Les entreprises espagnoles ne doivent pas prélever l'IRPF des salariés de leur maison mère saoudienne
L'application des conventions visant à éviter la double imposition est essentielle pour déterminer le pouvoir fiscal de l'Espagne sur les revenus du travail. Récemment, la Direction Générale des Tributs (DGT) a précisé la portée de l'obligation de retenue à la source lorsque des travailleurs d'une maison mère située en Arabie saoudite prestent des services de manière temporaire sur le territoire espagnol.
Ce qu'a résolu la DGT
La résolution se fonde sur l'article 15 de la Convention entre l'Espagne et l'Arabie saoudite. Selon cette disposition, les revenus du travail ne sont imposables en Espagne que si l'emploi est exercé physiquement dans le pays. Toutefois, la convention prévoit une exception permettant aux revenus d'être imposés uniquement dans le pays d'origine (Arabie saoudite) si trois conditions sont remplies simultanément :
- Le séjour en Espagne doit être inférieur à 183 jours sur une période de douze mois.
- La rémunération doit être versée par un employeur qui n'est pas résident en Espagne.
- Les revenus ne doivent pas être supportés par un établissement stable que l'employeur possède en Espagne.
En ce sens, la DGT détermine que si l'entité espagnole n'est pas le véritable employeur desdits travailleurs, il n'existe aucune obligation d'agir en tant que reteneur de leurs salaires en Espagne.
Ce que cela signifie pour vous
Pour les entreprises dotées de structures internationales, ce critère délimite la responsabilité fiscale face à la mobilité du personnel de leurs maisons mères ou de groupes étrangers. Si les travailleurs d'une entité saoudienne effectuent des services temporaires en Espagne, mais que leur relation de travail et le paiement de leurs salaires dépendent exclusivement de la maison mère, l'entreprise espagnole n'a pas l'obligation d'effectuer des retenues au titre de l'Impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR).
Ce qu'il convient de faire
Il est fondamental que la réalité de la relation de travail corresponde à la structure contractuelle. La DGT avertit que, si la réalité des faits indiquait que l'entreprise espagnole agit comme le véritable employeur, l'exception de la convention ne serait plus applicable. Dans ce cas, les revenus pourraient être imposés en Espagne et l'entité espagnole aurait l'obligation de pratiquer une retenue. Par conséquent, il est nécessaire de vérifier que le paiement des salaires et la direction de la relation de travail restent hors de la juridiction espagnole afin d'éviter tout risque fiscal.
Questions fréquentes
- Que se passe-t-il si l'entreprise espagnole paie directement le salaire ?
- Si l'entreprise espagnole est le véritable employeur, l'exception de la convention ne s'applique pas et les revenus pourraient être imposés en Espagne.
- Quelle est la limite de séjour pour appliquer la convention ?
- Le séjour en Espagne doit être inférieur à 183 jours sur une période de douze mois.