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Les PME à haute intensité en R&D+I pourront reporter le paiement de prêts sans garanties

L'arrêté PJC/808/2026 (Orden PJC/808/2026), du 30 juillet, établit la procédure permettant aux petites et moyennes entreprises à haute intensité d'investissement en recherche, développement et innovation (R&D+I) de demander le report et le fractionnement du paiement des échéances de prêts étatiques sans devoir apporter de garanties. Cette disposition régit le fonctionnement d'un mécanisme d'allègement financier conçu pour les secteurs à cycles de maturation technologique prolongés, comme la biotechnologie, où le manque de liquidité peut compromettre la viabilité de projets de recherche stratégique.

Ce qui change

La nouvelle réglementation concrétise les aspects procéduraux pour que les entreprises à haute intensité en R&D+I accèdent à la dispense de garantie dans le paiement de leurs dettes issues des programmes étatiques de recherche, développement et innovation. Le changement fondamental ne réside pas dans la création d'un droit nouveau, mais dans la régulation détaillée de la manière d'accréditer la condition de l'entreprise et la dette, afin que l'administration puisse accorder cet avantage.

Conformément à l'arrêté PJC/808/2026, l'élément central de la procédure est l'émission d'une certification par le ministère de la Science, de l'Innovation et des Universités (Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades). Ce document accrédite formellement deux aspects critiques : la condition de l'entité en tant que PME à haute intensité d'investissement en R&D+I et l'existence d'une dette susceptible de bénéficier de ce régime de report. Sans cette certification, la Délégation de l'Économie et des Finances (Delegación de Economía y Hacienda) ne dispose pas des éléments d'appréciation nécessaires pour évaluer le caractère transitoire des difficultés économiques de l'entité.

De même, la norme établit que la certification doit permettre à l'administration d'appliquer les dispositions des articles 46.3.c) et 46.5.d) du Règlement général de recouvrement (Reglamento General de Recaudación), en analysant si la difficulté financière est conjoncturelle et si l'entreprise conserve sa viabilité future. Cette procédure constitue une voie spécifique de report des dettes fiscales et des prêts des programmes étatiques, qui se distingue d'autres mécanismes de gestion de la dette par l'absence d'exigence de garanties supplémentaires.

Contexte

Le cadre de soutien à la recherche scientifique et technologique en Espagne s'est historiquement structuré à travers des plans nationaux et étatiques, comme les plans étatiques de recherche scientifique et technique et d'innovation (PEICTI, Planes Estatales de Investigación Científica y Técnica e de Innovación). Ces plans ont utilisé les prêts remboursables à conditions avantageuses comme instrument principal pour stimuler l'investissement privé et permettre la maturation de projets à haut potentiel technologique.

Cependant, le modèle économique des PME à haute intensité en R&D+I présente des défis structurels : elles requièrent de grands volumes de capital, font face à des périodes de retour sur investissement très longues et sont très sensibles aux fluctuations de la liquidité. Le contexte économique et géopolitique récent a aggravé ces tensions, en compliquant l'accès au financement externe et en altérant les prévisions de remboursement des prêts accordés lors d'appels antérieurs (comme les sous-programmes de recherche appliquée collaborative, INNPACTO et Retos Colaboración).

L'arrêté PJC/808/2026 s'insère dans ce contexte pour donner continuité et sécurité juridique aux mécanismes déjà prévus par l'arrêté PCM/519/2020, en les adaptant à la structure organique actuelle du ministère de la Science, de l'Innovation et des Universités et en répondant aux nouveaux besoins des entreprises opérant dans le cadre des PEICTI 2017-2020 et suivants.

Qui est concerné et comment

Petites et moyennes entreprises (PME) à haute intensité en R&D+I : il s'agit du seul profil directement bénéficiaire de la norme. Pour accéder à la mesure, l'entreprise doit remplir deux conditions concurrentes : être débitrice d'échéances de prêts de certains appels des programmes étatiques de R&D+I et accréditer sa haute intensité d'investissement. L'avantage principal est la possibilité de gérer ses tensions de trésorerie par le report ou le fractionnement des échéances sans devoir engager d'actifs par l'apport de garanties réelles ou d'avals, ce qui protège son patrimoine et sa capacité de manœuvre financière.

Grandes entreprises : la norme ne s'applique pas aux grandes entreprises. Le régime de dispense de garantie est strictement limité aux PME, l'objectif de la politique étatique étant d'atténuer le risque spécifique assumé par les entités de moindre taille dans des secteurs de forte incertitude technologique.

Travailleurs indépendants : bien que certains indépendants puissent développer des activités de recherche, l'arrêté PJC/808/2026 s'adresse spécifiquement à la figure des PME dans le cadre des programmes de recherche et développement ; son application générale n'est donc pas prévue pour les professionnels indépendants qui ne correspondent pas à la définition de PME à haute intensité d'investissement selon les critères de la réglementation applicable.

Que faire et quand

Pour qu'une entreprise puisse bénéficier de cette procédure, elle doit suivre une feuille de route administrative claire, la charge de la preuve reposant sur l'entité intéressée. Conformément aux dispositions de l'arrêté PJC/808/2026, les actions recommandées sont :

  • Premièrement : demander la certification officielle auprès du ministère de la Science, de l'Innovation et des Universités. Cette étape est obligatoire et constitue la condition préalable indispensable pour accréditer tant la condition de l'entreprise que la dette dont le report est demandé.
  • Deuxièmement : une fois la certification obtenue, l'entreprise doit la présenter devant la Délégation de l'Économie et des Finances compétente.
  • Troisièmement : joindre à la certification toute la documentation économique permettant à l'administration de vérifier le caractère transitoire des difficultés financières et la viabilité future de l'entité, conformément aux critères du Règlement général de recouvrement.

Il est fondamental d'engager ce processus dès l'apparition des tensions de trésorerie, mais avant qu'un impayé ne survienne et n'entraîne des procédures d'exécution plus onéreuses. La norme ne fixant pas de délai de forclusion unique pour la demande, la célérité dans l'obtention de la certification ministérielle est le facteur déterminant du succès de la procédure.

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Questions frequentes

Que signifie un report 'avec dispense de garantie' ?
Cela signifie que l'entreprise peut demander le fractionnement ou le report de ses échéances sans devoir présenter d'avals, d'hypothèques ni aucun autre type de garantie adossée à la dette.
Puis-je demander ce report pour n'importe quel prêt étatique ?
Non, la norme se limite aux échéances de prêts de certains appels des programmes étatiques de recherche, développement et innovation (R&D+I).
Quel est le document le plus important pour cette démarche ?
La certification émise par le ministère de la Science, de l'Innovation et des Universités, qui atteste la condition de PME à haute intensité en R&D+I et la dette correspondante.
Devant quel organisme dois-je présenter la demande finale ?
La documentation et la certification doivent être présentées devant la Délégation de l'Économie et des Finances.
Cette norme concerne-t-elle les entreprises qui ne sont pas des PME ?
Non, le champ d'application de cet arrêté est réservé aux petites et moyennes entreprises à haute intensité d'investissement en R&D+I.
Quels critères l'administration évalue-t-elle pour accorder le report ?
Elle évalue le caractère transitoire des difficultés économiques de l'entreprise et sa viabilité future, sur la base de la documentation apportée et de la certification ministérielle.
Fiche technique de la disposition
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