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Français en Espagne — maîtrisez la convention 1995 et évitez les pièges de vos produits financiers français dans le système fiscal espagnol

Les ressortissants français qui s'installent en Espagne découvrent que leurs produits d'épargne préférés — assurance-vie et PEA — ne bénéficient d'aucun statut fiscal privilégié en Espagne. L'Agencia Tributaria (AEAT) espagnole ne reconnaît pas le différé d'imposition français de l'assurance-vie et impose les rendements comme des revenus de placement ordinaires. L'IFI français, qui n'est limité qu'aux biens immobiliers, laisse place à l'Impôt sur la Fortune (IP) espagnol qui s'applique à l'ensemble du patrimoine net. Faute de planification, les résidents français en Espagne peuvent se trouver doublement imposés sur leurs revenus ou soumis à un impôt patrimonial inattendu.

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BMC conseille les citoyens français résidant en Espagne sur l'ensemble de leur situation fiscale : analyse de la convention franco-espagnole de 1995, traitement fiscal de l'assurance-vie, du PEA et du PER en Espagne, gestion de l'Impôt sur le Patrimoine et coordination IFI, Loi Beckham le cas échéant, Modelo 720 et coordination avec les conseillers fiscaux en France.

  • La Convention franco-espagnole du 10 octobre 1995 (BOE-A-1997-12729, en vigueur depuis janvier 1997) attribue le droit d'imposition sur les revenus du travail et les pensions privées à l'État de résidence ; les revenus immobiliers sont imposés à la source.

  • L'assurance-vie française n'est pas reconnue par l'AEAT comme instrument de différé fiscal

    les produits (intérêts, dividendes, plus-values) générés au sein du contrat sont imposables dans l'IRPF espagnol dès la première année de résidence.

  • Le PEA est exonéré en France après 5 ans, mais l'Espagne ne reconnaît pas cette exonération

    les revenus et plus-values sont imposables dans l'IRPF espagnol.

  • L'IFI français ne porte que sur les biens immobiliers (seuil de 1,3 M€), tandis que l'Impôt sur le Patrimoine espagnol porte sur l'ensemble du patrimoine net avec un abattement de 700.000 €.

Comment nous travaillons

Du premier contact à la clôture du dossier

  1. Analyse de la convention franco-espagnole et détermination de résidence

    Nous vérifions l'acquisition de la résidence fiscale espagnole (art. 9 LIRPF) et la perte de résidence en France auprès de la DGFiP. Nous appliquons les règles de départage de l'article 4 de la Convention pour résoudre les conflits de double résidence et déterminons le régime applicable à chaque catégorie de revenus : salaires, dividendes, intérêts, plus-values, pensions, revenus immobiliers.

  2. Analyse des produits financiers français en Espagne

    Nous inventorions les contrats d'assurance-vie, les comptes PEA, les PER et les autres placements financiers détenus en France. Nous calculons le traitement fiscal espagnol (IRPF) des revenus générés dans chaque véhicule et recommandons la stratégie optimale selon le profil du contribuable.

  3. Impôt sur le Patrimoine et IFI : analyse comparative

    Nous calculons l'assiette de l'Impôt sur le Patrimoine espagnol pour le résident espagnol ayant des actifs en France, en appliquant les abattements (exonération résidence principale 300.000 €, abattement de base 700.000 €). Nous examinons les obligations parallèles avec l'IFI français sur les biens immobiliers en France et évaluons l'intérêt d'une résidence dans la Communauté de Madrid (bonification IP de 100 %).

  4. Loi Beckham pour professionnels français

    Pour les salariés, cadres dirigeants ou travailleurs nomades qui s'installent en Espagne pour des raisons professionnelles, nous analysons les conditions d'éligibilité à l'article 93 LIRPF et préparons le Modelo 149 dans les six mois suivant le début de l'activité en Espagne.

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Le problème

Les ressortissants français qui s'installent en Espagne découvrent que leurs produits d'épargne préférés — assurance-vie et PEA — ne bénéficient d'aucun statut fiscal privilégié en Espagne. L'Agencia Tributaria (AEAT) espagnole ne reconnaît pas le différé d'imposition français de l'assurance-vie et impose les rendements comme des revenus de placement ordinaires. L'IFI français, qui n'est limité qu'aux biens immobiliers, laisse place à l'Impôt sur la Fortune (IP) espagnol qui s'applique à l'ensemble du patrimoine net. Faute de planification, les résidents français en Espagne peuvent se trouver doublement imposés sur leurs revenus ou soumis à un impôt patrimonial inattendu.

Notre solution

BMC conseille les citoyens français résidant en Espagne sur l'ensemble de leur situation fiscale : analyse de la convention franco-espagnole de 1995, traitement fiscal de l'assurance-vie, du PEA et du PER en Espagne, gestion de l'Impôt sur le Patrimoine et coordination IFI, Loi Beckham le cas échéant, Modelo 720 et coordination avec les conseillers fiscaux en France.

Processus

Comment nous procédons

1

Analyse de la convention franco-espagnole et détermination de résidence

Nous vérifions l'acquisition de la résidence fiscale espagnole (art. 9 LIRPF) et la perte de résidence en France auprès de la DGFiP. Nous appliquons les règles de départage de l'article 4 de la Convention pour résoudre les conflits de double résidence et déterminons le régime applicable à chaque catégorie de revenus : salaires, dividendes, intérêts, plus-values, pensions, revenus immobiliers.

2

Analyse des produits financiers français en Espagne

Nous inventorions les contrats d'assurance-vie, les comptes PEA, les PER et les autres placements financiers détenus en France. Nous calculons le traitement fiscal espagnol (IRPF) des revenus générés dans chaque véhicule et recommandons la stratégie optimale selon le profil du contribuable.

3

Impôt sur le Patrimoine et IFI : analyse comparative

Nous calculons l'assiette de l'Impôt sur le Patrimoine espagnol pour le résident espagnol ayant des actifs en France, en appliquant les abattements (exonération résidence principale 300.000 €, abattement de base 700.000 €). Nous examinons les obligations parallèles avec l'IFI français sur les biens immobiliers en France et évaluons l'intérêt d'une résidence dans la Communauté de Madrid (bonification IP de 100 %).

4

Loi Beckham pour professionnels français

Pour les salariés, cadres dirigeants ou travailleurs nomades qui s'installent en Espagne pour des raisons professionnelles, nous analysons les conditions d'éligibilité à l'article 93 LIRPF et préparons le Modelo 149 dans les six mois suivant le début de l'activité en Espagne.

5

Modelo 720 et coordination avec les conseillers fiscaux en France

Nous préparons le Modelo 720 pour les actifs détenus en France (comptes bancaires, assurance-vie, PEA, immobilier) et coordonnons avec le conseiller fiscal du contribuable en France pour la cohérence entre la déclaration espagnole et la déclaration française.

1995
Année de la Convention fiscale franco-espagnole (en vigueur depuis 1997)
700.000 €
Abattement de base de l'Impôt sur le Patrimoine espagnol
24 %
Taux forfaitaire de la Loi Beckham (jusqu'à 600.000 €)
50.000 €
Seuil de déclaration Modelo 720 par catégorie d'actifs

Je détenais deux contrats d'assurance-vie en France depuis plus de 10 ans avec d'importants produits accumulés. BMC a analysé la convention franco-espagnole, régularisé ma situation auprès de l'AEAT, et m'a conseillé sur le moment optimal pour effectuer des rachats partiels en tenant compte de ma situation en Espagne. Je suis désormais en conformité dans les deux pays.

Pierre-Emmanuel Laval Directeur financier, Groupe industriel, Barcelone

Cadre juridique : la Convention fiscale franco-espagnole de 1995

La relation fiscale bilatérale entre la France et l’Espagne est régie par la Convention entre le Royaume d’Espagne et la République française tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune, signée à Madrid le 10 octobre 1995 et entrée en vigueur le 1er janvier 1997 (BOE-A-1997-12729, publiée au Journal Officiel de la République Française le 1er novembre 1997).

La Convention de 1995 suit le Modèle OCDE et établit la méthode d’imputation ordinaire comme principal mécanisme d’élimination de la double imposition. Contrairement aux conventions franco-allemande ou franco-britannique, elle n’a pas fait l’objet d’un protocole modificatif substantiel depuis son entrée en vigueur, ce qui en fait un texte relativement stable.

Référence normative : BOE-A-1997-12729 (Espagne) ; Décret n° 97-1097 du 24 novembre 1997 portant publication de la Convention (JORF du 1er décembre 1997). Les commentaires administratifs de la DGFiP sur la Convention sont consultables dans la BOFiP.

Les cinq obligations fiscales principales pour les Français en Espagne

1. Résidence fiscale et déclaration croisée

Devenir résident fiscal espagnol au sens de l’article 9 LIRPF (183 jours en Espagne ou centre des intérêts économiques en Espagne) implique l’obligation de déclarer l’ensemble des revenus mondiaux dans l’IRPF. Simultanément, la perte de résidence fiscale française doit être formellement établie auprès de la DGFiP.

L’article 4 de la Convention de 1995 prévoit des règles de départage en cas de double résidence : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité — dans cet ordre de priorité.

Point de vigilance : conserver un logement disponible en France (même non occupé à titre principal) peut conduire la DGFiP à maintenir une résidence fiscale en France. L’année du transfert est particulièrement délicate : le contribuable peut être imposable à titre partiel dans les deux pays, ce qui nécessite une gestion précise.

2. L’assurance-vie française en Espagne : l’écueil fiscal par excellence

L’assurance-vie est le placement préféré des Français : elle représente plus de 1 800 milliards d’euros d’encours. Ses atouts fiscaux sont considérables : différé d’imposition, taux réduit de 7,5 % (PFU) sur les produits après 8 ans, abattements annuels, et régime successoral avantageux hors droits de succession.

Aucun de ces avantages ne s’applique en Espagne. La Direction Générale des Impôts espagnole (DGT) a établi des critères clairs dans ses circulaires et consultations contraignantes :

  • L’assurance-vie française est traitée comme un placement financier ordinaire.
  • Les produits accumulés au sein du contrat (intérêts, dividendes, plus-values latentes) sont des revenus du capital mobilier imposables dans l’IRPF espagnol dès la première année de résidence.
  • Le seuil de 50.000 € : les contrats dont la valeur de rachat dépasse ce montant sont à déclarer dans le Modelo 720 (Catégorie 2 : assurances avec valeur de rachat).

Stratégie de planification pré-départ : si vous envisagez de vous installer en Espagne et que votre assurance-vie affiche d’importants produits accumulés, il est fiscalement pertinent d’évaluer un rachat total ou partiel avant de transférer votre résidence fiscale, pendant que vous bénéficiez encore de la fiscalité française allégée des contrats de plus de 8 ans.

3. PEA, PER et autres véhicules d’épargne français

PEA (Plan d’Épargne en Actions) : exonéré en France après 5 ans, non reconnu en Espagne. Dividendes et plus-values sont imposables dans l’IRPF dès la résidence espagnole établie.

PER (Plan d’Épargne Retraite) : le différé fiscal français n’est pas reconnu par l’AEAT. Les revenus générés au sein du PER sont imposables dans l’IRPF. À l’échéance, les prestations sont traitées comme des revenus du travail (rendimiento del trabajo).

Livret A et LDD : exonérés en France, imposables dans l’IRPF espagnol sur les intérêts perçus.

Compte-Titres Ordinaire (CTO) : traitement équivalent à celui d’un compte-titres espagnol. Plus-values et dividendes imposables dans l’IRPF.

4. IFI français vs Impôt sur le Patrimoine espagnol

La divergence entre le système français et le système espagnol en matière d’imposition du patrimoine est l’une des surprises les plus fréquentes pour les Français qui s’installent en Espagne.

En France, depuis la réforme de 2018, l’IFI ne frappe que les biens immobiliers (seuil de 1,3 M€ net). Les actifs financiers (assurance-vie, PEA, actions, obligations) en sont totalement exonérés depuis l’abolition de l’ISF.

En Espagne, l’Impôt sur le Patrimoine (IP) frappe l’ensemble du patrimoine net du résident (immobilier, actifs financiers, bijoux, œuvres d’art, participations dans des sociétés), avec :

  • Abattement de base : 700.000 € (niveau national, les Communautés autonomes peuvent le modifier)
  • Abattement résidence principale : 300.000 €
  • Taux : de 0,2 % à 2,5 % (barème national)

Un Français résident en Espagne avec 500.000 € en assurance-vie et 400.000 € en actions françaises ne serait pas soumis à l’IFI en France (actifs financiers exclus), mais pourrait être soumis à l’IP en Espagne sur l’ensemble de ce patrimoine.

Exception importante : la Communauté de Madrid applique une bonification de 100 % de l’IP, ce qui signifie que les résidents à Madrid ne paient effectivement pas d’IP, quel que soit le niveau de leur patrimoine.

5. La Loi Beckham : une opportunité pour les professionnels français

La Loi Beckham — le régime spécial d’impatriés de l’article 93 LIRPF, réformé et élargi par la Loi Startups (Loi 28/2022, BOE-A-2022-21739) — permet aux professionnels qui s’installent en Espagne pour des raisons professionnelles de bénéficier d’un taux forfaitaire de 24 % sur les revenus de source espagnole pendant six ans, avec exonération totale des revenus de source étrangère.

Le Modelo 149 doit être déposé auprès de l’AEAT dans les 6 mois suivant le début de l’activité en Espagne. Ce délai est absolu et non prorogeable.

Comparaison des systèmes fiscal français et espagnol

AspectFranceEspagne
Taux marginal maximal45 % (+ PS 17,2 % sur revenus du capital)45–53,85 % selon la communauté autonome (État + Communauté autonome, 2026)
Assurance-vieDifféré + taux réduit 7,5 % après 8 ansNon reconnu ; imposition ordinaire
PEAExonéré après 5 ansNon reconnu ; imposition ordinaire
Impôt patrimoineIFI : immobilier uniquement, seuil 1,3 M€IP : patrimoine net global, 700.000 € abattement
Exonération résidence principale IPN/A300.000 € (art. 20 LIP)
Prélèvements sociaux sur revenus du capital17,2 % (CSG + CRDS)Pas de prélèvements sociaux sur capital

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Ce qui vient ensuite

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FAQ

Questions fréquentes

Oui. L'assurance-vie française bénéficie en France d'un régime fiscal privilégié : différé d'imposition jusqu'au rachat, taux réduit (PFU 7,5 %) sur les produits après 8 ans d'ancienneté, et abattement annuel de 4.600 € (personne seule) ou 9.200 € (couple). Aucun de ces avantages n'existe en Espagne. L'AEAT traite le contrat d'assurance-vie comme un placement ordinaire. Les produits (intérêts, dividendes, plus-values latentes) générés au sein du contrat sont imposables dans l'IRPF espagnol en tant que revenus du capital mobilier (rendimientos del capital mobiliario) aux taux de 19 % à 28 %. En pratique, l'AEAT peut exiger l'imposition annuelle des produits même en l'absence de rachat, car elle considère que le contribuable a acquis un droit sur ces revenus. Les contrats dont la valeur de rachat dépasse 50.000 € sont à déclarer dans le Modelo 720 (Catégorie 2 : assurances avec valeur de rachat).
Le PEA offre en France une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains (plus-values et dividendes) après 5 ans de détention. L'Espagne ne reconnaît pas cette exonération. Dès que vous devenez résident fiscal espagnol, tous les revenus générés dans votre PEA — dividendes reçus et plus-values réalisées — sont imposables dans l'IRPF espagnol. Le solde du PEA supérieur à 50.000 € est à déclarer dans le Modelo 720. Conseil de planification : si vous envisagez de vous installer en Espagne et que votre PEA affiche d'importantes plus-values latentes, il peut être fiscalement avantageux d'effectuer un rachat total ou partiel avant d'établir votre résidence fiscale en Espagne, pendant que vous bénéficiez encore de l'exonération française.
Si vous transférez votre résidence fiscale en Espagne, l'IFI français ne peut imposer que vos biens immobiliers situés en France (non ceux en Espagne ou ailleurs), car la convention franco-espagnole de 1995 attribue le droit d'imposition des biens immobiliers à l'État de situation (art. 6). En revanche, l'Impôt sur le Patrimoine espagnol (IP) frappe l'ensemble de votre patrimoine net en tant que résident espagnol : actifs financiers, biens immobiliers en Espagne et à l'étranger, participation dans des sociétés. L'abattement de base est de 700.000 € (niveau fédéral) plus 300.000 € pour la résidence principale. Si vous résidez dans la Communauté de Madrid, la bonification de 100 % de l'IP signifie que vous ne paierez aucun impôt patrimonial en Espagne, même si vous détenez un patrimoine important.
Oui. La Loi Beckham (art. 93 LIRPF, réformée par la Loi 28/2022 dite Loi Startups) s'applique sans distinction de nationalité. Un ressortissant français qui s'installe en Espagne pour des raisons professionnelles peut bénéficier du régime spécial d'impatriés si : (1) il n'a pas été résident fiscal en Espagne au cours des 10 exercices précédents ; (2) le transfert est motivé par une relation professionnelle (contrat de travail, visa startup, activité de nomade numérique, mandat de dirigeant sans participation de contrôle) ; (3) il dépose le Modelo 149 auprès de l'AEAT dans les 6 mois suivant le début de l'activité (délai absolu non prorogeable). Le taux forfaitaire de 24 % sur les revenus de source espagnole (jusqu'à 600.000 €) et l'exonération des revenus de source étrangère (dividendes d'actions françaises, intérêts de comptes français, produits de l'assurance-vie) représentent une économie fiscale substantielle par rapport au barème progressif de l'IRPF.
Selon l'article 18.1 de la Convention franco-espagnole de 1995, les pensions versées en contrepartie d'un emploi antérieur sont imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire. En tant que résident espagnol, votre pension de la CNAV (caisse nationale d'assurance vieillesse) ou de l'AGIRC-ARRCO est imposable dans l'IRPF espagnol en tant que rendimiento del trabajo (revenus du travail). La France peut initialement prélever une retenue à la source que vous devrez éliminer en contactant votre caisse de retraite et la DGFiP, en leur fournissant un certificat de résidence fiscale espagnole délivré par l'AEAT. Les pensions de fonctionnaires de l'État français sont imposables en France conformément à l'article 18.2 de la Convention, quelle que soit votre résidence.
Tous les actifs détenus en France dépassant 50.000 € par catégorie : (1) comptes bancaires et d'épargne en France (Livret A, LDD, Livret Jeune, comptes-titres) — même si le Livret A et le LDD sont exonérés en France, ils restent déclarables et leurs intérêts sont imposables dans l'IRPF espagnol ; (2) contrats d'assurance-vie, PEA, PER, valeurs mobilières françaises ; (3) biens immobiliers situés en France. Le Modelo 720 est une déclaration informative — aucune charge fiscale supplémentaire ne résulte de sa production — mais le défaut de déclaration ou la déclaration tardive peut donner lieu à des amendes.
La convention franco-espagnole de 1995 prévoit principalement la méthode d'imputation ordinaire : l'État de résidence (l'Espagne) impose le revenu en totalité mais accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt payé dans l'État source (la France), dans la limite de l'impôt espagnol correspondant à ce même revenu. En pratique : les retenues à la source françaises sur dividendes (max. 15 % selon le DTA) et intérêts sont déduites de votre IRPF espagnol via la déduction pour double imposition internationale (art. 80 LIRPF). Pour les revenus immobiliers situés en France, c'est la France qui dispose du droit d'imposition exclusif ; l'Espagne peut prendre en compte ces revenus pour le calcul du taux progressif (clause de progressivité). BMC coordonne les déclarations dans les deux pays pour garantir la cohérence et éviter toute double imposition effective.

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Questions fréquentes

Questions sur Guide Fiscal pour Français en Espagne 2026

Oui. L'assurance-vie française bénéficie en France d'un régime fiscal privilégié : différé d'imposition jusqu'au rachat, taux réduit (PFU 7,5 %) sur les produits après 8 ans d'ancienneté, et abattement annuel de 4.600 € (personne seule) ou 9.200 € (couple). Aucun de ces avantages n'existe en Espagne. L'AEAT traite le contrat d'assurance-vie comme un placement ordinaire. Les produits (intérêts, dividendes, plus-values latentes) générés au sein du contrat sont imposables dans l'IRPF espagnol en tant que revenus du capital mobilier (rendimientos del capital mobiliario) aux taux de 19 % à 28 %. En pratique, l'AEAT peut exiger l'imposition annuelle des produits même en l'absence de rachat, car elle considère que le contribuable a acquis un droit sur ces revenus. Les contrats dont la valeur de rachat dépasse 50.000 € sont à déclarer dans le Modelo 720 (Catégorie 2 : assurances avec valeur de rachat).
Le PEA offre en France une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains (plus-values et dividendes) après 5 ans de détention. L'Espagne ne reconnaît pas cette exonération. Dès que vous devenez résident fiscal espagnol, tous les revenus générés dans votre PEA — dividendes reçus et plus-values réalisées — sont imposables dans l'IRPF espagnol. Le solde du PEA supérieur à 50.000 € est à déclarer dans le Modelo 720. Conseil de planification : si vous envisagez de vous installer en Espagne et que votre PEA affiche d'importantes plus-values latentes, il peut être fiscalement avantageux d'effectuer un rachat total ou partiel avant d'établir votre résidence fiscale en Espagne, pendant que vous bénéficiez encore de l'exonération française.
Si vous transférez votre résidence fiscale en Espagne, l'IFI français ne peut imposer que vos biens immobiliers situés en France (non ceux en Espagne ou ailleurs), car la convention franco-espagnole de 1995 attribue le droit d'imposition des biens immobiliers à l'État de situation (art. 6). En revanche, l'Impôt sur le Patrimoine espagnol (IP) frappe l'ensemble de votre patrimoine net en tant que résident espagnol : actifs financiers, biens immobiliers en Espagne et à l'étranger, participation dans des sociétés. L'abattement de base est de 700.000 € (niveau fédéral) plus 300.000 € pour la résidence principale. Si vous résidez dans la Communauté de Madrid, la bonification de 100 % de l'IP signifie que vous ne paierez aucun impôt patrimonial en Espagne, même si vous détenez un patrimoine important.
Oui. La Loi Beckham (art. 93 LIRPF, réformée par la Loi 28/2022 dite Loi Startups) s'applique sans distinction de nationalité. Un ressortissant français qui s'installe en Espagne pour des raisons professionnelles peut bénéficier du régime spécial d'impatriés si : (1) il n'a pas été résident fiscal en Espagne au cours des 10 exercices précédents ; (2) le transfert est motivé par une relation professionnelle (contrat de travail, visa startup, activité de nomade numérique, mandat de dirigeant sans participation de contrôle) ; (3) il dépose le Modelo 149 auprès de l'AEAT dans les 6 mois suivant le début de l'activité (délai absolu non prorogeable). Le taux forfaitaire de 24 % sur les revenus de source espagnole (jusqu'à 600.000 €) et l'exonération des revenus de source étrangère (dividendes d'actions françaises, intérêts de comptes français, produits de l'assurance-vie) représentent une économie fiscale substantielle par rapport au barème progressif de l'IRPF.
Selon l'article 18.1 de la Convention franco-espagnole de 1995, les pensions versées en contrepartie d'un emploi antérieur sont imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire. En tant que résident espagnol, votre pension de la CNAV (caisse nationale d'assurance vieillesse) ou de l'AGIRC-ARRCO est imposable dans l'IRPF espagnol en tant que rendimiento del trabajo (revenus du travail). La France peut initialement prélever une retenue à la source que vous devrez éliminer en contactant votre caisse de retraite et la DGFiP, en leur fournissant un certificat de résidence fiscale espagnole délivré par l'AEAT. Les pensions de fonctionnaires de l'État français sont imposables en France conformément à l'article 18.2 de la Convention, quelle que soit votre résidence.
Tous les actifs détenus en France dépassant 50.000 € par catégorie : (1) comptes bancaires et d'épargne en France (Livret A, LDD, Livret Jeune, comptes-titres) — même si le Livret A et le LDD sont exonérés en France, ils restent déclarables et leurs intérêts sont imposables dans l'IRPF espagnol ; (2) contrats d'assurance-vie, PEA, PER, valeurs mobilières françaises ; (3) biens immobiliers situés en France. Le Modelo 720 est une déclaration informative — aucune charge fiscale supplémentaire ne résulte de sa production — mais le défaut de déclaration ou la déclaration tardive peut donner lieu à des amendes.
La convention franco-espagnole de 1995 prévoit principalement la méthode d'imputation ordinaire : l'État de résidence (l'Espagne) impose le revenu en totalité mais accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt payé dans l'État source (la France), dans la limite de l'impôt espagnol correspondant à ce même revenu. En pratique : les retenues à la source françaises sur dividendes (max. 15 % selon le DTA) et intérêts sont déduites de votre IRPF espagnol via la déduction pour double imposition internationale (art. 80 LIRPF). Pour les revenus immobiliers situés en France, c'est la France qui dispose du droit d'imposition exclusif ; l'Espagne peut prendre en compte ces revenus pour le calcul du taux progressif (clause de progressivité). BMC coordonne les déclarations dans les deux pays pour garantir la cohérence et éviter toute double imposition effective.
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