Aller au contenu

Asset Deal ou Share Deal en Espagne: la décision fiscale qui déplace le plus d'argent dans une cession d'entreprise

Comparatif fiscal entre l'achat d'actifs (asset deal) ou de titres (share deal) lors d'une acquisition d'entreprise en Espagne: IS, TVA, ITP, BINs et garanties pour acheteur et vendeur.

Cession d'actifs (Asset Deal)

Avantages

  • L'acheteur acquiert une ardoise vierge: les risques fiscaux, sociaux et commerciaux de la société vendeur ne se transfèrent pas sauf accord exprès
  • L'acheteur peut allouer le prix d'acquisition entre les actifs (Purchase Price Allocation) et amortir le fonds de commerce sur 10 ans, réduisant l'IS futur (art. 12.2 LIS)
  • Permet d'acquérir uniquement les actifs rentables, en laissant de côté les passifs, contrats onéreux ou litiges non souhaités
  • Pour les transmissions de branches d'activité autonomes, possible exonération de TVA (art. 7.1 LIVA), simplifiant la transaction
  • Le vendeur est libéré des responsabilités de l'activité depuis la clôture sans maintenir la société opérationnelle active

Inconvénients

  • Le vendeur est imposé sur les gains comme revenus d'entreprise en IS ou en base générale de l'IRPF (jusqu'à 47 %); sans exonération de l'art. 21 LIS
  • Les contrats avec des tiers requièrent un consentement exprès pour la cession, ce qui peut bloquer la clôture ou faire perdre des contrats clés
  • Les BINs (bases imposables négatives) accumulées dans la société vendeuse ne se transfèrent pas à l'acheteur
  • Complexité opérationnelle plus importante: il faut inventorier et transmettre chaque actif individuellement
  • ITP (modalité transmissions onéreuses) applicable sur certains éléments (immeubles); AJD si acte notarié

Cession de titres (Share Deal)

Avantages

  • Le vendeur société avec participation ≥ 5 % maintenue ≥ 1 an applique l'exonération de 95 % sur la plus-value (art. 21 LIS): imposition effective de 1,25 %
  • Les contrats, licences, relations sociales et autorisations restent dans la société sans nécessité de cession ni de renégociation
  • Les BINs accumulées dans la société se conservent pour l'acheteur (sous réserve de l'art. 26.4 LIS anti-abus)
  • La transmission de titres est généralement exonérée d'ITP et de TVA (art. 314 TRLMV)
  • Opérationnellement simple: un seul acte de transmission de participations, sans ré-enregistrer les actifs individuellement

Inconvénients

  • L'acheteur assume tous les risques fiscaux, sociaux et commerciaux historiques de la société, y compris ceux non révélés en due diligence
  • Impossible de procéder à la PPA ni d'amortir le fonds de commerce implicite: le surprix ne génère pas de bouclier fiscal futur
  • Le prix d'acquisition des titres n'est pas déductible dans l'IS de l'acheteur jusqu'à la transmission ultérieure
  • Nécessite une due diligence fiscale exhaustive et des warranties contractuelles solides pour couvrir les risques cachés
  • L'art. 314.2 TRLMV impose l'ITP si l'objet réel est le contrôle d'une société immobilière (>50 % actifs en immeubles non affectés)

Notre avis

La règle d'or: l'asset deal favorise l'acheteur (ardoise vierge, bouclier fiscal via amortissement du fonds de commerce); le share deal favorise le vendeur qui est une société avec exonération de l'art. 21 LIS ou qui doit transmettre des contrats et licences non cessibles. Pour les opérations entre particuliers ou lorsque le vendeur personne physique n'a pas d'exonération applicable, la différence se réduit et l'analyse au cas par cas est indispensable.

La décision entre asset deal et share deal dans une acquisition d’entreprise en Espagne est l’une des plus importantes sur le plan fiscal. Elle détermine qui paye quoi, combien, et sur quelle base — et les deux parties à la transaction ont généralement des intérêts opposés.

La règle d’or: qui favorise quoi?

L’asset deal favorise l’acheteur: ardoise vierge sans risques historiques + amortissement du fonds de commerce + possibilité de sélectionner les actifs.

Le share deal favorise le vendeur société: exonération de 95 % sur la plus-value via l’art. 21 LIS (taux effectif 1,25 %) + transmission des contrats sans renegociation + simplicité opérationnelle.

Pour le vendeur personne physique sans accès à l’art. 21 LIS, la différence est moins marquée et l’analyse doit être faite au cas par cas.

L’impact de la TVA et de l’ITP

En asset deal: si la transmission comprend des immeubles, l’ITP (6-11 % selon la communauté autonome) s’applique sauf si le vendeur renonce à l’exonération de TVA et que l’acheteur peut déduire l’intégralité de la TVA. Si la transmission porte sur une branche d’activité autonome (art. 7.1 LIVA), l’opération peut être hors du champ de la TVA.

En share deal: la transmission de titres est généralement exonérée d’ITP et de TVA (art. 314 TRLMV), sauf si la société est en réalité une société immobilière (règle anti-abus de l’art. 314.2 TRLMV).

Pourquoi la due diligence fiscale est indispensable en share deal

En share deal, l’acheteur hérite de tous les risques fiscaux historiques de la cible: IS, TVA, retenues, prix de transfert, BINs. La due diligence fiscale identifie et quantifie ces risques pour négocier les mécanismes contractuels adéquats dans le SPA: ajustement de prix, indemnité fiscale ou escrow.

FAQ

Questions fréquentes

Parce que l'exonération de l'art. 21 LIS permet à une société vendeuse qui détient une participation de ≥ 5 % depuis ≥ 1 an d'exonérer 95 % de la plus-value réalisée. L'imposition effective n'est que de 1,25 % (5 % non exonéré × 25 % d'IS). En asset deal, la société vendeuse serait imposée sur la plus-value au taux d'IS général (25 %), soit 20 fois plus que via le share deal avec exonération. Pour un vendeur personne physique qui ne bénéficie pas de cette exonération, l'avantage est moins marqué.
Parce qu'il acquiert une ardoise vierge — sans risques fiscaux ou légaux historiques de la société — et peut allouer le prix entre les actifs (PPA). L'amortissement du fonds de commerce (goodwill) sur 10 ans (art. 12.2 LIS) génère un bouclier fiscal significatif: si le fonds de commerce est de 1 M€, l'amortissement de 100 000 €/an réduit la base IS de l'acheteur pendant 10 ans, avec une économie de 25 000 €/an (à 25 % d'IS). En share deal, le surprix payé au-dessus de la valeur comptable des actifs nets (goodwill implicite) n'est pas amortissable.
La PPA est l'allocation du prix de cession global entre les différents actifs acquis selon leur valeur de marché: immeubles, matériels, brevets, clientèle, goodwill résiduel. Cette allocation détermine la base amortissable de chaque actif et, donc, l'économie fiscale future de l'acheteur. Un immeuble peut s'amortir sur 33 ans (3 % annuel), du matériel sur 5-10 ans, un brevet sur sa durée légale, et le goodwill sur 10 ans. Une PPA bien structurée maximise les amortissements sur les actifs à durée de vie courte et minimise ceux sur les actifs à longue durée.
Oui, en principe. En share deal, la société cible conserve ses BINs. Cependant, l'art. 26.4 LIS prévoit une limitation anti-abus: si la majorité du capital de la société passe à des mains différentes et que la société est «inactive» (revenus d'exploitation nuls ou nets quasi-nuls dans les deux exercices précédant l'acquisition), les BINs sont perdues. Cette règle vise à empêcher l'acquisition de sociétés «coquilles à BINs» purement pour leur crédits fiscaux. BMC vérifie systématiquement l'applicabilité de cette règle dans la due diligence.
L'art. 314.2 du Texto Refundido de la Ley del Mercado de Valores prévoit que la transmission de titres est soumise à l'ITP (comme si c'était une transmission ordinaire d'actifs) lorsque: la société cible a son actif composé à plus de 50 % par des immeubles situés en Espagne non affectés à une activité économique, et l'acquéreur obtient le contrôle de la société. Cette règle anti-abus vise à empêcher d'utiliser une cession de titres pour transmettre un patrimoine immobilier en évitant l'ITP. BMC vérifie systématiquement la composition de l'actif de la cible.

Demandez une consultation personnalisée

Nos experts sont prêts à analyser votre situation et vous proposer des solutions sur mesure.

Services
Contact
Insights