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Réforme des mutualités alternatives au RETA : cotisations alignées et passerelle vers la Sécurité sociale

La Ley 2/2026, du 29 juillet (loi espagnole), publiée au BOE le 31 juillet 2026 et en vigueur depuis le 1er août 2026, modifie le texte refondu de la Ley General de la Seguridad Social (loi générale de la Sécurité sociale, Real Decreto Legislativo 8/2015) pour réformer en profondeur le régime des mutualités de prévoyance sociale alternatives au RETA (régime spécial espagnol des travailleurs indépendants) régies par ses dispositions additionnelles 18.ª et 19.ª. Ce n'est pas une norme simplement interprétative : elle aligne les cotisations et les prestations minimales sur le système public, soumet les mutualités à de nouvelles obligations de transparence et ouvre une passerelle volontaire vers la Sécurité sociale. Pour les collectifs qui exercent avec une mutualité alternative, avec les avocats et les avoués comme exemples caractéristiques, c'est la réforme la plus importante des dernières décennies.

Ce qui change

  • Cotisation minimale alignée sur le RETA : la nouvelle rédaction de la disposition additionnelle 19.ª.2 considère l'obligation de montant minimal de la prestation comme remplie lorsque les cotisations du mutualiste équivalent à 100 % de la cotisation résultant de l'application du taux général de cotisation pour contingences communes du RETA à la base minimale de la tranche de cotisation correspondant à ses revenus nets. L'Agencia Tributaria (administration fiscale espagnole) fournira aux mutualités, par voie télématique, les informations nécessaires pour calculer cette cotisation.
  • Calendrier transitoire : la nouvelle disposition transitoire 46.ª échelonne l'effort : la cotisation sera de 86 % en 2026, de 93 % en 2027 et de 100 % en 2028.
  • Prestations minimales : les prestations sous forme de rente ne pourront pas être inférieures à 100 % du montant minimal initial de la classe de pension correspondante du système de la Sécurité sociale ou, s'il est supérieur, au montant des pensions non contributives, avec actualisation annuelle dans les mêmes termes que les pensions publiques. Sous forme de capital, le minimum est le montant capitalisé de cette rente.
  • Passerelle vers la Sécurité sociale : la nouvelle disposition transitoire 47.ª permet à ceux qui sont ou ont été affiliés à une mutualité alternative de demander, individuellement et dans le délai d'un an à compter de l'entrée en vigueur du règlement d'application, le transfert volontaire à la TGSS des droits économiques accumulés au titre de la fonction alternative. Le règlement, qui doit être approuvé dans un maximum de trois mois à compter de l'approbation de la loi, convertira ces droits en périodes cotisées en prenant la base minimale qui aurait été applicable et en appliquant un coefficient compris entre 0,67 et 0,87. Le transfert entraîne l'affiliation obligatoire et irréversible au RETA pour cette activité et il est exonéré d'impôt.
  • Décompte spécial pour la retraite : pour ceux qui ont commencé leur activité avant le 10 novembre 1995, le temps passé en mutualité substitutive sera compté comme affiliation au RETA aux fins du pourcentage de l'art. 210.1, et pour les mutualistes de 52 ans ou plus au 31 décembre 2026, chaque mois complet cotisé à la mutualité alternative comptera comme mois d'affiliation au RETA lors de l'accès à la retraite à l'âge ordinaire de l'art. 205.1.a).
  • Transparence et supervision : une nouvelle disposition additionnelle oblige les mutualités alternatives à établir un rapport semestriel clair sur les fonds de leurs mutualistes et leur évolution, et à remettre à la Dirección General de Seguros y Fondos de Pensiones (direction générale des assurances et des fonds de pension) la documentation nécessaire à sa supervision continue. Une autre disposition additionnelle charge le Gouvernement d'un rapport d'évaluation du régime d'alternativité avant le 31 décembre 2030, qui sera transmis aux Cortes Generales.
  • Convention spéciale : la première disposition additionnelle permet, une seule fois, aux professionnels qui ont quitté la mutualité avant qu'elle applique la capitalisation individuelle et qui n'atteignent pas quinze ans de cotisation, de souscrire une convention spéciale pour comptabiliser jusqu'à un maximum de cinq ans d'activité antérieurs à la sortie.

Contexte

Les professionnels inscrits à un ordre sont restés hors du RETA dans sa conception initiale (Decreto 2530/1970) et leur intégration a été progressive. La Ley 30/1995 a rendu l'affiliation obligatoire et individuelle, mais a permis d'opter pour la mutualité de l'ordre si celle-ci avait été constituée avant le 10 novembre 1995, option qui laissait le professionnel hors de la couverture publique. La Ley 27/2011 a imposé à ces mutualités une couverture minimale, figurant aujourd'hui dans la disposition additionnelle 19.ª. Malgré cela, le préambule de la Ley 2/2026 reconnaît lui-même que les prestations servies sont parfois restées très en deçà des attentes, voire en dessous de ce qu'aurait donné le RETA, et que cette situation de sous-protection exige de relever la couverture et d'offrir une sortie ordonnée vers le système public.

Qui est concerné et comment

  • Mutualistes en activité : ils verront leurs cotisations augmenter jusqu'à l'alignement complet sur le RETA en 2028 et disposent de la passerelle de la DT 47.ª s'ils préfèrent intégrer le système public.
  • Anciens mutualistes : ceux qui ont été affiliés à une mutualité alternative peuvent également demander le transfert des droits accumulés pendant cette période ; ceux qui sont partis avant la capitalisation individuelle et n'atteignent pas quinze ans cotisés disposent en outre de la convention spéciale de la DA 1.ª.
  • Pensionnés : ils restent en dehors de la passerelle, sauf ceux qui perçoivent uniquement une pension de veuvage.
  • Mutualités et ordres professionnels : ils assument les nouvelles exigences de prestation minimale, le rapport semestriel de transparence et la supervision de la DGSFP, et la première disposition finale retouche l'art. 44.4 de la Ley 20/2015 pour donner la priorité aux prestations sociales en faveur des mutualistes alternatifs vulnérables.

Que faire et quand

  • Dès 2026 : vérifier avec la mutualité que la cotisation atteint 86 % de la référence du RETA et budgéter les passages à 93 % en 2027 et à 100 % en 2028.
  • Règlement de la passerelle : il doit être approuvé dans un délai maximal de trois mois à compter de l'approbation de la loi ; à partir de son entrée en vigueur court le délai d'un an pour demander le transfert. Il convient de préparer à l'avance le calcul comparatif, car la décision est irréversible.
  • Mutualistes nés en 1974 ou avant : ceux qui ont 52 ans ou plus au 31 décembre 2026 doivent intégrer à ce calcul le décompte de chaque mois de mutualité comme mois d'affiliation au RETA aux fins du pourcentage de la pension.
  • Qui ne fait rien : reste dans sa mutualité avec les nouvelles cotisations et prestations minimales ; l'alternativité continue d'exister et le Gouvernement l'évaluera avant le 31 décembre 2030.

Le choix entre rester dans la mutualité et activer la passerelle dépend de l'âge, des droits accumulés et de la carrière de cotisation de chaque professionnel. Nous vous recommandons d'évaluer votre cas concret avec le pôle droit du travail de BMC avant l'ouverture du délai réglementaire.

Questions frequentes

Qui est concerné par la Ley 2/2026 ?
Les professionnels inscrits à un ordre qui exercent à leur compte et cotisent à une mutualité de prévoyance sociale alternative au RETA (celles constituées avant le 10 novembre 1995), ceux qui y ont été affiliés par le passé, et les mutualités elles-mêmes. C'est le cas typique des avocats et des avoués (procuradores) mutualistes.
La cotisation du mutualiste augmente-t-elle ?
Oui. Pour respecter le montant minimal de la prestation, les cotisations doivent équivaloir à 100 % de la cotisation résultant de l'application du taux général de cotisation pour contingences communes du RETA à la base minimale de la tranche applicable selon les revenus nets. La DT 46.ª échelonne l'effort : 86 % en 2026, 93 % en 2027 et 100 % en 2028.
En quoi consiste la passerelle vers le RETA ?
La nouvelle DT 47.ª permet de demander le transfert volontaire à la Tesorería General de la Seguridad Social (trésorerie générale de la Sécurité sociale) des droits économiques accumulés dans la mutualité au titre de sa fonction alternative. Les droits sont convertis en périodes cotisées en appliquant à la base minimale un coefficient compris entre 0,67 et 0,87, l'opération est exonérée d'impôt et elle entraîne l'affiliation obligatoire et irréversible au RETA pour cette activité.
Quels sont les délais de la passerelle ?
Le règlement d'application doit être approuvé dans un délai maximal de trois mois à compter de l'approbation de la loi, et la demande individuelle peut être présentée pendant un an à compter de l'entrée en vigueur de ce règlement.
Qui ne peut pas demander le transfert ?
Quiconque a la qualité de pensionné à la charge d'un régime public ou de la mutualité alternative elle-même, sauf si la pension est une pension de veuvage.
Quelle amélioration est prévue pour les mutualistes les plus âgés ?
Pour ceux qui ont 52 ans ou plus au 31 décembre 2026, chaque mois complet d'affiliation et de cotisation à la mutualité alternative comptera comme mois d'affiliation au RETA aux fins du pourcentage applicable à la base de calcul de la retraite (art. 210.1) lors de l'accès à l'âge ordinaire de l'art. 205.1.a). La même règle vaut pour la période en mutualité substitutive de ceux qui ont commencé leur activité avant le 10 novembre 1995.
Fiche technique de la disposition
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