Résumé
L'année 2022 a divisé le paysage économique en deux moitiés clairement distinctes. Le premier semestre a maintenu la dynamique de la reprise post-pandémie, avec des données d'activité positives et un marché du travail en amélioration. Le second semestre a été dominé par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la crise énergétique, une inflation atteignant **8,4 %** et la réponse de la Banque Centrale Européenne avec **250 points de base** de hausse des taux en à peine six mois — la plus grande contraction monétaire de l'histoire de l'euro.
Chez BMC, cet environnement de forte volatilité a redoublé la demande en conseil stratégique. Nos clients avaient besoin de revoir leurs modèles financiers, de réévaluer leurs portefeuilles de projets et de repenser leurs stratégies de croissance dans un contexte radicalement différent de celui de l’année précédente.
Faits Marquants
Le marché des fusions-acquisitions a reflété l’incertitude ambiante. Avec 431 opérations conclues — soit 11 % de moins qu’en 2021 — le marché M&A a fait preuve de résilience dans un contexte défavorable, bien qu’avec une transformation notable : les valorisations se sont comprimées à mesure que le coût du capital augmentait, les processus de due diligence se sont allongés et le pourcentage de transactions financées par dette a diminué de manière significative.
Les secteurs des énergies renouvelables ont continué à attirer des capitaux, paradoxalement stimulés par la crise énergétique qui a mis en lumière l’urgence de la transition énergétique. Les valorisations des actifs solaires et éoliens ont maintenu leur niveau malgré la hausse générale du coût de l’argent, soutenues par la certitude réglementaire offerte par les contrats à long terme.
La Ley de Startups, approuvée en décembre 2022 après des années dans le processus législatif, a constitué un jalon pour l’écosystème entrepreneurial espagnol. Les incitations fiscales destinées aux investisseurs, aux fondateurs et aux salariés de startups, conjuguées à la simplification administrative pour la création d’entreprises, ont considérablement amélioré le cadre concurrentiel de l’Espagne dans le contexte européen.
Analyse Sectorielle
Industrie et manufacture : La combinaison de la crise énergétique, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la hausse des coûts des matières premières a soumis le secteur manufacturier à une sévère pression sur les marges. Les entreprises disposant d’une plus grande capacité à répercuter les coûts sur les prix finaux ou bénéficiant de contrats énergétiques à long terme s’en sont mieux sorties. Le nearshoring d’une partie de la production depuis l’Asie s’est accéléré en réponse stratégique à la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Immobilier et construction : Le secteur a connu une dualité : le résidentiel a affiché une bonne tenue au premier semestre, porté par la demande refoulée et l’inflation incitant à investir dans des actifs réels ; mais la hausse des coûts hypothécaires au second semestre a considérablement refroidi la demande. L’immobilier tertiaire (bureaux, logistique, commerce) a poursuivi son repositionnement, avec la logistique du dernier kilomètre comme actif le plus recherché.
Fintech et services financiers : Le secteur fintech a connu une correction après l’exubérance de 2021, avec des tours de financement plus rares et des valorisations en baisse. Toutefois, les entités les plus solides ont mis à profit cette correction pour réaliser des acquisitions stratégiques.
Évolutions Réglementaires
La transition énergétique a accéléré son développement réglementaire, avec le Plan National Intégré Énergie et Climat (PNIEC) révisé à la hausse dans ses objectifs et des enchères renouvelables actives. Les sociétés cotées et les grandes entreprises ont dû se préparer à l’entrée en vigueur des nouvelles normes européennes de reporting en matière de durabilité (ESRS) dans le cadre de la directive CSRD.
La Ley de Startups a ouvert de nouvelles perspectives pour la planification stratégique des entreprises en phase de développement précoce.
Perspectives
La clôture de l’année 2022 a laissé un paysage macroéconomique incertain. L’inflation montrait des signes de décélération, mais les taux d’intérêt restaient à des niveaux inédits depuis la crise de l’euro. Les perspectives de croissance pour 2023 étaient modestes, avec le tourisme et la consommation intérieure comme principaux moteurs d’une économie en quête de son nouvel équilibre post-pandémie et post-crise énergétique.
Notre équipe de conseil stratégique et M&A a continué d’accompagner ses clients dans la navigation d’un environnement de complexité croissante, en privilégiant la résilience et la création de valeur durable à long terme.