elle déductible si elle est seulement en état d'insolvabilité ?
- Non, s'il existe un lien, la perte n'est déductible que si le débiteur se trouve en phase de liquidation judiciaire.
- Quelles conditions les provisions pour risques doivent-elles remplir pour être déductibles ?
- Elles doivent respecter les conditions d'inscription comptable, de comptabilisation en période de rattachement et de justification, et ne pas être exclues par l'article 14 de la LIS.