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Glossaire fiscal et juridique

Travailleur à distance international

Le travailleur à distance international est un salarié qui, lié à un employeur établi à l'étranger, fournit ses services à distance et de façon habituelle depuis l'Espagne. Depuis la réforme introduite par la loi 28/2022 (loi espagnole sur les startups), cette figure bénéficie d'une voie d'accès spécifique au régime fiscal spécial des impatriés (loi Beckham), faisant de l'Espagne une destination fiscalement compétitive pour les professionnels à haute valeur ajoutée qui télétravaillent pour des entreprises non établies dans le pays.

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Qu’est-ce qu’un travailleur à distance international ?

Le travailleur à distance international est un salarié qui fournit ses services depuis l’Espagne pour un employeur domicilié à l’étranger, par voie télématique. Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais la loi 28/2022 lui a conféré un cadre explicite au sein du régime spécial des impatriés (loi Beckham), en faisant une figure aux conséquences fiscales et sociales significatives.

Pour les besoins du régime Beckham, le travailleur à distance international ne travaille pas pour une société espagnole : il conserve son contrat de travail avec un employeur étranger et exerce son activité depuis le territoire espagnol. C’est précisément la cause habilitante spécifique prévue à l’article 93 de la LIRPF pour cette catégorie d’impatrié.

La voie du travailleur à distance international dans le régime Beckham

L’article 93 de la LIRPF, dans sa rédaction issue de la loi sur les startups, reconnaît comme cause habilitante au régime spécial la qualité de salarié qui exerce son activité à distance, exclusivement ou majoritairement, depuis l’Espagne, dans le cadre d’une relation de travail avec une entreprise ou entité non résidente en Espagne.

Les conditions essentielles sont :

  • Ne pas avoir été résident fiscal en Espagne durant les cinq années précédant le transfert.
  • Disposer d’un contrat de travail avec un employeur étranger en vigueur au moment de la demande.
  • Fournir ses services par voie télématique depuis l’Espagne de façon habituelle.
  • Déposer le formulaire Modelo 149 auprès de l’AEAT dans un délai de six mois à compter de l’affiliation à la sécurité sociale espagnole.

Une fois admis au régime, le travailleur à distance est imposé au taux forfaitaire de 24 % sur les revenus du travail de source espagnole jusqu’à 600 000 euros par an (47 % au-delà de ce seuil), au lieu du barème progressif général de l’IRPF.

Ressortissants de l’UE : sans visa

Pour les citoyens de l’Union européenne, l’accès est particulièrement simple. Le droit à la libre circulation garanti par les traités européens leur permet de s’établir en Espagne sans visa ni autorisation préalable. Ils doivent simplement s’inscrire au Registre central des étrangers (NIE) si leur séjour dépasse trois mois.

Les ressortissants de pays tiers, en revanche, doivent obtenir une autorisation de résidence adéquate — par exemple, l’autorisation de mobilité internationale réglementée par la même loi sur les startups — avant de pouvoir solliciter le régime Beckham dans cette modalité.

Sécurité sociale : où le travailleur à distance cotise-t-il ?

L’avantage fiscal du régime Beckham ne modifie pas les règles de sécurité sociale. Le règlement UE 883/2004 établit le principe de la lex loci laboris : le travailleur cotise dans l’État membre où il exerce physiquement son activité. Celui qui travaille depuis l’Espagne cotise au régime espagnol de sécurité sociale, quel que soit le domicile de son employeur.

Cela crée une obligation pratique pour l’employeur étranger : il doit s’enregistrer comme employeur non établi auprès de la Tesorería General de la Seguridad Social (TGSS), assumer les cotisations patronales conformément à la réglementation espagnole, ou faire gérer la relation de travail par un Employer of Record (EOR) agissant comme employeur légal en Espagne.

Une nuance importante existe depuis juillet 2023 : l’Accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (fondé sur l’art. 16 du Règlement 883/2004) permet, sur demande conjointe de l’employeur et du salarié, à un travailleur habituel qui exerce moins de 50 % de son temps de travail depuis son pays de résidence de rester rattaché au système du pays de l’employeur. Cette dérogation ne s’applique pas à celui qui travaille entièrement ou majoritairement depuis l’Espagne : pour ce profil — le cas typique du travailleur à distance international relocalisé —, l’Espagne est compétente sans option de choix. La confusion fréquente avec le travailleur frontalier doit également être évitée : le travailleur à distance international qui vit et travaille intégralement depuis l’Espagne ne peut pas non plus invoquer les règles frontalières pour maintenir ses cotisations dans le pays de l’employeur.

Le risque d’établissement stable

L’entreprise étrangère qui emploie un travailleur à distance depuis l’Espagne doit analyser si cette présence crée un établissement stable en Espagne. Si le salarié dispose de larges pouvoirs pour conclure des contrats au nom de l’entreprise ou gère des opérations substantielles depuis l’Espagne, un ES par agent dépendant peut se constituer avec de graves conséquences fiscales pour l’entreprise.

Une structure bien conçue — avec une revue préalable des fonctions, pouvoirs et arrangements contractuels — élimine ce risque avant le transfert.

Travailleur à distance international et nomade numérique : quelles différences ?

Bien que les termes « travailleur à distance international » et « nomade numérique » soient souvent utilisés indifféremment, ils renvoient à des cadres juridiques distincts :

AspectTravailleur à distance int’l (Beckham)Nomade numérique (autorisation mobilité)
Base légaleArt. 93 LIRPFLoi 14/2013 / Loi 28/2022
FinalitéRégime fiscal spécialAutorisation de résidence et de travail
Ressortissants UEPas de visa ; accès direct au régimePas d’autorisation nécessaire
ImpositionTaux forfaitaire 24 % (IRNR)IRPF général ou Beckham si conditions remplies
Sécurité socialeSystème espagnolSystème espagnol

Comment BMC peut vous aider

Conseiller un travailleur à distance international et son employeur étranger implique de coordonner simultanément trois dimensions : la fiscale (demande du régime Beckham), la sociale (obligations de sécurité sociale, contrat de télétravail international) et la sociétaire (risque d’établissement stable). Nos équipes de télétravail international et de loi Beckham travaillent ensemble pour apporter une réponse intégrée dès la phase de planification du transfert.

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Questions fréquentes

Quelles conditions un travailleur à distance doit-il remplir pour accéder à la loi Beckham ?
Le travailleur à distance international ne doit pas avoir été résident fiscal en Espagne durant les cinq années précédant son installation, doit disposer d'un contrat de travail avec une entreprise ou entité étrangère (non espagnole) et doit fournir ses services principalement depuis l'Espagne par voie télématique. La demande doit être déposée dans un délai de six mois à compter de l'affiliation à la sécurité sociale espagnole, au moyen du formulaire Modelo 149.
Un citoyen de l'UE a-t-il besoin d'un visa pour télétravailler depuis l'Espagne ?
Non. Un citoyen de l'Union européenne bénéficie du droit à la libre circulation et à la résidence en Espagne sans visa ni autorisation préalable. Il doit simplement s'inscrire au Registre central des étrangers (NIE) si son séjour dépasse trois mois. La voie du travailleur à distance international prévue par la loi Beckham est accessible aux ressortissants de l'UE comme aux ressortissants de pays tiers, ces derniers devant toutefois obtenir l'autorisation de résidence correspondante.
Le travailleur à distance international doit-il cotiser en Espagne ?
En règle générale, oui — avec une nuance depuis 2023. Le règlement UE 883/2004 établit le principe de la lex loci laboris : le travailleur cotise dans l'État membre où il exerce physiquement son activité. Celui qui travaille habituellement et majoritairement (plus de 50 % de son temps) depuis l'Espagne cotise au régime espagnol de sécurité sociale, quel que soit le domicile de son employeur. Depuis juillet 2023, l'Accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (art. 16 du Règlement 883/2004) permet, sur demande conjointe, à un travailleur qui exerce moins de 50 % de son temps depuis son pays de résidence de rester dans le système du pays de l'employeur. Cette dérogation ne s'applique pas au travailleur réellement basé en Espagne, qui est soumis au régime espagnol sans possibilité de choix. L'employeur étranger doit s'enregistrer comme employeur non établi auprès de la TGSS espagnole, ou, dans certains cas prévus à l'article 21 du règlement 987/2009, le salarié peut assumer l'obligation de cotisation.
Quelle est la différence entre un travailleur à distance international et un nomade numérique ?
Le nomade numérique accède à l'Espagne via le visa ou l'autorisation de mobilité internationale réglementée par la loi sur les startups, destiné à ceux qui travaillent à distance pour des entreprises étrangères sans s'établir de façon permanente dans aucun pays. Le travailleur à distance international au sens de la loi Beckham est un concept fiscal qui désigne la cause habilitante pour le régime spécial des impatriés. Ces catégories peuvent se recouper en pratique, mais elles obéissent à des réglementations et des finalités distinctes.
L'employeur étranger doit-il créer une société en Espagne pour un travailleur à distance ?
Pas nécessairement. L'employeur peut opérer sans présence sociétaire en Espagne en utilisant les mécanismes prévus pour les employeurs non établis auprès de la TGSS, ou en déléguant la gestion contractuelle à un employer of record. Il doit toutefois s'assurer de ne pas créer par inadvertance un établissement stable, ce qui nécessite une analyse préalable des fonctions et des pouvoirs du salarié.

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