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ZEC Îles Canaries : Guide Complet 2026 — Impôt sur les Sociétés à 4 %, Conditions et Date Limite

Guide complet sur la Zona Especial Canaria (ZEC) : taux d'impôt sur les sociétés de 4 %, conditions d'inscription, obligations de création d'emplois, comparaison avec Madère, l'Irlande et Malte, et date limite d'inscription au 31 décembre 2026.

15 min de lecture

La Zona Especial Canaria (ZEC) offre le taux d'Impôt sur les Sociétés le plus bas de tous les régimes pleinement conformes au droit de l'Union européenne : **4 %** sur la base imposable générée aux Îles Canaries. La fenêtre d'inscription se ferme le **31 décembre 2026**, sans possibilité de prolongation. Après cette date, les entreprises qui ne seront pas déjà inscrites auront définitivement manqué cette opportunité — et le processus complet, de la première consultation à l'inscription effective, prend entre quatre et six mois.

Ce guide analyse en détail ce qu’est la ZEC, qui peut y adhérer, comment fonctionne le taux réduit, quelles sont les obligations en matière d’emploi, les étapes du processus d’inscription, et pourquoi la ZEC surpasse les autres régimes européens en termes d’avantage fiscal effectif.

Cadre Juridique : Loi 19/1994 et Aides d’État Européennes

La ZEC a été créée par la Loi 19/1994 du 6 juillet, portant modification du Régime Économique et Fiscal des Îles Canaries (REF). Son fondement juridique européen repose sur l’article 349 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE), qui reconnaît le statut particulier des régions ultrapériphériques et permet à l’UE d’autoriser des régimes d’aides différenciés pour compenser leurs handicaps structurels.

La Commission européenne a initialement autorisé le régime ZEC par la Décision C(2000)1840 en tant qu’aide d’État compatible avec le marché intérieur. Des renouvellements successifs ont maintenu une couverture juridique continue. L’autorisation actuelle couvre l’inscription de nouvelles entités jusqu’au 31 décembre 2026 et l’activité des entités déjà inscrites jusqu’au 31 décembre 2027.

Le principal règlement d’application est le Décret Royal 12/2006 du 13 janvier, approuvant le Règlement du Consortium ZEC. Ce texte régit l’organe de gestion, la procédure de demande, les exigences de vérification annuelle et les motifs de radiation du registre. Les règles substantielles en matière d’Impôt sur les Sociétés pour les entités ZEC sont énoncées aux articles 28 à 50 de la Loi 19/1994, telle que modifiée par les Lois de Finances successives et désormais intégrée dans la Loi 27/2014 relative à l’Impôt sur les Sociétés.

Le Taux de 4 % : Fonctionnement Pratique

Le taux réduit de 4 % ne remplace pas le taux standard de l’IS sur l’ensemble de la base imposable de l’entité. Il s’applique sur une base imposable spéciale ZEC (BI-ZEC) qui doit être calculée séparément et qui est soumise à plusieurs plafonds :

La Base Imposable Spéciale ZEC

La BI-ZEC couvre uniquement les revenus provenant d’opérations physiquement réalisées aux Îles Canaries avec des clients non eux-mêmes inscrits à la ZEC. Sont exclues de la BI-ZEC :

  • Les revenus générés en dehors des îles (ventes à des clients péninsulaires par le biais d’opérations réellement menées sur le continent)
  • Les transactions entre entités inscrites à la ZEC (qui sont imposées au taux standard)
  • Les revenus financiers non inhérents à l’activité autorisée

Une entité ZEC doit tenir une comptabilité analytique lui permettant de segmenter son activité et de démontrer quel pourcentage de ses revenus relève du périmètre ZEC. Il s’agit de l’un des domaines les plus sensibles lors des contrôles de l’AEAT portant sur les entités ZEC.

Plafonds Quantitatifs par Niveau d’Emploi (Article 43 de la Loi 19/1994)

Le montant maximum de BI-ZEC soumis au taux de 4 % dépend du nombre de salariés maintenus aux Îles Canaries :

Salariés aux Îles CanariesBase maximale imposée à 4 %
5 – 81 800 000 €
9 – 112 500 000 €
12 – 143 100 000 €
15 – 173 600 000 €
18 – 204 200 000 €
21 – 244 900 000 €
25 – 295 400 000 €
30+5 400 000 € + 485 000 € par salarié supplémentaire

La BI-ZEC excédant le plafond est imposée au taux standard de 25 % (ou à 15 % pour les nouvelles entreprises au cours de leurs deux premiers exercices bénéficiaires). Tous les autres revenus de l’entité en dehors de la BI-ZEC sont également imposés au taux général.

Économie Fiscale : Un Exemple Chiffré

Une entreprise de logiciels dont le siège est à Las Palmas, employant 7 salariés et réalisant 2 millions d’euros de bénéfice annuel attribuable à l’activité ZEC :

  • Avec ZEC : 1 800 000 € × 4 % = 72 000 € + 200 000 € × 25 % = 50 000 € → impôt total : 122 000 €
  • Sans ZEC (taux standard) : 2 000 000 € × 25 % = impôt total : 500 000 €
  • Économie annuelle : 378 000 €

Compatibilité avec les Autres Incitations du REF

La ZEC ne fonctionne pas de manière isolée. Le Régime Économique et Fiscal des Îles Canaries offre un ensemble d’incitations cumulables qui augmentent considérablement l’avantage total :

Réserve d’Investissement des Canaries (RIC). Elle permet de déduire jusqu’à 90 % des bénéfices non distribués affectés à des investissements dans l’archipel dans un délai de quatre ans. La combinaison ZEC + RIC peut réduire la base soumise au taux de 4 % à un niveau proche de zéro pour les entreprises disposant d’une forte capacité de réinvestissement.

Déduction pour Investissement aux Canaries. Les investissements en actifs fixes neufs génèrent une déduction d’Impôt sur les Sociétés pouvant atteindre 25 % (contre 10 % en régime standard), plafonnée à 50 % de la cotisation brute ajustée. Cette déduction est compatible avec le taux de 4 %.

IGIC. L’Impôt Général Indirect des Canaries — l’équivalent local de la TVA, avec un taux standard de 7 % — ne s’applique pas aux exportations ni aux transactions intracommunautaires. Les entités ZEC qui facturent principalement à des clients situés hors des Îles Canaries bénéficient d’un environnement fiscal indirect nettement plus léger.

Zone Franche de Las Palmas. Les entreprises exerçant des activités d’entreposage et de distribution peuvent combiner les avantages fiscaux de la ZEC avec le régime douanier de la zone franche, en différant ou en exonérant les droits d’importation sur les marchandises destinées à la réexportation.

Activités Éligibles : Quelles Entreprises Peuvent S’Inscrire ?

La Loi 19/1994 établit une liste fermée d’activités autorisées pour la ZEC. Les principales catégories éligibles sont :

  • Industrie manufacturière (à l’exclusion des activités destinées au marché de consommation local des Canaries)
  • Technologie et informatique : développement de logiciels, applications, cybersécurité, services cloud, télécommunications
  • Recherche, Développement et Innovation (R&D&I)
  • Services aux entreprises : conseil, ingénierie, conseil financier, services juridiques
  • Contenu numérique et publicité
  • Commerce international et logistique : distribution et entreposage pour l’exportation
  • Transport maritime et activités portuaires auxiliaires
  • Activités environnementales liées à la gestion des déchets ou aux énergies renouvelables

Sont exclues du régime :

  • Les activités financières réglementées (banque, assurance, fonds d’investissement)
  • L’immobilier et la construction résidentielle destinée à la vente locale
  • Le commerce de détail au consommateur final canarien
  • La production et la distribution d’énergie pour le marché intérieur des Canaries

Pour les cas limites, le Consortium ZEC émet des avis préalables non contraignants sur l’éligibilité avant le dépôt de la demande formelle.

Conditions d’Inscription : Les Exigences Réelles

1. Siège Social et Direction Effective aux Îles Canaries

L’entité doit avoir son domicile fiscal et son siège social dans le périmètre géographique de la ZEC (l’archipel des Canaries) et la direction et le contrôle effectifs de l’entreprise doivent être exercés depuis les îles. L’AEAT se montre particulièrement vigilante quant au respect substantiel de cette exigence : il ne suffit pas d’immatriculer une société à Las Palmas si la direction effective opère depuis Madrid ou Barcelone.

En pratique, cela suppose qu’au moins un administrateur disposant de fonctions exécutives réside aux Îles Canaries et que les organes de gouvernance tiennent leurs réunions ordinaires dans l’archipel. Lorsqu’une filiale canarienne d’une société mère péninsulaire est constituée, l’indépendance formelle de gestion entre les deux entités doit être réelle et documentable.

2. Emploi Minimum : 5 sur les Îles Principales, 3 sur les Îles Mineures

Le minimum d’emploi est l’exigence la plus étroitement contrôlée lors des procédures d’inscription et de suivi. Les conditions exactes sont :

  • Au moins 5 salariés si l’entité est basée à Gran Canaria ou Tenerife
  • Au moins 3 salariés pour Lanzarote, Fuerteventura, La Palma, La Gomera ou El Hierro
  • Les contrats doivent être des contrats de travail (salariés), à temps plein
  • Les salariés doivent résider et travailler physiquement aux Îles Canaries, et non à distance depuis le continent
  • Le minimum doit être atteint dans la première année d’activité et maintenu tout au long du régime

Un administrateur résident peut compter parmi les salariés requis s’il existe une relation de travail formelle et qu’il satisfait aux exigences de résidence et de dévouement.

3. Investissement Minimum en Actifs Fixes aux Îles Canaries

  • 100 000 € en actifs fixes situés aux Îles Canaries pour les entités basées à Gran Canaria ou Tenerife
  • 50 000 € pour les entités situées sur les îles mineures

Cet investissement peut prendre la forme d’équipements, d’installations, de mobilier de bureau, de matériel informatique ou de biens immobiliers. Les actifs purement financiers et les simples apports en capital sans actifs corporels correspondants situés dans l’archipel ne sont pas acceptés.

4. Activité Économique Réelle : Exigence de Substance

L’article 44 de la Loi 19/1994 exige que les opérations générant la BI-ZEC soient réalisées physiquement aux Îles Canaries. Cela implique une exigence de substance économique réelle : l’entité doit disposer de ses propres moyens humains et matériels pour exercer son activité sur les îles, et ne peut se contenter de facturer depuis une boîte aux lettres canarienne des opérations effectivement menées ailleurs.

L’AEAT a considérablement intensifié les contrôles sur cette exigence ces dernières années, en particulier pour les entreprises de services numériques qui tentent de se domicilier aux Îles Canaries sans transférer effectivement une partie de leur équipe de production ou de prestation de services sur les îles.

Le Processus d’Inscription : Phases et Délais Réels

L’inscription au Registre Officiel des Entités de la ZEC implique une procédure formelle devant deux organes distincts — le Consortium ZEC et l’AEAT — avec un délai total de quatre à six mois dans des conditions normales.

Phase 1 : Rapport Préalable du Consortium ZEC (4 à 8 semaines)

Un mémoire descriptif est soumis au Consortium ZEC (Las Palmas de Gran Canaria) contenant :

  • Une description détaillée de l’activité prévue et des produits ou services à commercialiser
  • Un plan d’affaires avec des projections financières à trois ans
  • Un plan d’investissement en actifs fixes aux Îles Canaries
  • Un plan d’emploi : nombre de postes, profils, calendrier de recrutement
  • La documentation sociale (statuts constitutifs ou d’adaptation, numéro d’identification fiscale)
  • L’identification des administrateurs et la justification de leur résidence aux Îles Canaries

Le Consortium émet un avis obligatoire sur l’éligibilité de l’activité. Cet avis ne lie pas l’AEAT, mais constitue un préalable à la demande formelle. Le délai est de quatre à huit semaines, bien qu’il puisse s’étendre en période de forte demande (typiquement le second semestre de l’année limite).

Phase 2 : Constitution ou Adaptation de la Société (2 à 6 semaines)

Pour les nouvelles sociétés, une SA ou SL espagnole doit être constituée avec une adresse de siège social aux Îles Canaries devant un notaire canarien. Pour une société péninsulaire existante, les options sont :

  • La constitution d’une filiale canarienne (SL nouvellement constituée, détenue à 100 %) : l’option la plus propre en termes de séparation patrimoniale et de substance économique
  • Le transfert du siège social de la société existante aux Îles Canaries : viable mais nécessite une résolution des actionnaires et un respect rigoureux de la substance dès le premier jour
  • La transformation d’une succursale ou d’un établissement stable aux Canaries en entité indépendante : moins courante et fiscalement plus complexe

Dans tous les cas impliquant un groupe, il est essentiel de documenter les relations intragroupe et de vérifier que les prix de transfert respectent le principe de pleine concurrence (art. 18 de la Loi relative à l’Impôt sur les Sociétés), car le différentiel de taux entre une entité ZEC (4 %) et une société mère péninsulaire (25 %) crée des incitations au transfert de bénéfices que l’AEAT surveillera de près.

Phase 3 : Demande Formelle auprès du Bureau de l’AEAT aux Canaries (jusqu’à 3 mois)

La demande d’inscription est déposée auprès de la Délégation Spéciale de l’AEAT aux Îles Canaries accompagnée de :

  • Le rapport du Consortium ZEC
  • L’acte de constitution ou d’adaptation
  • Les certificats de résidence des salariés (ou contrats de travail signés)
  • La preuve documentaire de l’investissement en actifs fixes (réalisé ou engagé)
  • La preuve de la résidence effective des administrateurs aux Îles Canaries

L’AEAT dispose de trois mois pour statuer. Le silence administratif vaut rejet, nécessitant un recours administratif si le délai expire sans décision expresse.

Phase 4 : Début d’Activité et Inscription Opérationnelle

Une fois l’inscription accordée, l’entité doit :

  • Commencer son activité dans l’année suivant l’inscription
  • Satisfaire aux exigences d’emploi et d’investissement avant la fin du premier exercice
  • Notifier à l’AEAT tout changement significatif (changement d’activité, réduction des effectifs, cession d’actifs)

Le non-respect des exigences d’emploi ou d’investissement au cours de la première année entraîne la radiation automatique du registre et la régularisation de l’Impôt sur les Sociétés appliqué au taux réduit.

Comparaison Internationale : ZEC vs. Madère vs. Irlande vs. Malte

La ZEC n’opère pas dans un vide concurrentiel. Plusieurs régimes européens rivalisent pour attirer l’investissement international avec des taux réduits d’impôt sur les sociétés. Voici la comparaison actualisée pour 2026 :

ParamètreZEC (Espagne)Madère (Portugal)IrlandeMalte
Taux effectif d’IS4 %5 %12,5 %~5 % (via remboursement 6/7)
Base géographiqueOpérations aux CanariesOpérations à Madère/AçoresIS intégralIS intégral
Emploi minimum5 (îles principales) / 3 (mineures)1–5 (variable)Aucun (régime général)Aucun formellement
Investissement minimum100 000 € / 50 000 €75 000 €AucunAucun
Plafond de base à taux réduitOui (proportionnel à l’emploi)Oui (2,73 M€ par salarié)NonNon
Impact du Pilier DeuxConcerné si groupe > 750 M€ CAConcernéNon (déjà ≥ 15 %)Concerné
Réseau de conventions fiscales100+ (réseau espagnol)~80 (réseau portugais)75+~75
Risque de liste noire UEFaible (régime notifié)FaibleFaibleFaible
Contrôle de la Commission européenneModéréModéréÉlevé (contentieux OCDE)Croissant

Avantages concurrentiels de la ZEC par rapport aux alternatives :

La ZEC présente le taux effectif le plus bas (4 %) de tous les régimes en territoire européen lorsque la base imposable ne dépasse pas les plafonds par salarié. Contrairement à Malte, elle n’introduit aucune complexité opérationnelle ni structure offshore. Contrairement à l’Irlande, l’avantage fiscal est nettement supérieur pour les entreprises de taille intermédiaire. Le réseau conventionnel fiscal espagnol est plus étendu que celui du Portugal, ce qui simplifie le rapatriement des dividendes et l’élimination des retenues à la source.

Limitation pour les grands groupes multinationaux :

Les groupes dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’euros sont soumis à l’Impôt Minimum Mondial du Pilier Deux (Loi 7/2024, en vigueur depuis 2024), qui impose un taux effectif minimum mondial de 15 %. Pour ces groupes, l’écart entre les 4 % de la ZEC et le plancher de 15 % du Pilier Deux est perçu au niveau de la société mère. L’analyse coût-bénéfice reste favorable dans la plupart des cas — la ZEC génère des économies sur l’impôt espagnol à la source qui ne sont que partiellement compensées par le complément du Pilier Deux — mais nécessite une modélisation spécifique au groupe.

Pour les entreprises en dessous du seuil du Pilier Deux — la grande majorité des PME et des entreprises internationales de taille intermédiaire — la ZEC conserve l’intégralité de son avantage.

L’Atout de BMC : Une Base à Las Palmas

BMC dispose d’une équipe fiscale et juridique avec une base opérationnelle à Las Palmas de Gran Canaria, ce qui nous permet d’accompagner nos clients tout au long du processus d’inscription à la ZEC avec la connaissance locale que ce type d’opération requiert :

  • Gestion de la relation avec le Consortium ZEC et préparation du mémoire descriptif
  • Constitution de l’entité ZEC devant un notaire à Gran Canaria
  • Dépôt auprès de l’AEAT des Canaries et suivi de la demande jusqu’à sa résolution
  • Conception de la structure de prix de transfert entre l’entité ZEC et les sociétés du groupe
  • Conformité fiscale annuelle pour satisfaire aux exigences continues d’emploi, d’investissement et de substance
  • Modélisation de l’économie fiscale combinée ZEC + RIC + déductions pour investissement

La date limite de décembre 2026 laisse un temps limité. Le processus complet prend entre quatre et six mois ; les entreprises qui attendront le second semestre 2026 s’exposent à un risque réel de ne pas finaliser la procédure à temps.

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