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Différence entre fusion et acquisition en Espagne | BMC

Sujet: différence entre fusion acquisition espagne

Fusion vs acquisition en Espagne : définitions, implications juridiques, fiscales et pour les actionnaires. Clairement expliqué. Consultation gratuite.

7 min de lecture

Les termes fusion et acquisition sont souvent employés de façon interchangeable, y compris dans la presse financière. En droit espagnol, il s'agit pourtant de deux opérations juridiquement distinctes, avec des procédures, des régimes fiscaux et des implications pour les actionnaires et les créanciers très différents. Comprendre cette différence est indispensable avant d'engager toute opération de rapprochement d'entreprises.

La fusion : dissolution et réunion en une seule entité

Une fusion est une opération par laquelle deux sociétés ou plus mettent en commun leurs patrimoines respectifs pour former une seule personne morale. En droit espagnol des sociétés (Loi 3/2009, sur les modifications structurelles des sociétés commerciales), il existe deux modalités :

Fusion par absorption : Une société existante — la société absorbante — absorbe une ou plusieurs autres — les sociétés absorbées. Les sociétés absorbées se dissolvent sans liquidation, et leur patrimoine est transmis en bloc à la société absorbante. Les associés des sociétés absorbées reçoivent des titres de la société absorbante.

Fusion par création d’une nouvelle société : Toutes les sociétés participantes se dissolvent sans liquidation, et leurs patrimoines sont transmis en bloc à une nouvelle société constituée à cet effet. Les associés de toutes les sociétés d’origine reçoivent des titres de la nouvelle entité.

Dans les deux cas, la fusion implique une transmission universelle du patrimoine : l’ensemble des actifs, passifs, contrats et obligations des sociétés dissoutes est transféré à la société bénéficiaire, sans qu’il soit nécessaire de céder individuellement chaque bien ou droit.

L’acquisition : achat du contrôle sans dissolution

Une acquisition est une opération par laquelle une société (l’acquéreur) prend le contrôle d’une autre (la cible) en achetant ses titres (parts sociales ou actions) ou certains de ses actifs. Les personnes morales des deux entités subsistent en principe après l’opération.

Les modalités les plus courantes d’acquisition sont :

  • Acquisition de titres (share deal) : L’acquéreur achète les parts sociales ou actions de la cible. La cible continue d’exister comme personne morale distincte, mais change de propriétaires.
  • Acquisition d’actifs (asset deal) : L’acquéreur achète des actifs spécifiques (fonds de commerce, marques, brevets, machines) et, le cas échéant, assume certains passifs. La cible continue d’exister et conserve les actifs et passifs non cédés.

Tableau comparatif

DimensionFusionAcquisition
Survie des personnes moralesLa société absorbée disparaîtLes deux entités subsistent généralement
Transmission du patrimoineUniverselle (actifs + passifs en bloc)Sélective (selon les termes de la transaction)
FormalitésRapport de fusion, expertise, approbation AG, publication, délai d’opposition des créanciers (1 mois)Contrat de cession, acte notarié si requis
Régime fiscal (Espagne)Régime de neutralité fiscale (art. 76 et ss. LIS) si conditions rempliesSelon structure : IS sur la plus-value du cédant, ITP&AJD sur l’acte
Délai d’exécution3 à 9 mois1 à 6 mois
ComplexitéÉlevéeModérée à élevée selon la structure

Implications fiscales en Espagne

Fusion : L’article 76 et suivants de la Loi relative à l’impôt sur les sociétés (LIS) prévoient un régime spécial de neutralité fiscale pour les fusions. Sous ce régime, les plus-values latentes des actifs transmis lors de la fusion ne sont pas imposables au moment de l’opération — leur imposition est différée jusqu’à la cession ultérieure. Ce report fiscal est soumis à des conditions strictes, notamment l’existence de motifs économiques valides et non fiscaux.

Acquisition de titres (share deal) : La plus-value réalisée par le cédant est imposable dans son impôt sur les sociétés ou son IRPF selon le cas. En principe, la cession de parts sociales est exonérée de TVA et de l’impôt sur les transmissions patrimoniales (ITP), mais soumise à ITP au taux de 1,5 % si la cible est une société à prépondérance immobilière.

Acquisition d’actifs (asset deal) : La cession est soumise à TVA (si le cédant est assujetti) ou à ITP selon la nature des actifs. Si l’ensemble constitue une unité économique autonome, la cession peut être exonérée de TVA (art. 7.1 LIVA).

Quand choisir l’une ou l’autre formule

La fusion convient lorsque l’objectif est une intégration complète à long terme, avec simplification de la structure, et que les deux parties partagent une confiance suffisante pour une transmission universelle du patrimoine. Elle est plus complexe à exécuter mais aboutit à une structure plus simple.

L’acquisition convient lorsque l’acquéreur souhaite maintenir les entités séparées, limiter sa reprise de passifs, ou réaliser l’opération plus rapidement. Elle offre plus de flexibilité mais génère une structure plus complexe à gérer.


BMC conseille les entreprises dans la structuration, la due diligence et la négociation d’opérations de fusion-acquisition en Espagne et à l’international.

Aspects fiscaux : neutralité et régimes spéciaux

Le traitement fiscal des opérations de fusion et d’acquisition est l’un des aspects les plus complexes et les plus importants pour les entreprises espagnoles. Le titre VII de la Ley 27/2014 (LIS) établit un régime de neutralité fiscale pour les fusions, scissions, apports d’actifs et échanges de valeurs mobilières. Ce régime permet de reporter la fiscalisation des plus-values réalisées lors de l’opération jusqu’à une cession ultérieure des actifs ou des titres transmis.

Pour bénéficier de ce régime de neutralité, l’opération doit répondre à des critères économiques valides (motif économico-fiscal légitime, non pas uniquement la réduction fiscale) et faire l’objet d’une notification à l’AEAT dans les trois mois suivant l’inscription au Registro Mercantil. L’abus du régime de neutralité pour masquer une opération dont le but principal est la réduction de l’impôt est sanctionné par la clause anti-abus de l’article 89.2 LIS.

Dans les opérations d’acquisition standard (rachat de parts ou d’actifs), le régime de neutralité ne s’applique pas : l’acheteur acquiert les actifs à leur valeur de marché et le vendeur réalise une plus-value imposable. Le choix entre une acquisition de parts et une acquisition d’actifs a donc des conséquences fiscales significativement différentes pour les deux parties, ce qui nécessite une négociation et une structuration préalable.

Due diligence : identifier les risques avant la transaction

Toute opération de fusion ou d’acquisition d’envergure doit être précédée d’une due diligence approfondie. Pour les acquisitions en Espagne, la due diligence standard couvre :

  • Due diligence financière : vérification de la qualité des états financiers, identification des éléments hors bilan, analyse du cycle de conversion de trésorerie et des projections financières.
  • Due diligence fiscale : vérification des déclarations fiscales des 4 dernières années, identification des risques de redressement, examen des prix de transfert dans les groupes, et conformité à la TVA.
  • Due diligence juridique : revue des contrats significatifs, droits de propriété intellectuelle, litiges en cours et potentiels, et conformité réglementaire.
  • Due diligence des ressources humaines : structure des emplois, contrats des dirigeants clés, passif social potentiel (heures supplémentaires, régularisations de cotisations), et risques de requalification.

Les résultats de la due diligence conditionnent le prix définitif (ajustements de valorisation), les garanties demandées (représentations et warranties) et les conditions suspensives de l’opération.

Financement des opérations de M&A en Espagne

Les acquisitions d’entreprises en Espagne peuvent être financées par différents instruments :

  • Capital propre : financement des acquéreurs directs sans dette.
  • Leveraged buy-out (LBO) : acquisition majoritairement financée par dette bancaire ou obligataire, remboursée par les flux de trésorerie de la société acquise.
  • Financement vendeur : le vendeur accepte de différer une partie du prix de cession (vendor loan ou earn-out), alignant ainsi ses intérêts avec la réussite future de l’entreprise.
  • Fonds de private equity : les fonds d’investissement apportent les capitaux et leur expertise en gestion pour des opérations de croissance ou de retournement.

Le choix du schéma de financement détermine la structure de la transaction, les garanties demandées au vendeur et le profil de risque des différentes parties. En Espagne, les règles de sous-capitalisation et les limites de déductibilité des intérêts (art. 16 LIS) doivent être prises en compte lors de la conception d’un LBO.

BMC accompagne les acquéreurs et les vendeurs espagnols dans l’ensemble du processus de M&A — de la structuration à la due diligence et à l’intégration post-acquisition. En savoir plus sur nos services de fusions-acquisitions.

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