Glossaire des affaires
Prix de transfert
Les prix de transfert désignent les prix fixés pour les transactions entre parties liées — par exemple entre une filiale espagnole et sa société mère étrangère — qui doivent refléter les conditions du marché de pleine concurrence. Les règles espagnoles en matière de prix de transfert exigent une documentation spécifique et peuvent entraîner des redressements fiscaux et des pénalités si l'AEAT juge que les prix ne respectent pas le principe de pleine concurrence.
FiscalQu’est-ce que le prix de transfert ?
Les prix de transfert décrivent le processus de fixation des prix pour les transactions entre entreprises associées — des sociétés appartenant au même groupe d’entreprises ou se trouvant sous contrôle commun. Ces transactions comprennent :
- La vente de biens entre une filiale espagnole et sa société mère étrangère
- La prestation de services de gestion depuis le siège mondial du groupe vers les opérations espagnoles
- L’octroi de licences de propriété intellectuelle (marques, brevets, logiciels) à l’entité espagnole
- Le financement intragroupe (prêts et garanties)
- Les accords de partage de coûts
Ces transactions se réalisent entre parties liées et non entre participants indépendants du marché, il existe donc un risque que les prix soient fixés artificiellement pour transférer des bénéfices vers des juridictions à moindre fiscalité. Les règles sur les prix de transfert visent à contrecarrer ce risque en exigeant que les prix intragroupe reflètent ce que des parties indépendantes auraient convenu — le principe de pleine concurrence.
Le cadre espagnol des prix de transfert
Les règles espagnoles en matière de prix de transfert sont contenues dans l’article 18 de la Loi sur l’impôt sur les sociétés (Ley 27/2014) et suivent étroitement les Principes de l’OCDE applicables en matière de prix de transfert. L’AEAT est un contrôleur actif et expérimenté : les prix de transfert figurent parmi les principales priorités de contrôle pour les groupes ayant des transactions intragroupe transfrontalières.
Méthodes de pleine concurrence
L’Espagne accepte cinq méthodes approuvées par l’OCDE pour établir les prix de pleine concurrence :
- Méthode du prix comparable sur le marché libre (CUP) — comparer le prix intragroupe aux prix pratiqués dans des transactions comparables avec des tiers.
- Méthode du prix de revente — déduire une marge brute appropriée du prix de revente à un tiers.
- Méthode du coût majoré — ajouter une marge appropriée aux coûts du fournisseur.
- Méthode de la marge nette de la transaction (MMNT) — comparer la marge nette de la transaction à celle réalisée dans des transactions indépendantes comparables.
- Méthode de partage des bénéfices — allouer les bénéfices combinés entre parties liées en fonction de leurs contributions respectives.
La méthode la plus appropriée dépend de la nature de la transaction et de la disponibilité de données comparables.
Exigences documentaires
Le droit espagnol distingue deux niveaux de documentation :
- Fichier local (Documentación local) : propre à l’entité espagnole, couvrant toutes les transactions significatives entre parties liées, les méthodes utilisées, l’analyse de comparabilité et la détermination des prix de pleine concurrence.
- Fichier principal (Documentación maestra) : synthèse au niveau du groupe sur les activités du groupe multinational, ses politiques de prix de transfert et l’allocation mondiale des revenus et impôts. Requis si le chiffre d’affaires net du groupe dépasse 45 millions d’euros.
- Rapport pays par pays (CbCR) : requis pour les groupes dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’euros ; déposé par la société mère ultime.
La documentation doit être préparée avant le dépôt de la déclaration d’IS — elle n’a pas besoin d’être soumise de manière proactive mais doit être fournie à l’AEAT dans les 10 jours suivant une demande.
Pénalités
Si l’AEAT procède à un redressement en matière de prix de transfert et que :
- Le contribuable dispose d’une documentation adéquate : une pénalité de 15 % du montant du redressement s’applique.
- Le contribuable ne dispose pas de documentation : une pénalité de 15 % s’applique au redressement, mais elle est doublée pour la partie non documentée.
Ces pénalités s’ajoutent au redressement fiscal principal et aux intérêts sur le redressement.
Zones de risque élevé courantes en Espagne
- Facturation de frais de gestion avec des sociétés mères étrangères, notamment lorsque le bénéfice pour l’entité espagnole est difficile à démontrer
- Redevances et paiements de licences pour des actifs incorporels, notamment lorsque ceux-ci ont été développés en Espagne puis transférés à l’étranger
- Transactions financières — l’AEAT a adopté des directives spécifiques sur les prêts intragroupe conformément aux directives OCDE 2020
- Restructurations d’entreprises où des fonctions, actifs ou risques sont transférés hors d’Espagne
Comment BMC peut vous aider
Nous préparons des études de prix de transfert et la documentation répondant aux exigences de l’AEAT, comparons les transactions intragroupe aux prix de marché en utilisant les principales bases de données (BvD Orbis, Royalty Range), et conseillons sur la structuration des transactions intragroupe pour minimiser à la fois le risque fiscal et le risque de contrôle.
Questions fréquentes
Quelle documentation une société espagnole doit-elle tenir à des fins de prix de transfert ?
Quelles sont les pénalités si l'AEAT redresse un prix de transfert en Espagne ?
Quelle méthode de prix de transfert est la plus couramment utilisée en Espagne ?
Quelles sont les transactions présentant le plus grand risque en matière de prix de transfert pour les filiales espagnoles de groupes étrangers ?
Une société espagnole peut-elle obtenir une certitude préalable sur sa position en matière de prix de transfert ?
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