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Glossaire des affaires

Scission totale et scission partielle (Escisión)

En droit espagnol de la restructuration d'entreprise, la scission totale (escisión total) dissout la société scindée et transfère l'intégralité de son actif net à deux entités bénéficiaires ou plus ; la scission partielle (escisión parcial) sépare une branche d'activité sans dissoudre la société apporteuse. Les deux modalités bénéficient de la neutralité fiscale FEAC au titre de l'article 76.2 LIS lorsque les conditions légales, notamment l'existence d'un motif économique valable, sont satisfaites.

Fiscal

Qu’est-ce qu’une scission en Espagne ?

La scission (escisión) est une opération de restructuration d’entreprise régie par l’article 76.2 de la Ley 27/2014 (LIS) dans le cadre du régime FEAC (articles 76 à 89 LIS). Elle implique qu’une société transmette une partie ou la totalité de ses actifs et passifs à une ou plusieurs entités bénéficiaires (nouvelles ou préexistantes), les associés de la société scindée recevant en contrepartie des parts dans la ou les entités bénéficiaires.

La loi espagnole, suivant la Directive européenne 2009/133/CE (Directive fusion), distingue deux variantes principales aux implications juridiques et fiscales différentes.

Scission totale (Escisión total)

Dans une scission totale, la société scindée est dissoute (sans liquidation) et son actif net total est divisé et transmis en bloc à deux entités bénéficiaires ou plus. Les associés de la société scindée reçoivent des parts dans chacune des bénéficiaires proportionnellement à leur participation initiale.

Caractéristiques essentielles :

  • La société scindée cesse d’exister.
  • Un minimum de deux entités bénéficiaires est requis.
  • Il n’est pas exigé que les blocs d’actifs et passifs transmis constituent des branches d’activité autonomes — l’intégralité du patrimoine est divisée.
  • Les associés reçoivent de nouvelles parts proportionnelles à leur participation antérieure.

Sur le plan fiscal, aucune plus-value imposable n’est constatée au niveau de la société scindée, et les associés ne réalisent pas de cession imposable : les nouvelles parts héritent de la base fiscale et de la date d’acquisition des parts d’origine.

Scission partielle (Escisión parcial)

Dans une scission partielle, la société scindée demeure en activité et apporte un ensemble défini d’actifs et passifs — qui doit constituer une branche d’activité (rama de actividad) autonome — à une entité bénéficiaire unique. Les associés de la société apporteuse reçoivent des parts dans l’entité bénéficiaire.

Caractéristiques essentielles :

  • La société apporteuse continue d’exister avec ses actifs résiduels.
  • Une seule entité bénéficiaire suffit.
  • Le bloc transféré doit constituer une branche d’activité : une unité économique autonome capable de fonctionner de manière indépendante avec ses propres ressources.
  • Les associés reçoivent des parts proportionnelles dans l’entité bénéficiaire.

La notion de branche d’activité est définie à l’article 76.4 LIS comme l’ensemble des éléments constituant ou susceptible de constituer une unité économique autonome déterminant une exploitation économique, c’est-à-dire un ensemble capable de fonctionner avec ses propres moyens. La DGT et les tribunaux espagnols ont produit une jurisprudence abondante sur ce concept, exigeant que la branche séparée dispose de véritables ressources productives propres (actifs, contrats, personnel) et soit capable de fonctionner de manière indépendante.

Différences clés

AspectScission totaleScission partielle
Sort de la société scindéeDissouteReste active
Nombre minimum de bénéficiairesDeuxUne
Branche d’activité requiseNon (tout le patrimoine est divisé)Oui : le bloc transmis doit être autonome
Contrepartie aux associésParts dans les bénéficiairesParts dans l’entité bénéficiaire

Traitement fiscal : différé des plus-values

Le régime FEAC diffère la fiscalité pour toutes les parties :

  • Société scindée : aucune plus-value imposable sur la transmission des actifs et passifs aux bénéficiaires.
  • Associés : pas de cession imposable lors de l’échange de leurs anciennes parts contre des parts dans la ou les bénéficiaires. Les nouvelles parts héritent de la base fiscale et de la date d’acquisition des anciennes.
  • Entités bénéficiaires : reçoivent les actifs transmis à leurs valeurs fiscales historiques (sans revalorisation de la base amortissable).

Le motif économique valable

La clause anti-abus de l’article 89.2 LIS refuse le bénéfice du régime lorsque l’objectif principal de l’opération est la fraude ou l’évasion fiscale. La scission doit servir un objectif économique réel : séparation de branches destinées à des groupes d’associés différents, isolement des risques, planification de la succession, ou préparation d’une unité pour un investissement externe.

Une scission partielle suivie rapidement de la cession de l’unité séparée à un tiers est un scénario à risque d’audit élevé et requiert une documentation solide du motif économique réel.

Relation avec BMC

BMC accompagne les entreprises dans la planification et la réalisation des scissions, en vérifiant que les blocs transmis constituent bien des branches d’activité autonomes, en rédigeant les rapports de motif économique valable, en gérant les notifications à l’AEAT et en coordonnant les formalités notariales et d’enregistrement au registre du commerce.

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