Le salaire minimum interprofessionnel (SMI) espagnol 2025 a été fixé à 1 184 € par mois sur 14 paiements (16 576 € par an) par Décret royal approuvé fin 2024, avec effet rétroactif au 1er janvier 2025. Cette hausse de 50 € par mois par rapport au SMI 2024 (1 134 €) représente une augmentation de 4,4 % et renforce l'engagement du Gouvernement de fixer le SMI à 60 % du salaire moyen — un objectif de référence établi par la Charte sociale européenne révisée et recommandé par le comité d'experts prévu à l'article 26 de la Directive (UE) 2022/2041 sur les salaires minimaux adéquats.
La Directive européenne sur les salaires minimaux : le cadre de référence
La Directive (UE) 2022/2041 du Parlement européen et du Conseil, du 19 octobre 2022, sur les salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne, exige des États membres disposant d’un salaire minimum légal qu’ils aient des procédures pour les fixer et les mettre à jour régulièrement, avec des critères d’adéquation quantitatifs incluant 60 % du salaire médian brut et 50 % du salaire moyen brut.
L’Espagne a transposé la Directive dans les délais (avant le 15 novembre 2024) en mettant à jour les mécanismes existants de fixation du SMI déjà présents à l’article 27 du Statut des Travailleurs (ET), sans nécessiter de modifications législatives substantielles, puisque le système espagnol prévoyait déjà une consultation avec les partenaires sociaux et des critères d’adéquation similaires. La Directive n’exige pas des États membres qu’ils atteignent le seuil de 60 % du salaire médian à une date précise, mais leur impose d’évaluer périodiquement si le SMI est adéquat au regard de ces critères.
Coût de la hausse pour les entreprises : analyse sectorielle
La hausse de 50 € bruts par mois du SMI a des effets sur le coût total du travail qui vont au-delà du différentiel salarial, car elle entraîne également une hausse des cotisations sociales sur la base minimale de cotisation.
Pour un travailleur à temps plein cotisant dans le Groupe 10 (travailleurs de plus de 18 ans sans qualifications), la base minimale de cotisation s’aligne sur le SMI. Le taux de cotisation patronale pour les contingences communes est de 23,6 %, auquel s’ajoutent le taux chômage (5,5 %), le FOGASA (0,2 %) et la formation professionnelle (0,6 %), donnant un taux patronal total de 29,9 %. Sur une hausse de 50 € bruts par mois, le coût supplémentaire pour l’employeur par travailleur et par mois (y compris la cotisation patronale à la sécurité sociale) est d’environ 65 €, soit environ 780 € par an et par travailleur.
Les secteurs les plus exposés au SMI — où la proportion de travailleurs rémunérés au minimum ou à proximité du minimum est la plus élevée — sont l’hôtellerie et la restauration, le commerce de détail, le nettoyage et les services auxiliaires, l’agriculture et l’élevage, et les travailleurs domestiques. Dans ces secteurs, la hausse du SMI peut représenter entre 2 % et 5 % des coûts totaux de main-d’œuvre, avec un impact direct sur les marges opérationnelles.
Interaction avec les conventions collectives
La hausse du SMI à 1 184 € affecte les conventions collectives sectorielles dont les grilles salariales sont inférieures au nouveau minimum légal. La catégorie professionnelle la moins bien rémunérée d’une convention collective — généralement les travailleurs ordinaires, les auxiliaires de service ou le personnel d’appui non qualifié — ne peut pas être payée en dessous du SMI.
En pratique, certaines tables de négociation collective utilisent le SMI comme ancre pour les catégories les plus basses, ce qui simplifie la négociation mais oblige également les parties à mettre à jour les grilles salariales chaque année. Les entreprises disposant d’une convention collective d’entreprise ou appliquant des accords d’entreprise sur la rémunération doivent expressément vérifier qu’aucune catégorie n’est inférieure à 1 184 € par mois à compter du 1er janvier 2025.
Le SMI et la réforme de la réduction du temps de travail
La réforme réduisant la durée maximale du travail à 37,5 heures, approuvée en 2025, interagit avec le SMI à un point précis : le salaire minimum par heure effective de travail. Comme le nombre maximum d’heures annuelles diminue (d’environ 1 826 à 1 712 heures), le SMI par heure effective de travail augmente plus que la seule hausse nominale. Pour les travailleurs à temps partiel, dont la rémunération est calculée proportionnellement, cet effet est particulièrement significatif, car les conventions collectives fixant les taux horaires minimaux pour le travail à temps partiel doivent être révisées en tenant compte à la fois du nouveau SMI nominal et du nouvel horaire de travail maximum.
L’effet cumulé d’un SMI nominal plus élevé et d’une durée maximale d’heures plus faible signifie que le coût horaire effectif du travail augmente plus vite que ne le laisse entendre le chiffre affiché du SMI — une distinction que les modèles de coûts salariaux pour 2025 doivent explicitement intégrer.
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