Glossaire des affaires
Paradis fiscal (Paraíso Fiscal)
Un paradis fiscal (paraíso fiscal en espagnol) est une juridiction que l'Espagne classe formellement comme offrant des régimes fiscaux préférentiels, un manque de transparence ou des normes insuffisantes d'échange d'informations. Les transactions et structures impliquant des juridictions inscrites sur la liste attirent des règles anti-abus spécifiques et des taux de retenue à la source plus élevés en droit espagnol.
FiscalQu’est-ce qu’un paradis fiscal en droit espagnol ?
L’Espagne tient sa propre liste officielle de juridictions non coopératives — communément désignées sous le terme paraísos fiscales (paradis fiscaux). La liste est établie par le Royal Decree 1080/1991 (tel que modifié ultérieurement) et est périodiquement actualisée. Une juridiction est retirée de la liste lorsqu’elle signe un accord adéquat d’échange d’informations fiscales (AEOI) ou une convention fiscale de double imposition avec l’Espagne et n’est plus considérée comme non coopérative.
Ce concept interagit avec la propre liste de l’UE des juridictions non coopératives (la « liste noire de l’UE »), bien que les deux listes ne soient pas identiques.
Exemples historiques de juridictions sur la liste espagnole
Les juridictions historiquement inscrites ont inclus les îles Anglo-Normandes, l’île de Man, Gibraltar (avant certaines mises à jour), les îles Caïmans, les îles Vierges britanniques, le Panama et plusieurs autres. La liste évolue au fil du temps à mesure que des juridictions signent des accords avec l’Espagne. Vérifiez toujours le statut actuel auprès d’un conseiller avant de structurer toute transaction.
Conséquences juridiques de l’utilisation d’une juridiction inscrite
Lorsqu’une transaction, entité ou structure implique une juridiction figurant sur la liste espagnole, plusieurs conséquences fiscales défavorables s’appliquent :
Pour les sociétés
- Les paiements aux paradis fiscaux ne sont pas déductibles, sauf si le contribuable peut prouver que la transaction a une substance économique réelle et que le prix est conforme au principe de pleine concurrence.
- Les règles CFC (Sociétés étrangères contrôlées) s’appliquent avec une force particulière : les revenus perçus par une entité contrôlée dans un paradis fiscal sont attribués à la société mère espagnole sans qu’un seuil minimum de participation ou un filtre par type de revenu ne soit requis.
- Les intérêts et redevances versés à des entités dans des juridictions inscrites sont soumis à une retenue à la source de 24 % indépendamment des dispositions conventionnelles.
Pour les personnes physiques
- Les personnes physiques qui se relocalisent dans une juridiction inscrite et déclarent un changement de résidence fiscale sont présumées demeurer résidentes fiscales espagnoles pendant quatre années supplémentaires — elles ne peuvent pas échapper à l’IRPF en s’installant simplement dans un paradis fiscal.
- Les revenus de source étrangère provenant de juridictions inscrites ne peuvent bénéficier de l’exonération sur les participations ni des avantages conventionnels.
Présomption en matière de prix de transfert
Les transactions avec des parties liées dans des juridictions inscrites sont présumées ne pas être conformes au principe de pleine concurrence — la charge de la preuve est renversée au détriment du contribuable, qui doit démontrer que le prix est cohérent avec le marché et qu’il existe une substance économique réelle.
Substance sur la forme : l’approche de l’AEAT
L’AEAT adopte une approche fondée sur la substance pour les structures impliquant des paradis fiscaux. Même lorsqu’une juridiction ne figure pas formellement sur la liste, l’AEAT peut contester les montages dépourvus de substance économique réelle — par exemple, une société holding dans une juridiction à faible fiscalité ne disposant ni de salariés, ni de bureau physique, ni de véritable activité décisionnelle. Les dispositions CGAA (Clause générale anti-abus) espagnoles permettent à l’AEAT de requalifier les structures artificielles quel que soit leur statut juridique.
BEPS et contexte international
L’Espagne a mis en œuvre de manière extensive le programme de l’OCDE sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS). L’obligation de déclaration pays par pays (CbCR), les modifications apportées par l’Instrument multilatéral (MLI) au réseau conventionnel espagnol, les Directives anti-évasion fiscale (ATAD I et II) transposées en droit espagnol, et l’impôt minimum mondial (Pilier 2, en vigueur pour les grands groupes) font tous partie du dispositif anti-abus global.
Comment BMC peut vous aider
Nous analysons la résidence fiscale et la substance des structures holding et opérationnelles existantes, conseillons sur la restructuration lorsque des entités situées dans des juridictions inscrites sont impliquées, et préparons la documentation nécessaire pour défendre la substance économique réelle des montages internationaux devant l’AEAT.
Questions fréquentes
Comment l'Espagne détermine-t-elle quelles juridictions sont classées comme paradis fiscaux ?
Que se passe-t-il si une société espagnole effectue des paiements à une entité dans un paradis fiscal ?
Un particulier en Espagne peut-il éviter l'IRPF en s'installant dans un paradis fiscal ?
Comment la Clause générale anti-abus (CGAA) espagnole s'applique-t-elle aux structures impliquant des paradis fiscaux ?
Comment l'impôt minimum mondial OCDE Pilier 2 interagit-il avec les règles espagnoles sur les paradis fiscaux ?
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