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Créer une entreprise en Espagne en tant qu'Italien : guide complet 2026

Un entrepreneur italien qui gère sa SRL depuis l'Espagne peut créer sans le savoir un établissement permanent soumis à l'IS espagnol à 25%, tout en accumulant des erreurs sur la TVA intracomunitaire, le RETA et la structure holding — avec des redressements potentiels dans les deux pays.

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BMC conçoit la structure optimale dès le départ : SL espagnole, autónomo RETA, holding hispano-italienne ou combinaison, avec analyse de l'établissement permanent, ZEC Canarias avant le 31/12/2026 et régime Beckham pour le dirigeant.

  • La SL espagnole se constitue en 24-48h via CIRCE avec un capital minimum de 1€ depuis 2023.

  • Gérer votre SRL italienne depuis l'Espagne peut créer un établissement permanent soumis à l'IS espagnol (25%).

  • Le holding espagnol bénéficie d'une exonération de 95% sur les dividendes de filiales italiennes (LIS Art. 21) si participation ≥5% et ≥1 an.

  • La ZEC Canarias offre un IS à 4% pour les entreprises éligibles ; la fenêtre d'inscription ferme le 31/12/2026.

Comment nous travaillons

Du premier contact à la clôture du dossier

  1. Choix de la structure

    Analyse : SL pure, autónomo, succursale de la SRL italienne ou holding hispano-italienne. Décision basée sur volume, clientèle, actionnariat et profil fiscal du dirigeant.

  2. Obtention du NIE

    NIE (Modelo 030 AEAT) pour le fondateur italien. Certificat d'enregistrement citoyen UE si résidant en Espagne. Si Beckham applicable, préparer Modelo 149 pour J+6 mois SS.

  3. Constitution de la SL via CIRCE

    Dénomination sociale, statuts, capital (min. 1€), acte notarié ou procédure téléinformatique, inscription au Registro Mercantil. Délai : 24-72h.

  4. Alta fiscal et censal

    Modelo 036 (alta IAE), demande NIF provisoire, inscription ROI intracomunitaire pour opérations avec l'Italie. RETA si le fondateur travaille dans la société.

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Le problème

Un entrepreneur italien qui gère sa SRL depuis l'Espagne peut créer sans le savoir un établissement permanent soumis à l'IS espagnol à 25%, tout en accumulant des erreurs sur la TVA intracomunitaire, le RETA et la structure holding — avec des redressements potentiels dans les deux pays.

Notre solution

BMC conçoit la structure optimale dès le départ : SL espagnole, autónomo RETA, holding hispano-italienne ou combinaison, avec analyse de l'établissement permanent, ZEC Canarias avant le 31/12/2026 et régime Beckham pour le dirigeant.

Processus

Comment nous procédons

1

Choix de la structure

Analyse : SL pure, autónomo, succursale de la SRL italienne ou holding hispano-italienne. Décision basée sur volume, clientèle, actionnariat et profil fiscal du dirigeant.

2

Obtention du NIE

NIE (Modelo 030 AEAT) pour le fondateur italien. Certificat d'enregistrement citoyen UE si résidant en Espagne. Si Beckham applicable, préparer Modelo 149 pour J+6 mois SS.

3

Constitution de la SL via CIRCE

Dénomination sociale, statuts, capital (min. 1€), acte notarié ou procédure téléinformatique, inscription au Registro Mercantil. Délai : 24-72h.

4

Alta fiscal et censal

Modelo 036 (alta IAE), demande NIF provisoire, inscription ROI intracomunitaire pour opérations avec l'Italie. RETA si le fondateur travaille dans la société.

5

TVA intracomunitaire et ROI

Numéro ROI (ES+NIF) actif et vérifié dans VIES pour facturer des clients italiens sans TVA (inversione contabile). Communication du numéro aux contreparties italiennes.

6

ZEC ou holding (si applicable)

Inscription ZEC avant 31/12/2026 si activité éligible en Canaries. Ou conception du holding hispano-italien pour optimiser les dividendes de la SRL italienne via LIS Art. 21.

1 €
Capital minimum SL depuis 2023
25%
Taux IS général Espagne
4%
Taux IS ZEC Canarias
95%
Exonération dividendes LIS Art. 21
24% (6 ans)
Taux IRPF Beckham
31/12/2026
Date limite ZEC

Créer une entreprise en Espagne depuis l’Italie : guide complet 2026

L’entrepreneur italien qui décide de créer une base en Espagne doit naviguer entre deux systèmes juridiques, deux régimes fiscaux et une Convention bilatérale qui répartit les droits d’imposition de façon parfois contre-intuitive. Les opportunités sont réelles — ZEC Canarias, régime Beckham, IS à 25% avec exonérations, accès au marché ibéroaméricain — mais les pièges aussi.

Pourquoi l’Espagne pour l’entrepreneur italien en 2026

Plusieurs facteurs rendent l’Espagne particulièrement attractive pour les entrepreneurs italiens :

Avantages structurels :

  • SL espagnole avec capital minimum de 1€ (depuis la réforme 2021/2023) — plus flexible que la SRL italienne qui exige 10 000€ minimum
  • Constitution de la SL en 24-72h via CIRCE (Centro de Información y Red de Creación de Empresas)
  • Accès immédiat au marché européen via numéro intracomunitaire
  • ZEC Canarias : IS à 4% pour les entreprises éligibles inscrites avant le 31/12/2026
  • Régime Beckham : 24% IRPF fixe pour les entrepreneurs pour 6 ans
  • Réseau de traités OCDE et DTA avec 100+ pays

Comparatif fiscal simplifié :

ParamètreItalieEspagne
IS (société)24% IRES + 3.9% IRAP25% (15% premières années nouvelles entreprises)
IS zone spéciale—4% ZEC Canarias
Taux IRPF dirigeant23-43%24% (Beckham, si éligible) ou barèmes progressifs IRPF de l’État et de la communauté autonome
Capital minimum SARL/SRL/SL10 000€1€
TVA standard22%21%
Cotisations sociales indépendants~25-27% revenusRETA selon la tranche de revenu net (base mensuelle minimale 2026 de 653,59 € à 1 928,10 €)

Les options de structure pour l’entrepreneur italien

Option 1 : Sociedad Limitada (SL) espagnole pure

La structure la plus simple et la plus propre pour opérer principalement en Espagne :

  • Personnalité juridique propre, séparée du fondateur
  • Responsabilité limitée au capital social
  • Tribunal mercantile espagnol compétent
  • IS espagnol à 25% (15% pour les nouvelles entreprises la première période à base positive et la suivante, Art. 29.1 LIS)

Procédure CIRCE (téléinformatique) :

  1. Vérification de la dénomination sociale (Registro Mercantil Central — 24h)
  2. NIE du fondateur
  3. Compte bancaire provisoire pour dépôt capital
  4. Acte notarié de constitution ou procédure téléinformatique CIRCE (< 3 000€ capital)
  5. Inscription Registro Mercantil (5-10 jours ouvrables)
  6. Modelo 036 AEAT pour l’alta fiscal et l’IAE

Option 2 : Autónomo RETA

Pour les indépendants qui souhaitent travailler directement sous leur propre nom sans créer de société. Le fondateur s’inscrit comme autónomo en Espagne :

  • Inscription RETA (Régimen Especial de Trabajadores Autónomos) : cotisation mensuelle selon revenu net (base mensuelle minimale 2026 de 653,59 € à 1 928,10 €, Orden PJC/297/2026)
  • Modelo 036 pour l’alta de actividad
  • Numéro ROI pour les opérations intracomunitaires
  • Déclarations TVA trimestrielles (Modelo 303), IRPF trimestriel (Modelo 130)

Avantage : simplicité administrative. Limite : responsabilité personnelle illimitée (sauf régime « autónomo dependiente » ou SL unipersonal).

Option 3 : Succursale de la SRL italienne

Extension de la SRL italienne en Espagne, sans personnalité juridique propre :

  • Constitution par acte notarié espagnol (traduction assermentée des statuts italiens, apostille de La Haye)
  • Représentant légal résident en Espagne obligatoire
  • Bénéfices espagnols soumis à IS espagnol (25%)
  • La SRL italienne répond solidairement des dettes de la succursale

Utilisation typique : phase de test, projet temporaire (< 2 ans), avant de créer une SL autonome.

Option 4 : Holding hispano-italienne

La structure la plus optimisée fiscalement pour les entrepreneurs avec un groupe déjà existant :

Entrepreneur italien (résidant en Espagne sous Beckham)
                    │
                    ▼
         HOLDING SL ESPAGNOLE
          ├── SL opérationnelle Espagne (100%)
          └── SRL opérationnelle Italie (100%)

Avantages fiscaux :

  • LIS Art. 21 : exonération 95% des dividendes reçus de la SRL italienne (participation ≥5%, durée ≥1 an)
  • Convention Italie-Espagne 1977, Art. 10 : retenue italienne sur dividendes plafonnée à 15 %, sans taux réduit selon la participation (la directive 2011/96/UE, art. 5, peut supprimer cette retenue entre une filiale et sa société mère de l’UE)
  • Plus-values : exonération 95% sur cession de la SRL italienne par la holding espagnole (LIS Art. 21)
  • Neutralité lors de réorganisations intragroupe

Le risque d’établissement permanent : le piège des dirigeants italiens

La principale erreur de l’entrepreneur italien en Espagne est de gérer sa SRL depuis l’Espagne sans avoir structuré la relation correctement.

Quand l’EP est-il constitué ?

Selon l’Art. 5 de la Convention Italie-Espagne 1977 et l’Art. 13 LIRNR :

Forme classique d’EP :

  • Siège de direction, succursale, bureau, usine, atelier, chantier > 12 mois en Espagne (les installations de simple stockage, exposition ou livraison n’en constituent pas, Art. 5.3 Convention)

EP par direction effective :

  • Si le gérant unique de la SRL prend toutes les décisions depuis l’Espagne : l’AEAT peut qualifier le siège de direction effective comme en Espagne, rendant la SRL résidente fiscale espagnole pour l’IS

EP par agent dépendant :

  • Un employé ou représentant en Espagne qui conclut des contrats au nom de la SRL italienne de façon habituelle

Conséquences d’un EP non déclaré

  • Redressement IS espagnol (25%) sur les bénéfices attribuables à l’EP, + intérêts + pénalités (30-150%)
  • Redressement côté italien si la SRL a continué à payer l’IRES italienne : risque de double imposition réelle
  • Pénalités pour défaut de déclaration de l’EP en Espagne

Mesures préventives

  1. Documenter la direction en Italie : procès-verbaux du Consiglio di Amministrazione tenus en Italie, contrats signés en Italie, employés italiens prenant des décisions
  2. Contrat de services : la SL espagnole (dirigeant) fournit des services à la SRL italienne à prix de marché (Art. 9 Convention 1977 + Art. 18 LIS)
  3. Conseil préalable : demande de ruling à l’AEAT espagnole et/ou à l’Agenzia delle Entrate italienne sur la structure projetée

ZEC Canarias : l’opportunité pour les tech italiens

La Zone Spéciale des Canaries (ZEC) offre un IS à 4%, 21 points de moins que le régime général, pour les entreprises inscrites avant le 31 décembre 2026, date de fin du règlement (UE) 651/2014 à laquelle la loi 19/1994 limite les inscriptions (Art. 29.2).

Activités éligibles ZEC

SecteurExemples italiens
Services TIC et numériquesDéveloppeurs software, consultants IT
R&DStartup technologiques, biotech
Commerce de grosDistribution internationale
LogistiqueTransport et supply chain
TélécommunicationsOpérateurs, MVNO

Conditions d’inscription ZEC

ExigenceDétail
DomicileSiège social et direction effective aux Canaries (n’importe quelle île), au moins un administrateur résident
Employés5 emplois à Gran Canaria ou Tenerife (3 dans les autres îles) dans les 6 mois suivant l’inscription
Investissement100 000€ à Gran Canaria ou Tenerife (50 000€ dans les autres îles) en immobilisations dans les 2 premières années
Délai d’inscriptionAvant le 31/12/2026

Le candidat idéal : une startup italienne de services numériques ou de conseil avec clients européens qui peut créer les emplois requis aux Canaries et ouvrir une SL ZEC avant fin 2026. Économie : 21 points d’IS sur les bénéfices éligibles.

Beckham pour l’entrepreneur et dirigeant italien

Depuis la Loi 28/2022 (Ley de Startups), le régime Beckham est ouvert à trois nouvelles catégories :

Catégorie 1 : Emprendedor (entrepreneur)

Conditions :

  • Activité économique innovante ou d’intérêt économique particulier pour l’Espagne
  • Rapport favorable d’ENISA (Empresa Nacional de Innovación, Art. 70 de la loi 14/2013)
  • Modelo 149 dans les 6 mois suivant le début d’activité inscrit à la SS (Art. 116 RIRPF)

Catégorie 2 : Nómada digital (télétravailleur à distance)

Conditions :

  • Travail salarié exercé à distance depuis l’Espagne, exclusivement par des moyens informatiques et de télécommunication (Art. 93.1.b.1 LIRPF)
  • Autorisation de séjour et travail pour nómadas digitales (si non-UE) ou NSS (Num. SS) si UE

Catégorie 3 : Administrateur de société

Conditions :

  • Acquérir la condition d’administrateur d’une entité
  • Aucune limite de participation, sauf si l’entité est patrimoniale : l’administrateur ne peut alors détenir une participation qui en fasse une entité liée (Art. 93.1.b.2 LIRPF)

Beckham et ZEC : compatibilité confirmée

Un entrepreneur peut avoir sa SL en ZEC (IS 4%) et être lui-même sous le régime Beckham (IRPF 24%). Les deux régimes s’appliquent à des niveaux distincts (société vs. personne physique) et ne se contredisent pas.

Structure optimale combinée :

  • SL ZEC à Las Palmas : IS 4% sur bénéfices
  • Dirigeant-associé sous Beckham : IRPF 24% sur salaire, 19 % à 30 % sur dividendes espagnols
  • Filiale italienne SRL : dividendes exonérés à 95% dans la SL ZEC (LIS Art. 21)

TVA entre l’Espagne et l’Italie : les règles à maîtriser

B2B : inversión del sujeto pasivo / inversione contabile

Pour les prestations de services entre professionnels :

  • SL espagnole → client professionnel italien : facture sans TVA (0%), le client autoliquide en Italie (22%, inversione contabile)
  • SRL italienne → SL espagnole : sans TVA italienne, la SL autoliquide en Espagne (21%, inversión del sujeto pasivo)

Conditions : le client doit être un assujetti agissant en tant que tel (Art. 44 de la directive) ; vérifiez son numéro de TVA dans VIES. Vérification sur ec.europa.eu/taxation_customs/vies.

Modelo 349 — Opérations intracomunitaires

Déclaration mensuelle (ou trimestrielle si < 50 000€/trimestre) des livraisons et acquisitions intracomunitaires. Inclut les prestations de services B2B UE (Art. 79 ter LIVA).

Precios de transferencia (Prix de transfert)

Si vous avez des transactions entre votre SL espagnole et votre SRL italienne (services intercompagnies, prêts, licences) :

  • Art. 18 LIS + Art. 9 Convention 1977 : prix de marché obligatoire
  • Documentation : contrat de prestation de services, analyse comparative, politique de prix de transfert écrite
  • Documentation au contenu simplifié si le chiffre d’affaires net est inférieur à 45 M€ (Art. 18.3 LIS) ; pas de documentation spécifique pour les opérations avec une même personne liée jusqu’à 250 000 € (Art. 13.3.d RIS)

Obligations de compliance pour la SL espagnole

Obligations fiscales annuelles :

  • Modelo 303 : autoliquidation TVA trimestrielle
  • Modelo 349 : opérations intracomunitaires (mensuel ou trimestriel)
  • Modelo 200 : IS annuel (dans les 25 jours après 6 mois de clôture)
  • Modelo 202 : paiements fractionnés IS (20 premiers jours d’avril, octobre et décembre, Art. 40.1 LIS)
  • Modelo 190 : récapitulatif retenues sur salaires (annuel, janvier)
  • Modelo 390 : récapitulatif annuel TVA (janvier)

Livres obligatoires :

  • Livre de comptabilité (Plan Général Comptable espagnol — PGC)
  • Livre journal, livre d’inventaires
  • Livre d’actionnaires (Libro Registro de Socios)
  • Registre des titulaires réels (Ley 10/2010 AML) : déclaration au Registro Mercantil si actionnaire ≥25%

Comptes annuels : Dépôt au Registro Mercantil dans le mois suivant l’approbation par l’assemblée (délai maximal : 6 mois après clôture pour approbation + 1 mois pour dépôt). Sanction de fermeture registrale en cas de retard.

Erreurs fréquentes des entrepreneurs italiens en Espagne

Erreur 1 : Gérer la SRL depuis l’Espagne sans contrat de services Le risque d’EP est réel. Documenter la relation et séparer les fonctions dès le premier jour.

Erreur 2 : Manquer le délai Beckham Le Modelo 149 doit être déposé dans les 6 mois de l’inscription à la SS. C’est l’une des rares erreurs totalement irréversibles.

Erreur 3 : Ne pas obtenir le numéro ROI avant la première facture italienne Facturer sans ROI actif : risque de nullité de la facture et de TVA due sur l’opération.

Erreur 4 : Oublier les prix de transfert avec la SRL italienne Même pour un entrepreneur solo avec deux sociétés, la politique de prix de transfert doit être documentée.

Erreur 5 : Négliger la ZEC avant la date limite La fenêtre ZEC ferme le 31/12/2026. Une fois cette date passée, il n’est plus possible d’accéder au régime pour les nouvelles inscriptions.

Erreur 6 : Confondre Modello 720 espagnol et obligations déclaratives Le Modello 720 est la déclaration espagnole des biens à l’étranger — rien à voir avec le modello 730 ou le modello Redditi italiens. Ces derniers sont les déclarations fiscales personnelles italiennes.


Ce document est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Les règles sur l’établissement permanent, les prix de transfert et les régimes spéciaux doivent être vérifiées avec des conseillers spécialisés.

FAQ

Questions fréquentes

La SL espagnole est une entité juridique distincte, avec son propre NIF, son bilan séparé et une responsabilité limitée indépendante. La succursale (sucursal) est une extension de la SRL italienne, sans personnalité juridique propre : la SRL italienne répond de ses dettes. La succursale est un établissement permanent : ses bénéfices espagnols sont imposés à l'impôt sur le revenu des non-résidents aux taux de l'IS (Art. 19.1 TRLIRNR ; taux général 25 %, Art. 29 LIS). L'imposition complémentaire de 19 % sur les bénéfices transférés à l'étranger ne s'applique pas aux sociétés résidentes d'un autre État membre de l'UE (Art. 19.3.a TRLIRNR). Pour une activité durable en Espagne, la SL offre une meilleure séparation des risques et une flexibilité fiscale supérieure.
Selon l'Art. 5 de la Convention 1977 et l'Art. 13 du TRLIRNR espagnol, il y a établissement permanent quand une entité non résidente dispose en Espagne d'un lieu fixe d'affaires à travers lequel elle exerce tout ou partie de son activité : siège de direction, succursale, bureau, usine, atelier, chantier de plus de 12 mois, ou personne disposant de pouvoirs qu'elle exerce habituellement pour conclure des contrats au nom de l'entreprise. Les installations utilisées aux seules fins de stockage, d'exposition, de livraison ou d'activités préparatoires ou auxiliaires n'en constituent pas au sens de la Convention (Art. 5.3). Si vous êtes le gérant unique de votre SRL italienne et que vous prenez toutes les décisions depuis votre domicile espagnol, l'AEAT peut considérer que le siège de direction effective est en Espagne, ce qui rend la SRL résidente fiscale espagnole (Art. 8.1.c LIS) ; si l'Italie la considère aussi comme résidente, la Convention la rattache à l'État de son siège de direction effective (Art. 4.3). Aucun seuil en jours ne s'applique : ni l'art. 5 de la Convention ni l'art. 13.1.a du TRLIRNR n'en fixent un, hors chantiers (12 mois dans la Convention, 6 mois dans le TRLIRNR) ; ce sont les faits (lieu fixe d'affaires, lieu où se prennent les décisions de gestion) qui comptent.
La structure consiste à interposer une SL espagnole (holding) entre l'actionnaire italien (maintenant résident en Espagne) et sa SRL italienne. Avantages : (1) LIS Art. 21 : les dividendes de la SRL italienne sont exonérés d'IS si la participation est d'au moins 5 % et détenue depuis un an ; le montant exonéré est réduit de 5 % au titre des frais de gestion (Art. 21.10), de sorte qu'en règle générale 5 % du dividende est imposé. (2) Convention 1977, art. 10 : la retenue italienne sur les dividendes est plafonnée à 15 %, quel que soit le pourcentage de participation ; entre sociétés de l'UE, la directive 2011/96/UE exonère de retenue à la source les dividendes versés par une filiale à sa société mère (art. 5), sous les conditions qu'elle prévoit (participation d'au moins 10 %, art. 3). (3) Plus-values de cession : la plus-value de vente des parts de la SRL italienne par la holding espagnole bénéficie de la même exonération, avec la même réduction de 5 % (LIS Art. 21). Le résultat : une distribution de dividendes qui aurait supporté 26 % de retenue italienne (Art. 3.1 du décret-loi 66/2014) + imposition de l'actionnaire n'est taxée qu'à ~1,25 % dans la holding espagnole (5 % non exonéré × 25 % IS).
La Zone Spéciale des Canaries (ZEC) offre un IS à 4 % (Art. 43 de la loi 19/1994), contre 25 % en régime général (Art. 29 LIS), sur la part de la base imposable qui provient d'opérations réalisées matériellement et effectivement aux Canaries (Art. 44). L'inscription est possible jusqu'à la fin de validité du règlement (UE) 651/2014 ou de la norme qui le remplace (Art. 29.2), que le règlement (UE) 2023/1315 a fixée au 31 décembre 2026. Activités éligibles : celles de l'annexe de la loi, notamment programmation et conseil informatique, télécommunications, conseil de gestion, activités juridiques et comptables, recherche et développement, commerce de gros, transport et logistique, et la plupart des industries. Conditions (Art. 31.2) : entité de création nouvelle avec siège social et direction effective aux Canaries (dans n'importe quelle île) ; au moins un administrateur résidant aux Canaries ; investissement d'au moins 100 000 € à Gran Canaria ou Tenerife (50 000 € dans les autres îles) en immobilisations au cours des deux premières années ; création d'au moins 5 emplois à Gran Canaria ou Tenerife (3 dans les autres îles) dans les six mois, maintenus en moyenne. La demande d'inscription s'adresse au Consortium de la ZEC, dont dépend le Registro Oficial de Entidades de la ZEC et qui doit autoriser l'inscription (Art. 40 et 41).
Pour les services B2B (entre entreprises) : selon l'Art. 44 de la directive 2006/112/CE, le lieu de la prestation est le pays où le client professionnel est établi, et c'est le client qui est redevable de la TVA (Art. 196). Concrètement : votre SL espagnole facture sans TVA espagnole le client italien professionnel, avec la mention « autoliquidation » (inversión del sujeto pasivo, Art. 226.11 bis), et le client italien autoliquide la TVA italienne au taux normal de 22 % (Art. 16 DPR 633/1972). Pour les services B2C (particuliers italiens) : en règle générale la TVA espagnole (21 %) s'applique, car la prestation est réputée effectuée là où le prestataire est établi (Art. 69.Uno.2 LIVA) ; le seuil de 10 000 € et le guichet unique (OSS) concernent les ventes à distance de biens et les services de télécommunications, de radiodiffusion et électroniques (Art. 73 LIVA). Pour les marchandises : les livraisons transportées vers l'Italie pour un client disposant d'un numéro de TVA d'un autre État membre sont exonérées en Espagne (Art. 25 LIVA).
Oui, dans certains cas. Depuis la Loi 28/2022 (Loi Startups), l'Art. 93 LIRPF couvre, outre les salariés (y compris en télétravail) : les entrepreneurs dont l'activité économique est qualifiée d'entrepreneuriale avec un rapport favorable de l'ENISA (Art. 70 de la loi 14/2013), les professionnels hautement qualifiés qui travaillent pour des entreprises émergentes ou dans la formation, la recherche, le développement et l'innovation, et les administrateurs de sociétés, sans limite de participation sauf si la société est patrimoniale, auquel cas l'administrateur ne peut détenir une participation qui en fasse une entité liée (Art. 93.1.b.2, avec l'Art. 18 LIS). Conditions communes : ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 périodes d'imposition précédentes, et déposer le Modelo 149 dans les 6 mois suivant le début d'activité inscrit à la Sécurité sociale espagnole (Art. 116 RIRPF). Sous Beckham, le taux IRPF est de 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), l'année du déménagement et les cinq suivantes ; les revenus salariaux et entrepreneuriaux qualifiés sont réputés obtenus en Espagne, les autres revenus ne sont imposés que s'ils sont de source espagnole (dividendes de la SRL italienne exclus), et l'Impuesto sobre el Patrimonio ne porte que sur les biens situés en Espagne (Art. 93.1).
Si vous avez une SRL italienne avec salariés en Italie et une nouvelle SL espagnole avec salariés en Espagne, chaque entité gère ses salariés selon le droit du pays où ils travaillent. En sécurité sociale, une personne n'est soumise qu'à la législation d'un seul État membre, en principe celle de l'État où elle exerce son activité (Art. 11 du règlement (CE) 883/2004). En Espagne, l'employeur cotise notamment 23,60 % pour les risques communs, auxquels s'ajoutent le chômage, le FOGASA, la formation professionnelle, le mécanisme d'équité intergénérationnelle et les accidents du travail (Orden PJC/297/2026). Détachements temporaires : un salarié de la SRL italienne envoyé travailler en Espagne pour son compte reste soumis à la législation italienne si la durée prévisible du travail ne dépasse pas 24 mois et qu'il ne remplace pas un autre salarié détaché (Art. 12.1 du règlement (CE) 883/2004).

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Questions fréquentes

Questions sur Créer une entreprise en Espagne depuis l'Italie : SL, autónomo et holding hispano-italien 2026

La SL espagnole est une entité juridique distincte, avec son propre NIF, son bilan séparé et une responsabilité limitée indépendante. La succursale (sucursal) est une extension de la SRL italienne, sans personnalité juridique propre : la SRL italienne répond de ses dettes. La succursale est un établissement permanent : ses bénéfices espagnols sont imposés à l'impôt sur le revenu des non-résidents aux taux de l'IS (Art. 19.1 TRLIRNR ; taux général 25 %, Art. 29 LIS). L'imposition complémentaire de 19 % sur les bénéfices transférés à l'étranger ne s'applique pas aux sociétés résidentes d'un autre État membre de l'UE (Art. 19.3.a TRLIRNR). Pour une activité durable en Espagne, la SL offre une meilleure séparation des risques et une flexibilité fiscale supérieure.
Selon l'Art. 5 de la Convention 1977 et l'Art. 13 du TRLIRNR espagnol, il y a établissement permanent quand une entité non résidente dispose en Espagne d'un lieu fixe d'affaires à travers lequel elle exerce tout ou partie de son activité : siège de direction, succursale, bureau, usine, atelier, chantier de plus de 12 mois, ou personne disposant de pouvoirs qu'elle exerce habituellement pour conclure des contrats au nom de l'entreprise. Les installations utilisées aux seules fins de stockage, d'exposition, de livraison ou d'activités préparatoires ou auxiliaires n'en constituent pas au sens de la Convention (Art. 5.3). Si vous êtes le gérant unique de votre SRL italienne et que vous prenez toutes les décisions depuis votre domicile espagnol, l'AEAT peut considérer que le siège de direction effective est en Espagne, ce qui rend la SRL résidente fiscale espagnole (Art. 8.1.c LIS) ; si l'Italie la considère aussi comme résidente, la Convention la rattache à l'État de son siège de direction effective (Art. 4.3). Aucun seuil en jours ne s'applique : ni l'art. 5 de la Convention ni l'art. 13.1.a du TRLIRNR n'en fixent un, hors chantiers (12 mois dans la Convention, 6 mois dans le TRLIRNR) ; ce sont les faits (lieu fixe d'affaires, lieu où se prennent les décisions de gestion) qui comptent.
La structure consiste à interposer une SL espagnole (holding) entre l'actionnaire italien (maintenant résident en Espagne) et sa SRL italienne. Avantages : (1) LIS Art. 21 : les dividendes de la SRL italienne sont exonérés d'IS si la participation est d'au moins 5 % et détenue depuis un an ; le montant exonéré est réduit de 5 % au titre des frais de gestion (Art. 21.10), de sorte qu'en règle générale 5 % du dividende est imposé. (2) Convention 1977, art. 10 : la retenue italienne sur les dividendes est plafonnée à 15 %, quel que soit le pourcentage de participation ; entre sociétés de l'UE, la directive 2011/96/UE exonère de retenue à la source les dividendes versés par une filiale à sa société mère (art. 5), sous les conditions qu'elle prévoit (participation d'au moins 10 %, art. 3). (3) Plus-values de cession : la plus-value de vente des parts de la SRL italienne par la holding espagnole bénéficie de la même exonération, avec la même réduction de 5 % (LIS Art. 21). Le résultat : une distribution de dividendes qui aurait supporté 26 % de retenue italienne (Art. 3.1 du décret-loi 66/2014) + imposition de l'actionnaire n'est taxée qu'à ~1,25 % dans la holding espagnole (5 % non exonéré × 25 % IS).
La Zone Spéciale des Canaries (ZEC) offre un IS à 4 % (Art. 43 de la loi 19/1994), contre 25 % en régime général (Art. 29 LIS), sur la part de la base imposable qui provient d'opérations réalisées matériellement et effectivement aux Canaries (Art. 44). L'inscription est possible jusqu'à la fin de validité du règlement (UE) 651/2014 ou de la norme qui le remplace (Art. 29.2), que le règlement (UE) 2023/1315 a fixée au 31 décembre 2026. Activités éligibles : celles de l'annexe de la loi, notamment programmation et conseil informatique, télécommunications, conseil de gestion, activités juridiques et comptables, recherche et développement, commerce de gros, transport et logistique, et la plupart des industries. Conditions (Art. 31.2) : entité de création nouvelle avec siège social et direction effective aux Canaries (dans n'importe quelle île) ; au moins un administrateur résidant aux Canaries ; investissement d'au moins 100 000 € à Gran Canaria ou Tenerife (50 000 € dans les autres îles) en immobilisations au cours des deux premières années ; création d'au moins 5 emplois à Gran Canaria ou Tenerife (3 dans les autres îles) dans les six mois, maintenus en moyenne. La demande d'inscription s'adresse au Consortium de la ZEC, dont dépend le Registro Oficial de Entidades de la ZEC et qui doit autoriser l'inscription (Art. 40 et 41).
Pour les services B2B (entre entreprises) : selon l'Art. 44 de la directive 2006/112/CE, le lieu de la prestation est le pays où le client professionnel est établi, et c'est le client qui est redevable de la TVA (Art. 196). Concrètement : votre SL espagnole facture sans TVA espagnole le client italien professionnel, avec la mention « autoliquidation » (inversión del sujeto pasivo, Art. 226.11 bis), et le client italien autoliquide la TVA italienne au taux normal de 22 % (Art. 16 DPR 633/1972). Pour les services B2C (particuliers italiens) : en règle générale la TVA espagnole (21 %) s'applique, car la prestation est réputée effectuée là où le prestataire est établi (Art. 69.Uno.2 LIVA) ; le seuil de 10 000 € et le guichet unique (OSS) concernent les ventes à distance de biens et les services de télécommunications, de radiodiffusion et électroniques (Art. 73 LIVA). Pour les marchandises : les livraisons transportées vers l'Italie pour un client disposant d'un numéro de TVA d'un autre État membre sont exonérées en Espagne (Art. 25 LIVA).
Oui, dans certains cas. Depuis la Loi 28/2022 (Loi Startups), l'Art. 93 LIRPF couvre, outre les salariés (y compris en télétravail) : les entrepreneurs dont l'activité économique est qualifiée d'entrepreneuriale avec un rapport favorable de l'ENISA (Art. 70 de la loi 14/2013), les professionnels hautement qualifiés qui travaillent pour des entreprises émergentes ou dans la formation, la recherche, le développement et l'innovation, et les administrateurs de sociétés, sans limite de participation sauf si la société est patrimoniale, auquel cas l'administrateur ne peut détenir une participation qui en fasse une entité liée (Art. 93.1.b.2, avec l'Art. 18 LIS). Conditions communes : ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 périodes d'imposition précédentes, et déposer le Modelo 149 dans les 6 mois suivant le début d'activité inscrit à la Sécurité sociale espagnole (Art. 116 RIRPF). Sous Beckham, le taux IRPF est de 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), l'année du déménagement et les cinq suivantes ; les revenus salariaux et entrepreneuriaux qualifiés sont réputés obtenus en Espagne, les autres revenus ne sont imposés que s'ils sont de source espagnole (dividendes de la SRL italienne exclus), et l'Impuesto sobre el Patrimonio ne porte que sur les biens situés en Espagne (Art. 93.1).
Si vous avez une SRL italienne avec salariés en Italie et une nouvelle SL espagnole avec salariés en Espagne, chaque entité gère ses salariés selon le droit du pays où ils travaillent. En sécurité sociale, une personne n'est soumise qu'à la législation d'un seul État membre, en principe celle de l'État où elle exerce son activité (Art. 11 du règlement (CE) 883/2004). En Espagne, l'employeur cotise notamment 23,60 % pour les risques communs, auxquels s'ajoutent le chômage, le FOGASA, la formation professionnelle, le mécanisme d'équité intergénérationnelle et les accidents du travail (Orden PJC/297/2026). Détachements temporaires : un salarié de la SRL italienne envoyé travailler en Espagne pour son compte reste soumis à la législation italienne si la durée prévisible du travail ne dépasse pas 24 mois et qu'il ne remplace pas un autre salarié détaché (Art. 12.1 du règlement (CE) 883/2004).
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