Le Golden Visa espagnol est entré dans son dernier chapitre entre novembre 2024 et avril 2025. Le programme, qui avait accordé depuis 2013 la résidence par l'investissement à plus de 14 500 ressortissants non communautaires et à leurs familles, a fait l'objet d'un processus législatif accéléré qui a abouti à sa suppression définitive dans le cadre de la réforme de la législation sur l'immigration.
Contexte : un long processus d’élimination
Le programme Golden Visa a été introduit en Espagne par la Loi 14/2013 du 27 septembre, relative au soutien aux entrepreneurs et à leur internationalisation. Les articles 63 à 67 de cette loi régissaient les autorisations de résidence pour les investisseurs, établissant quatre voies d’investissement qualifiantes : acquisition d’un bien immobilier d’une valeur minimale de 500 000 € (libre de charges et d’hypothèques), acquisition d’obligations souveraines espagnoles d’une valeur minimale de 2 millions d’euros, acquisition de parts ou d’actions de sociétés espagnoles d’une valeur minimale de 1 million d’euros, ou dépôts bancaires auprès d’établissements financiers espagnols d’au moins 1 million d’euros.
L’investissement immobilier était de loin la voie la plus utilisée : entre 2013 et 2024, plus de 90 % des Golden Visas ont été accordés sur la base d’acquisitions immobilières. Les principaux pays d’origine des bénéficiaires étaient la Chine, la Russie, le Royaume-Uni (avant le Brexit), l’Ukraine et le Venezuela.
L’annonce d’avril 2024 et le processus législatif
Le Président du gouvernement a annoncé le 8 avril 2024, dans le contexte de la crise d’accès au logement, l’intention de l’exécutif de supprimer le Golden Visa immobilier. La mesure a été justifiée par l’impact des acquisitions massives de biens immobiliers par des investisseurs étrangers sur les marchés résidentiels des principales villes espagnoles, notamment Madrid, Barcelone, Málaga, Valence et les Baléares.
Le processus législatif s’est conclu par l’adoption de la Loi organique 1/2025, qui a intégré la suppression du programme de résidence pour les investisseurs immobiliers et fermé l’intégralité du programme aux nouvelles demandes. La mesure est entrée en vigueur le 3 avril 2025.
Situation des titulaires de permis existants
Les investisseurs qui ont obtenu leur Golden Visa avant la clôture conservent les droits acquis au renouvellement dans le cadre du régime juridique applicable au moment de l’octroi initial. La résidence Golden Visa était initialement accordée pour deux ans, renouvelable pour des périodes de cinq ans, à condition que l’investissement qualifiant soit maintenu.
Toutefois, le renouvellement futur — à l’expiration de la période actuellement valide — nécessitera une analyse pour déterminer si le cadre juridique applicable à ce renouvellement est l’ancien ou le nouveau régime. Les conseillers juridiques spécialisés en droit de l’immigration recommandent d’examiner chaque situation en détail, notamment dans les cas où le titulaire n’a pas encore consolidé sa résidence permanente ou la nationalité espagnole.
Impact sur le marché de l’immobilier de prestige
La fermeture du programme a eu un impact limité mais perceptible sur le segment des biens au-dessus de 500 000 € dans les principales villes espagnoles. Les fonds d’investissement internationaux et les family offices ont partiellement réorienté leur attention vers le Portugal, Malte, les Émirats arabes unis et la Grèce, qui maintiennent ou ont adapté leurs programmes de résidence investisseur. Pour le marché résidentiel ordinaire, la suppression du Golden Visa a un effet marginal, la demande dans ce segment provenant principalement d’acheteurs domestiques et de résidents non communautaires titulaires de permis de travail.
La suite pour les investisseurs envisageant l’Espagne
La suppression de la voie immobilière ne compromet pas l’attrait de l’Espagne en tant que destination pour les personnes fortunées. Le visa de résidence non lucrative, le visa nomade digital introduit par la Loi 28/2022, le régime fiscal forfaitaire Beckham (article 93 de la LIRPF) et les voies de résidence investisseur subsistantes — obligations d’État (2 millions d’euros), parts de sociétés espagnoles (1 million d’euros) et projets d’intérêt général — continuent d’offrir des voies structurées vers la résidence espagnole pour ceux qui planifient soigneusement et s’entourent de conseils juridiques et fiscaux compétents.
Chez BMC, notre équipe juridique est à votre disposition. Consultez nos services d’immigration et de résidence internationale.