Les administrateurs se déplaçant en Espagne devront justifier le lien de causalité avec leur fonction
L'accès au régime spécial d'imposition pour les personnes déplacées (connu sous le nom de Loi Beckham) ne dépend pas uniquement de l'activité exercée en Espagne, mais de la raison qui motive le transfert. La Dirección General de Tributos (DGT) a précisé les conditions nécessaires pour qu'un administrateur puisse bénéficier de ce traitement fiscal.
Ce qu'a résolu la DGT
L'administration fiscale a clarifié que, pour appliquer le régime spécial régi par l'article 93 de la Loi sur l'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (LIRPF), il doit exister un lien de causalité entre le déplacement sur le territoire espagnol et l'acquisition de la qualité d'administrateur d'une entité.
Ce critère implique que le transfert ne peut pas être un fait isolé, mais une conséquence directe de la fonction exercée. De même, la résolution introduit une limitation importante concernant la nature de l'entité : si la société dans laquelle s'exerce l'administration est une entité patrimoniale, l'administrateur ne pourra pas détenir une participation qui détermine sa considération comme une entité liée selon la Loi sur l'Impôt sur les Sociétés (LIS).
Ce que cela signifie pour vous
Si vous êtes un professionnel étranger se déplaçant en Espagne pour exercer des fonctions d'administration, le respect de cette condition n'est pas automatique. L'existence de ladite causalité est une question de fait que l'Administration exigera par des moyens de preuve valides.
Cela signifie que :
- Vous devrez démontrer que le motif principal de votre arrivée en Espagne est l'exercice de cette fonction d'administration.
- Si l'entité est patrimoniale, votre niveau de participation dans celle-ci sera surveillé pour éviter qu'elle ne soit considérée comme une entité liée, ce qui invaliderait l'accès au régime.
- La charge de la preuve incombe au contribuable, qui doit fournir la documentation justifiant la nécessité du déplacement en raison de la fonction.
Ce qu'il convient de faire
En cas de déplacement à des fins d'administration, il est nécessaire d'évaluer la structure de l'entité et le degré de participation de l'administrateur avant de solliciter le régime spécial. La documentation étayant la motivation du transfert sera déterminante pour éviter de futures inspections ou des refus de l'avantage fiscal. Il est recommandé d'évaluer chaque situation particulière pour s'assurer que la relation entre la fonction et le déplacement soit pleinement prouvable.
Questions fréquentes
- Le fait d'être administrateur suffit-il pour appliquer le régime spécial ?
- Non, il est indispensable de démontrer que le déplacement en Espagne est la conséquence directe de l'acquisition de ladite fonction.
- Que se passe-t-il si l'entreprise est une entité patrimoniale ?
- L'administrateur ne pourra pas détenir une participation qui détermine que l'entité est liée pour pouvoir accéder au régime.