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Déclaration complémentaire d'IRPF : quand et comment la faire

Déclaration complémentaire IRPF : quand est-elle obligatoire, comment la présenter dans Renta WEB, différences avec la rectification et majorations de l'art. 119 LGT.

7 min de lecture

Sujet: déclaration complémentaire IRPF quand présenter

Présenter une déclaration d'IRPF correcte est idéal, mais les erreurs et omissions arrivent : un revenu oublié, une déduction incorrectement appliquée, des revenus étrangers omis ou des plus-values mal calculées. Lorsque l'erreur est préjudiciable au Trésor public — c'est-à-dire qu'on a payé moins que ce qui était dû —, le mécanisme de correction est la déclaration complémentaire. La présenter volontairement, avant que l'AEAT n'intervienne, élimine la sanction et ne génère que des majorations réduites. Ce guide explique quand elle est nécessaire, comment la présenter et quelles sont les conséquences de ne pas le faire.

Qu’est-ce que la déclaration complémentaire de l’IRPF

La déclaration complémentaire est une autoliquidation supplémentaire que le contribuable présente pour corriger des erreurs ou omissions dans la déclaration d’IRPF originale qui ont abouti à un paiement inférieur au correct ou à un remboursement supérieur à celui qui était dû. Via la déclaration complémentaire, le contribuable régularise sa situation en versant la différence entre ce qu’il aurait dû payer et ce qu’il a effectivement payé.

La déclaration complémentaire est régie par l’article 119 de la Loi 58/2003 Générale Tributaire. Le principe de base est que le contribuable peut présenter des déclarations supplémentaires rectifiant les précédentes lorsqu’il détecte que celles-ci étaient incorrectes au détriment du Trésor public.

Il est fondamental de distinguer la déclaration complémentaire de la rectification d’autoliquidation, qui est le mécanisme opposé : elle s’utilise lorsque l’erreur est préjudiciable au contribuable (il a trop payé) et que ce dernier demande le remboursement de l’excédent.

Quand la déclaration complémentaire est-elle obligatoire ?

La déclaration complémentaire est nécessaire dans les cas suivants :

Omission de revenus. Si la déclaration originale n’incluait pas des revenus du travail (arriérés, avantages en nature non déclarés), des revenus du capital (dividendes, intérêts non notifiés par l’établissement financier), des revenus locatifs ou des plus-values (cessions d’immeubles, actions, crypto-actifs).

Revenus étrangers non déclarés. Les résidents fiscaux en Espagne n’ayant pas inclus des revenus d’origine étrangère dans leur déclaration doivent régulariser en présentant des déclarations complémentaires pour chaque exercice concerné. La Convention fiscale Franco-Espagnole de 1995 prévoit des mécanismes d’élimination de la double imposition, mais ceux-ci ne dispensent pas de l’obligation déclarative en Espagne.

Déduction incorrectement appliquée. Si une déduction (nationale ou régionale) a été appliquée sans en remplir les conditions.

Réduction de base incorrecte. Par exemple, si la réduction de 30 % pour revenus irréguliers a été appliquée sans remplir les conditions de durée de génération.

Crypto-actifs non déclarés. Les plus-values patrimoniales découlant de cessions de crypto-actifs (ventes, échanges, utilisation comme moyen de paiement) non déclarées dans la déclaration originale doivent être régularisées par déclaration complémentaire.

Quand la déclaration complémentaire n’est-elle pas nécessaire ?

Toute correction ne requiert pas une déclaration complémentaire. Dans certains cas, la correction se fait via d’autres mécanismes :

  • Rectification d’autoliquidation : lorsque l’erreur a été préjudiciable au contribuable (il a trop payé) et qu’il demande le remboursement de l’excédent.
  • Recours ou réclamation : si le contribuable conteste l’action de l’AEAT, le mécanisme approprié est le recours en réformation ou la réclamation économico-administrative.

Comment présenter la déclaration complémentaire dans Renta WEB

La procédure de présentation de la déclaration complémentaire dans Renta WEB de l’AEAT suit les étapes suivantes :

  1. Accédez au siège électronique de l’AEAT et sélectionnez le service Renta WEB de l’exercice concerné.
  2. Initiez la déclaration pour l’exercice concerné. Le système détectera qu’une déclaration a déjà été présentée pour cette période et vous proposera l’option d’une déclaration complémentaire.
  3. Sélectionnez la case « déclaration complémentaire » et indiquez le numéro de justificatif de la déclaration originale complétée.
  4. Complétez toutes les données, incluant aussi bien les données correctement déclarées dans l’originale que celles omises ou corrigées. La déclaration complémentaire reprend l’intégralité de la déclaration.
  5. Calculez la différence à payer. Le résultat de la complémentaire doit être supérieur à celui de la déclaration originale.
  6. Payez le montant résultant, qui comprendra le principal plus les majorations pour présentation tardive applicables.

Le régime de majorations de l’article 27 LGT

Temps écoulé depuis le délai de présentationMajoration applicable
Jusqu’à 1 mois1 % du montant à payer
De 1 à 2 mois2 %
De 2 à 3 mois3 %
De 3 à 4 mois4 %
De 4 à 5 mois5 %
De 5 à 6 mois6 %
De 6 à 7 mois7 %
De 7 à 8 mois8 %
De 8 à 9 mois9 %
De 9 à 10 mois10 %
De 10 à 11 mois11 %
De 11 à 12 mois12 %
Plus de 12 mois15 % + intérêts de retard depuis la fin du délai original

Les majorations jusqu’à 12 % excluent aussi bien la sanction que les intérêts de retard, ce qui les rend nettement plus favorables qu’une régularisation après mise en demeure.

Différence entre régularisation volontaire et après mise en demeure

Régularisation volontaire : uniquement majoration de l’article 27 LGT (de 1 % à 15 % selon le temps écoulé). Pas de sanction. Pas d’intérêts supplémentaires dans les 12 premiers mois.

Régularisation après intervention de l’AEAT : l’infraction fiscale pour non-paiement peut être qualifiée de légère (base inférieure à 3 000 euros ou absence d’occultation), grave (base supérieure à 3 000 euros et occultation) ou très grave (utilisation de fausses factures, sociétés interposées). Les sanctions vont de 50 % à 150 % du montant non versé, selon la qualification, plus les intérêts de retard correspondants.

La clé est d’agir avant de recevoir toute communication de l’AEAT : une lettre de mise en demeure, une notification de début de procédure de vérification ou même une simple communication de données fiscales peut être considérée comme un acte interruptif qui élimine le régime favorable de la régularisation volontaire.

Prescription : jusqu’à quand peut-elle être présentée ?

La prescription du droit de l’AEAT à liquider la dette fiscale est de quatre ans à compter du lendemain de la fin du délai volontaire de présentation de la déclaration. Pour l’exercice 2021 (délai jusqu’au 30 juin 2022), la prescription intervient le 1er juillet 2026.

La prescription est interrompue par tout acte de l’AEAT ou par tout acte du contribuable lui-même reconnaissant la dette. Chaque interruption relance le délai de quatre ans.

Cas particuliers : plus-values de crypto-actifs et revenus étrangers

Plus-values de crypto-actifs non déclarées. Avec l’entrée en vigueur du Formulaire 721 et l’implémentation de la DAC8, l’AEAT dispose d’informations croissantes sur les positions et transactions en crypto-actifs. Les contribuables n’ayant pas déclaré des plus-values de crypto-actifs dans des exercices antérieurs (2021-2024) doivent évaluer si la prescription les protège ou s’il convient de régulariser.

Revenus étrangers non déclarés. Les échanges automatiques d’informations CRS et FATCA font que l’AEAT reçoit périodiquement des informations sur les comptes et revenus de résidents espagnols à l’étranger. Pour les résidents français en Espagne, les informations transmises par la France via le CRS sont particulièrement exhaustives — la régularisation volontaire via déclaration complémentaire, le plus tôt possible, minimise le coût.

Chez BMC, nous conseillons dans l’évaluation de la situation fiscale de contribuables avec des déclarations antérieurement incorrectes, analysons le risque de prescription et préparons les déclarations complémentaires nécessaires avec le calcul précis des majorations. Consultez notre équipe de planification fiscale pour une évaluation confidentielle de votre situation.


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