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Acheter une entreprise en Espagne : guide | BMC

Acheter une entreprise en Espagne : achat d'actifs vs parts sociales, due diligence, prix et structuration fiscale. Guide 2026. Consultation gratuite.

9 min de lecture

Sujet: acheter une entreprise en Espagne

Acheter une entreprise est l'une des voies les plus rapides vers la croissance — et l'une des plus lourdes de conséquences si elle est abordée sans rigueur. Contrairement à la croissance organique, une acquisition comprime des années de développement en une seule transaction : base clients, équipe, processus, marque. Le problème est que vous acquérez également les passifs, les contingences et les problèmes que le vendeur n'a eu que peu d'incitation à résoudre avant d'aller sur le marché.

Chez BMC, nous avons conseillé plus de 200 transactions buy-side en Espagne, des acquisitions d’entreprises familiales par des entrepreneurs individuels aux acquisitions de plateformes par des fonds de private equity. Ce guide couvre le processus complet du point de vue de l’acheteur : structure, fiscalité, due diligence, financement et closing.


Cession de titres vs cession d’actifs : la première décision

DimensionCession de titresCession d’actifs
ObjetParts de la sociétéActifs et passifs sélectionnés
Fiscalité acheteurPas d’impôt direct ; hérite des contingencesTVA 21 % sur les actifs courants ; ITP sur l’immobilier (6-10 %)
Fiscalité vendeurPlus-values (particulier : 19-28 % ; holding : exonération 95 % si conditions remplies)IS sur la différence entre le prix et la valeur comptable
SalariésSubrogation automatique (art. 44 ET)Subrogation automatique si unité productive transférée
Contrats clientsTransfert automatiqueNécessitent une cession individuelle ou une notification
Passifs cachésL’acheteur les hérite tousSeulement ceux expressément assumés dans le contrat
GoodwillPas de goodwill amortissable dans les comptes individuelsGoodwill amortissable sur 20 ans à 5 %/an
Complexité opérationnelleFaible (transaction unique)Élevée (cession actif par actif)
Délai de closing typique4-8 semaines à partir de la LOI8-16 semaines à partir de la LOI

La règle pratique : dans les transactions jusqu’à 20 M€ où l’entreprise est une unité cohérente sans passifs connus significatifs, la cession de titres est la structure standard — environ 75 % des transactions dans ce segment en Espagne.


Le processus d’acquisition en 7 phases

Phase 1 : Identification et approche initiale (semaines 1-4)

La recherche d’une cible peut être active (l’acheteur a un profil défini) ou réactive (un intermédiaire apporte des opportunités). En Espagne, environ 60 % des transactions du marché intermédiaire proviennent d’intermédiaires. Avant de commencer la recherche, l’acheteur doit définir : fourchette de taille EBITDA ou chiffre d’affaires, secteurs cibles, géographie, et prix maximum approximatif.

Phase 2 : Informations préliminaires et offre indicative (semaines 4-8)

Le vendeur fournit un mémorandum d’information (MI) décrivant l’entreprise. Avec le MI, l’acheteur prépare une offre non contraignante (ONC) indiquant la fourchette de valorisation indicative, les conditions structurelles générales et le calendrier proposé.

Phase 3 : Due diligence (semaines 8-16)

La due diligence couvre quatre domaines principaux : financier et fiscal, juridique et corporate, opérationnel et commercial, et selon le secteur, technique ou environnemental. Le coût d’une due diligence complète pour une transaction de 5-30 M€ varie de 30 000 à 150 000 €.

Phase 4 : Lettre d’intention (semaines 12-14, simultanément à la DD)

La lettre d’intention (LOI) ou Term Sheet consigne l’accord des parties sur les conditions principales avant la rédaction du contrat définitif. Elle inclut généralement des dispositions d’exclusivité contraignantes (45 à 90 jours typiquement).

Phase 5 : Négociation du SPA (semaines 14-20)

Le contrat de cession (SPA) est le document central de toute la transaction. Les points les plus disputés sont : le mécanisme de prix (locked box ou comptes de closing), les déclarations et garanties, les conditions suspensives, et les ajustements de besoin en fonds de roulement, dette et trésorerie.

Phase 6 : Closing (semaines 20-24)

Le closing est le moment où le transfert est formalisé devant notaire, le prix est payé et les parts sont remises.

Phase 7 : Intégration post-acquisition (mois 1-12)

La phase d’intégration est celle où le retour sur investissement est gagné ou perdu. Selon McKinsey, entre 60 et 70 % des transactions M&A ne parviennent pas à atteindre la valeur escomptée, le facteur principal étant une planification d’intégration inadéquate.


Implications fiscales pour l’acheteur dans la cession de titres

Dans une cession de titres, l’acheteur paie aucun impôt direct sur l’acquisition. Cependant, il hérite de l’historique fiscal complet de la société acquise, y compris les contingences des quatre exercices fiscaux précédents.

Déficits fiscaux reportables (BINPs). Les pertes des années antérieures que la société n’a pas encore imputées constituent un actif fiscal pour l’acheteur. Cependant, si l’acquisition entraîne un changement de contrôle dépassant 25 % de la participation, l’AEAT peut restreindre l’imputation.

Déductibilité des intérêts sur le financement de l’acquisition. Les intérêts sont déductibles de l’impôt sur les sociétés, mais sous une limite : 30 % de l’EBITDA fiscal de l’entité supportant le coût (art. 16 LIS).

Amortissement du goodwill. Dans une cession de titres standard, aucun goodwill amortissable ne naît dans les comptes individuels de la société acquise.


Financement de l’acquisition

Les options de financement d’une acquisition d’entreprise en Espagne comprennent :

  1. Capital propre de l’acheteur. 30-50 % du prix dans les transactions de private equity.

  2. Dette bancaire senior. Les banques prêtent généralement jusqu’à 3-4x l’EBITDA de la cible. Coût approximatif : EURIBOR plus 200-350 points de base.

  3. Dette subordonnée ou mezzanine. EURIBOR plus 600-900 points de base.

  4. Prêt vendeur. Représente généralement 10-20 % du prix, avec des termes de deux à quatre ans.

  5. Earn-out comme financement implicite. Mécanisme par lequel une partie du prix est conditionnée à des objectifs de performance post-closing.


Due diligence : ce qu’il faut prioriser

Signaux d’alarme pouvant être des deal-breakers :

  • EBITDA ajusté significativement inférieur à l’EBITDA déclaré (plus de 20 % de différence)
  • Dépendance à un client unique représentant plus de 40 % du chiffre d’affaires sans contrat formalisé
  • Litiges sociaux ou fiscaux dépassant 15 % du prix d’achat sans provisions adéquates
  • Contrats de distribution ou de licence contenant des clauses de changement de contrôle

Domaines où les acheteurs sous-estiment systématiquement le risque :

Le risque social est celui qui surgit le plus fréquemment dans les premières semaines post-closing. Les faux contrats d’indépendants, les chaînes de CDD qui auraient dû se convertir en CDI génèrent des réclamations pouvant apparaître dans la première année de gestion.


Pour l’acquéreur pour la première fois

Trois recommandations pratiques avant de commencer le processus :

  1. Définissez précisément pourquoi vous souhaitez acheter cette entreprise spécifique et quelles synergies vous espérez générer — pas en termes génériques mais quantifiées avec un horizon temporel.

  2. Engagez des conseils spécialisés avant de faire la première offre, pas après.

  3. Lisez ce guide en parallèle avec notre article dédié sur la due diligence et notre vue d’ensemble M&A.

Si vous envisagez une acquisition en Espagne, discutez avec notre équipe M&A. Nous évaluons la viabilité de la transaction, structurons le financement et vous accompagnons de la première conversation jusqu’au closing et à l’intégration.

Erreurs fréquentes des acheteurs dans les acquisitions d’entreprises en Espagne

L’expérience de BMC sur plus de 200 transactions buy-side révèle quatre erreurs récurrentes qui réduisent la valeur créée ou déclenchent des litiges post-closing :

1. Sous-estimer les contingences fiscales héritées dans une cession de titres. Dans une cession de titres, l’acheteur hérite de l’intégralité de l’historique fiscal de la société acquise. Le délai de prescription général de l’AEAT est de quatre ans à compter de la date d’exigibilité de chaque déclaration (art. 66 Ley 58/2003 General Tributaria), mais les pertes fiscales reportables (bases imponibles negativas) se prescrivent sur dix ans (art. 66 bis LGT), et certaines infractions très graves ne se prescrivent pas du tout. Sans due diligence fiscale approfondie couvrant au minimum les quatre exercices précédents et une revue des déclarations de TVA (SII) et des prix de transfert intragroupe (art. 18 Ley 27/2014 LIS), l’acheteur peut acquérir des passifs fiscaux non provisionnés qui dépassent la clause de garantie négociée.

2. Ne pas inclure de clause de responsabilité fiscale spécifique dans le SPA. Les déclarations et garanties générales (representations & warranties) d’un SPA standard ne couvrent pas automatiquement toutes les contingences fiscales avec le niveau de précision requis par la Ley General Tributaria. Une clause de responsabilité fiscale spécifique (cláusula de responsabilidad tributaria) doit préciser : les périodes couvertes, le mécanisme de calcul du préjudice (déficit fiscal découvert versus base garantie), le seuil de déclenchement (basket ou tipping basket), le plafond de responsabilité (cap), et la durée de la garantie. L’absence de ces précisions génère les litiges post-acquisition les plus fréquents et les plus coûteux que nous rencontrons.

3. Ignorer la subrogation des salariés protégés. L’art. 44 du Estatuto de los Trabajadores impose la subrogation automatique de tous les contrats de travail en cas de transmission d’entreprise, y compris ceux des délégués du personnel et des membres du comité d’entreprise, qui bénéficient d’une protection renforcée contre le licenciement pendant leur mandat et dans l’année suivant son terme. Une restructuration post-acquisition qui touche ces salariés sans respecter les procédures de consultation du comité d’entreprise (arts. 64 et 41 ET) est exposée à l’annulation judiciaire et à des demandes de réintégration avec salaires dus.

4. Négliger la revue des prix de transfert intragroupe de la cible. Pour les sociétés appartenant à un groupe, les transactions réalisées entre entités liées (art. 18 Ley 27/2014 LIS) doivent être documentées et valorisées au prix de marché. L’AEAT peut requalifier ces transactions lors d’un contrôle ultérieur et imposer à la cible une rectification de la base imposable sur les quatre exercices précédents. L’acheteur qui n’a pas identifié ce risque en due diligence se retrouve à supporter le passif fiscal d’une politique de prix de transfert qu’il n’a pas mise en place.

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