Glossaire des affaires
Société patrimoniale espagnole (Sociedad Patrimonial)
La société patrimoniale (sociedad patrimonial) est, en droit fiscal espagnol de l'impôt sur les sociétés, une entité dont plus de la moitié de l'actif est constitué de valeurs mobilières ou d'éléments patrimoniaux non affectés à une activité économique réelle (art. 5.2 LIS). Cette qualification exclut la société des régimes fiscaux favorables réservés aux entreprises opérationnelles et prive les associés de l'exonération d'impôt sur la fortune et des droits de succession pour les participations dans des entreprises.
FiscalQu’est-ce qu’une société patrimoniale ?
La notion de société patrimoniale (sociedad patrimonial) en droit espagnol de l’impôt sur les sociétés ne correspond pas à une forme juridique particulière du droit des sociétés, mais à une qualification fiscale fondée sur l’analyse de la composition de l’actif de toute entité — S.L., S.A. ou autre.
L’article 5.2 de la Ley 27/2014 (LIS) dispose qu’une entité ne peut être considérée comme exerçant une activité économique — et ne peut donc pas bénéficier des régimes spéciaux liés à cette qualité — lorsque plus de la moitié de son actif total est constitué de :
- Valeurs mobilières (participations dans d’autres sociétés) ne constituant pas des actifs d’entreprise.
- Éléments patrimoniaux non affectés à une activité économique réelle de la société elle-même.
C’est le test patrimonial. Échouer à ce test — c’est-à-dire détenir plus de 50 % d’actifs passifs — entraîne le classement de la société comme véhicule de gestion passive de patrimoine plutôt que comme entreprise opérationnelle, avec des conséquences fiscales défavorables significatives.
Actifs affectés et actifs non affectés
La distinction fondamentale est entre les actifs affectés à une activité économique et les actifs non affectés (patrimoniaux) :
Actifs non affectés (patrimoniaux) :
- Immeubles donnés en location sans qu’un salarié à temps plein dédié à la gestion soit employé par la société (au sens des articles 5.1 LIS et 27.2 LIRPF).
- Placements financiers (valeurs mobilières cotées, obligations d’État, dépôts) non directement liés à la gestion opérationnelle de trésorerie de l’entreprise.
- Participations dans des entités n’exerçant pas elles-mêmes une activité économique au sens de l’art. 5.1 LIS.
- Actifs mis à disposition des associés, de leurs proches ou d’entités liées à des conditions inférieures au marché.
Actifs affectés (actifs d’entreprise) :
- Immobilisations corporelles utilisées dans l’activité de la société.
- Stocks, créances clients et trésorerie opérationnelle directement liés à l’activité.
- Participations dans des filiales qui exercent elles-mêmes une activité économique réelle.
Conséquences fiscales de la qualification patrimoniale
Exclusion du régime PME (ERD). Le régime favorable pour les empresas de reducida dimensión (articles 101–105 LIS) — qui comprend l’amortissement accéléré, la liberté d’amortissement pour certains investissements, et un taux d’IS réduit sur les 300 000 premiers euros de base imposable — n’est pas accessible aux entités dont l’activité principale est la gestion d’un patrimoine mobilier ou immobilier.
Exclusion d’autres incitations à l’IS. De nombreuses incitations fiscales (déductions pour exportation, bonifications sectorielles) sont conditionnées à l’exercice d’une activité économique réelle. La société patrimoniale ne peut y accéder.
Impôt sur la fortune et droits de succession : perte de l’exonération. En vertu de l’article 4.Huit.Deux de la Loi sur l’Impôt sur la fortune (Ley del Impuesto sobre el Patrimonio), les participations dans des sociétés sont exonérées d’IP lorsque l’entité exerce une activité économique, que l’associé détient au moins 5 % à titre individuel (ou 20 % en famille), et qu’un membre de la famille exerce des fonctions de direction rémunérées représentant plus de 50 % de ses revenus nets d’activité. La société patrimoniale — n’exerçant pas d’activité économique réelle — ne satisfait pas à ces conditions : ses parts sont pleinement incluses dans la base de l’IP. La même analyse s’applique à l’Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (droits de succession et de donation), où la réduction de 95 % sur la base imposable pour les actifs d’entreprise est inaccessible pour les parts de sociétés patrimoniales.
Le test des 50 % de l’actif en pratique
Le test s’effectue sur la base des valeurs comptables des actifs figurant au bilan. Lors des contrôles fiscaux, l’AEAT peut recourir aux valeurs de marché lorsque l’écart avec la valeur comptable est significatif. Le test est réalisé en référence au dernier bilan clôturé avant la date de clôture de l’exercice d’IS et, pour les groupes de sociétés, entité par entité — et non sur base consolidée.
L’exception relative à la location immobilière est particulièrement importante : une société qui possède des biens immobiliers en location mais s’appuie sur des agences externes plutôt que sur un salarié à temps plein dédié sera dans la quasi-totalité des cas classée comme patrimoniale pour ses actifs immobiliers.
Erreurs fréquentes
Confondre location et activité économique. La location d’immeubles ne constitue une activité économique que si un salarié à temps plein est employé pour la gérer. Un salarié à temps partiel ou administratif ne suffit pas.
Négliger l’impact sur la transmission familiale. L’absence d’exonération IP/ISD sur les parts de sociétés patrimoniales peut multiplier considérablement le coût fiscal de la transmission intergénérationnelle de l’entreprise familiale.
Relation avec BMC
BMC conseille les entreprises familiales et les structures patrimoniales dans la revue de la composition de l’actif, la réorganisation en vue d’assurer la qualification d’entité exerçant une activité économique réelle, et la planification de la transmission intergénérationnelle avec maintien de l’exonération IP/ISD sur les participations.
Demandez une consultation personnalisée
Nos experts sont prêts à analyser votre situation et vous proposer des solutions sur mesure.