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Comment préparer un contrôle fiscal de l'AEAT

Sujet: comment préparer contrôle fiscal AEAT entreprise Espagne

Guide pratique pour les entreprises qui ont reçu ou anticipent un contrôle de l'Agence fiscale espagnole (AEAT) : phases de la procédure, documentation clé, droits du contribuable et comment minimiser le risque de régularisation.

7 min de lecture

Recevoir une notification de contrôle de l'Agence fiscale (AEAT) est une situation stressante pour tout dirigeant. Pourtant, une entreprise bien préparée — qui a respecté ses obligations, tient une comptabilité rigoureuse et est accompagnée par un conseiller compétent — a toutes les chances de traverser un contrôle sans régularisation significative. Ce guide vous explique ce à quoi vous attendre, comment vous préparer et comment défendre vos droits.

Les types de contrôles fiscaux en Espagne

L’AEAT dispose de plusieurs modalités de contrôle, par ordre croissant d’intensité :

Vérification des données (comprobación de datos) : L’AEAT détecte une discordance entre les données déclarées et les informations dont elle dispose (retenues communiquées par des tiers, données cadastrales, informations de tiers). Le contribuable est invité à justifier ou à rectifier sa déclaration. Ce contrôle est généralement résolu par correspondance.

Vérification limitée (comprobación limitada) : L’AEAT examine un ou plusieurs aspects limités de la situation fiscale, sur un ou plusieurs exercices. Elle ne peut pas consulter la comptabilité complète. Les compétences sont déléguées aux délégations territoriales de l’AEAT.

Contrôle d’inspection (inspección tributaria) : Le contrôle le plus complet. L’Inspecteur de finances a accès à l’ensemble de la documentation comptable et fiscale. Il peut examiner plusieurs exercices et plusieurs impôts simultanément. Ce contrôle est mené par les Unités d’inspection de l’AEAT.

Contrôle de gestion (gestión tributaria) : Procédure intermédiaire utilisée pour la vérification des déclarations de revenus et d’IS de faible complexité.

Ce que l’AEAT peut et ne peut pas faire

Ce que l’AEAT peut faire : Demander des copies des livres comptables, des factures, des contrats, des extraits bancaires et de tout document justificatif des opérations déclarées ; effectuer des inspections sur place dans les locaux de l’entreprise (avec préavis sauf cas exceptionnels) ; interroger les responsables de l’entreprise ; et demander des informations à des tiers (clients, fournisseurs, banques).

Ce que l’AEAT ne peut pas faire : Contrôler des exercices prescrits (en général au-delà de 4 ans à compter de la fin de la période de dépôt volontaire) ; prolonger le contrôle au-delà des délais légaux sans justification ; contrevenir au droit d’être représenté par un professionnel ; ou accéder à la documentation relevant du secret professionnel de l’avocat.

La documentation à préparer

Selon le type de contrôle et les impôts concernés, vous devrez généralement mettre à disposition :

  • Grand livre comptable et journaux des exercices contrôlés
  • Livres de TVA (registre des factures émises et reçues)
  • Factures de ventes et d’achats significatives
  • Contrats avec les clients et fournisseurs principaux
  • Extraits bancaires de tous les comptes de l’entreprise
  • Justificatifs des charges déduites (frais de représentation, déplacements, formation)
  • Documentation des opérations avec des parties liées (prix de transfert)
  • Justificatifs des déductions appliquées (R&D, investissements, etc.)

Comment répondre aux demandes d’information

Répondez dans les délais. Les délais fixés par l’AEAT doivent être respectés. Si vous avez besoin d’un délai supplémentaire, demandez une prorogation avant l’expiration — l’AEAT les accorde généralement pour des motifs justifiés.

Ne fournissez que ce qui est demandé. Ne joignez pas de documentation non sollicitée qui pourrait soulever de nouvelles questions. Répondez précisément à ce qui est demandé.

Formulez des réponses écrites. Toutes les réponses doivent être formalisées par écrit avec accusé de réception (dépôt au registre de l’AEAT ou par voie électronique). Ne communiquez jamais oralement sur des points qui pourraient avoir des conséquences fiscales.

Faites-vous représenter par un professionnel. Vous avez le droit d’être représenté et conseillé pendant toute la durée du contrôle. Votre conseiller fiscal ou avocat fiscaliste peut assister à toutes les réunions avec l’inspecteur.

Les droits du contribuable

  • Droit à être informé de la nature et de l’étendue du contrôle dès son ouverture
  • Droit à être représenté par un conseiller fiscal ou un avocat
  • Droit à consulter l’intégralité du dossier administratif
  • Droit à formuler des allégations avant que l’acte de régularisation soit signé
  • Droit à un délai pour payer ou à un fractionnement en cas de régularisation
  • Droit de recours devant les tribunaux économico-administratifs (TEAR, TEAC) et devant les juridictions administratives

Après le contrôle : actes et recours

Si l’inspecteur conclut à une régularisation, il établit un acte de conformité (si vous acceptez les conclusions) ou un acte de désaccord (si vous les contestez). L’acte de conformité réduit généralement les sanctions de 30 %. L’acte de désaccord ouvre la voie aux recours.

Le recours devant le tribunal économico-administratif régional (TEAR) est gratuit et suspend en principe l’exécution de la régularisation pendant son instruction. Il est recommandé d’interjeter ce recours lorsque l’enjeu est significatif ou que la position de l’AEAT est discutable en droit.


BMC dispose d’une équipe spécialisée en défense fiscale devant l’AEAT et devant les tribunaux économico-administratifs. Contactez-nous pour une première analyse de votre situation.

Les droits du contribuable lors d’un contrôle AEAT

Un contrôle de l’AEAT n’est pas un processus à sens unique : le contribuable dispose de droits importants qu’un bon conseil fiscal saura faire valoir tout au long de la procédure.

Droit à l’information. L’AEAT doit indiquer dès le début de la procédure le type de contrôle engagé, les impôts et périodes concernés, et les droits du contribuable. L’acte de notification initial doit préciser la nature exacte de la procédure (comprobación limitada, inspección tributaria, verificación de datos) car chaque procédure obéit à des règles procédurales différentes.

Droit à la représentation. Le contribuable a le droit de se faire représenter par un avocat, un économiste ou un conseiller fiscal lors de toutes les réunions avec l’AEAT. Il n’est jamais obligé de se rendre seul à une convocation — c’est même une erreur fréquente et coûteuse.

Droit au délai raisonnable. L’AEAT doit respecter des délais légaux : une comprobación limitada ne peut excéder 6 mois, une inspección tributaria est limitée à 18 mois (36 mois pour les affaires complexes ou les groupes). Au-delà de ces délais, les actes de l’AEAT sont frappés de nullité, ce qui peut conduire à la prescription du droit à liquider l’impôt.

Droit à la contradiction. Avant tout acte de liquidación, l’AEAT doit notifier un acte préalable au contribuable et lui accorder un délai (généralement 15 jours) pour formuler ses observations et présenter des documents complémentaires. Ne jamais ignorer cette étape — c’est l’occasion de rectifier des erreurs factuelles avant la liquidation définitive.

Droit au recours. Toute liquidación tributaria ou sanción notifiée par l’AEAT peut faire l’objet : d’une réclamation économico-administrative devant le TEAR ou le TEAC (délai de 1 mois), d’un recours devant les tribunaux administratifs, et en dernier ressort d’un pourvoi en cassation devant le Tribunal Suprême pour les questions de droit. Le taux de succès des recours bien fondés est significatif — l’AEAT n’est pas infaillible et ses actes sont régulièrement annulés par les tribunaux.

Stratégie de défense dans les zones de risque fréquentes

Les contrôles AEAT portent généralement sur des zones d’incertitude ou d’écart significatif par rapport aux ratios sectoriels. En 2026, les thématiques les plus fréquemment auditées incluent :

  • Déductibilité des charges : rémunérations des dirigeants et associés, dont l’AEAT remet fréquemment en question le caractère de charge déductible (rémunérations non prévues dans les statuts, charges mixtes personnelles-professionnelles).
  • TVA intracommunautaire : opérations triangulaires, auto-liquidation, opérations assimilées à des exportations sans documentation suffisante.
  • Restructurations récentes : fusions, scissions, apports d’actifs soumis au régime de neutralité fiscale (art. 87-89 LIS) dont l’AEAT vérifie le motif économique valide.
  • Prix de transfert : transactions entre parties liées sans documentation adéquate selon l’art. 18 LIS.

Une stratégie de défense efficace repose sur la cohérence entre les déclarations déposées, la comptabilité et les documents sous-jacents (contrats, factures, justificatifs de paiement). Les incohérences entre sources d’information sont le principal point d’appui des inspecteurs de l’AEAT.

BMC accompagne les entreprises espagnoles lors de contrôles fiscaux et dans les procédures de recours devant les instances économico-administratives et judiciaires. Consulter notre service de défense fiscale.

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