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Juridique Actualité

Alternatives au Golden Visa : Investir en Espagne après son abolition

Alternatives d'investissement et de résidence après la suppression du Golden Visa en Espagne (Loi organique 1/2025, avril 2025) : visa de résidence non lucrative (3 mois de traitement), visa nomade digital (1 mois), Loi Beckham et voies d'investissement hors immobilier.

5 min de lecture

La suppression définitive du Golden Visa espagnol, effective depuis le 3 avril 2025 en vertu de la Loi organique 1/2025, ne ferme pas l'Espagne aux investisseurs et aux personnes fortunées souhaitant s'y établir. Le droit espagnol continue d'offrir plusieurs voies alternatives, chacune assortie de conditions, d'avantages fiscaux et de profils de bénéficiaires distincts. Identifier la bonne option nécessite une analyse personnalisée intégrant le profil migratoire de l'intéressé, ses objectifs d'investissement et sa situation fiscale.

Visa de résidence non lucrative

Le visa de résidence non lucrative, régi par l’article 37 du Décret royal 557/2011 (règlement sur l’immigration), permet aux ressortissants non communautaires de résider en Espagne sans exercer d’activité salariée ou indépendante, à condition de pouvoir justifier de moyens économiques suffisants pour leur entretien et celui des membres de leur famille les accompagnant.

Les conditions économiques indicatives fixées par le ministère de l’Intérieur exigent de justifier de revenus périodiques d’au moins 400 % de l’IPREM (l’indicateur public de revenu à usages multiples) par an pour le demandeur principal, plus 100 % de l’IPREM par membre de famille supplémentaire. En 2025, l’IPREM mensuel s’élève à 600,00 € (sur 12 mensualités), ce qui implique un revenu annuel minimum d’environ 28 800 € pour le demandeur principal.

L’autorisation initiale est accordée pour un an, renouvelable pour des périodes successives de deux ans. Après cinq ans de résidence légale continue, le titulaire peut demander la résidence de longue durée ou la nationalité espagnole par résidence — qui requiert dix ans en règle générale, ou seulement deux ans pour les ressortissants des pays ibéro-américains, des pays lusophones, les juifs séfarades, les personnes nées en Espagne ou les enfants et petits-enfants de ressortissants espagnols.

Le régime de la Loi Beckham (étendu depuis 2023)

L’article 93 de la Loi 35/2006 relative à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (LIRPF), tel que modifié par la Loi 28/2022 du 21 décembre relative à la promotion de l’écosystème des entreprises émergentes, offre un régime fiscal spécial aux personnes physiques qui acquièrent la résidence fiscale en Espagne à la suite de leur déménagement sur le territoire espagnol.

Les bénéficiaires peuvent opter pour une imposition à l’IRPF au taux applicable aux non-résidents (IRNR) pour l’exercice fiscal au cours duquel leur résidence change et les cinq exercices fiscaux suivants. La conséquence principale est que les revenus d’activité obtenus en Espagne sont imposés à un taux forfaitaire de 24 % sur les premiers 600 000 €, plutôt qu’aux taux marginaux progressifs de l’IRPF (qui peuvent atteindre 47 % ou plus dans les communautés autonomes appliquant des taux complémentaires). Les revenus d’activité supérieurs à 600 000 € sont imposés à 47 %.

La réforme de 2022 a élargi le champ d’application du régime : les dirigeants de sociétés, les entrepreneurs exerçant des activités d’intérêt économique particulier, les personnes engagées dans des activités de formation, de recherche ou de développement, ainsi que leur conjoint et leurs enfants de moins de 25 ans qui s’installent également en Espagne au cours du même exercice fiscal sont désormais tous éligibles.

Visa nomade digital

Le visa nomade digital, introduit par la Loi 28/2022 et mis en œuvre par voie réglementaire, permet aux salariés ou aux travailleurs indépendants qui fournissent des services à distance pour des entreprises étrangères d’établir leur résidence en Espagne. La condition principale est que le travail ou l’activité professionnelle soit exercé exclusivement par voie télématique et que la société employeuse ou les clients du travailleur indépendant soient établis hors d’Espagne (ou, pour les salariés, que les clients espagnols ne représentent pas plus de 20 % des revenus totaux).

L’autorisation a une durée initiale d’un an (dans le format visa) ou de trois ans (dans le format permis de résidence), et est renouvelable. Le titulaire peut opter pour le régime de la Loi Beckham, ce qui en fait l’option la plus efficace fiscalement pour les profils à revenus moyens à élevés travaillant à distance.

Investissement en actifs financiers et projets d’intérêt général

Les voies de résidence fondées sur l’investissement en actifs financiers — obligations d’État espagnoles (minimum 2 millions d’euros), parts de sociétés espagnoles (minimum 1 million d’euros) ou dépôts bancaires (minimum 1 million d’euros) — n’ont pas été supprimées par la Loi organique 1/2025. Seule la voie d’investissement immobilier direct a été abolie. Ces modalités d’investissement qualifiantes demeurent une option valable pour les grands investisseurs institutionnels ou les family offices souhaitant combiner résidence et diversification de portefeuille.

L’investissement dans des projets d’intérêt général — startups technologiques, projets à impact socio-économique significatif ou création d’emplois qualifiés dans des zones défavorisées, évalués à la discrétion du Secrétariat d’État au Commerce — reste également disponible. Cette voie offre moins de prévisibilité en termes de délais de traitement, mais peut convenir aux investisseurs d’impact ou à ceux qui souhaitent s’engager concrètement dans le tissu économique espagnol.

Chez BMC, notre équipe juridique est à votre disposition. Consultez nos services d’immigration et de résidence internationale.

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