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Déclarer l'impôt sur le revenu en Espagne en tant qu'expatrié : guide IRPF 2026

Guide complet pour déclarer votre impôt sur le revenu espagnol (IRPF) en 2026 en tant qu'expatrié ou ressortissant étranger : règles de résidence fiscale, échéances de déclaration, option Ley Beckham, déductions et procédure étape par étape.

25 min de lecture

Chaque printemps, l'administration fiscale espagnole (l'AEAT) ouvre la campagne de déclaration de l'impôt sur le revenu — et pour les expatriés et ressortissants étrangers vivant en Espagne, cette période est souvent la plus déroutante de l'année. Quel formulaire devez-vous remplir ? Devez-vous déclarer vos revenus mondiaux ou uniquement ceux perçus en Espagne ? Pouvez-vous encore bénéficier de la Ley Beckham ? Qu'advient-il de votre compte d'épargne à l'étranger ? Ce guide répond à toutes ces questions de manière claire et accessible, couvrant l'ensemble du processus, depuis la détermination de votre statut de résidence fiscale jusqu'au dépôt de votre déclaration en ligne — avec les dates de la campagne 2026, les tranches d'imposition en vigueur et les erreurs les plus courantes qui coûtent de l'argent aux contribuables internationaux.

1. La résidence fiscale en Espagne : le fondement de tout

Avant de pouvoir déclarer quoi que ce soit, vous devez établir un fait fondamental : êtes-vous résident fiscal espagnol ou non-résident ? La réponse détermine le formulaire que vous devez remplir, les revenus à déclarer et les taux qui vous sont applicables. Le droit fiscal espagnol (Ley 35/2006, LIRPF) établit trois critères indépendants. Le fait d’en remplir un seul fait de vous un résident fiscal à part entière pour l’intégralité de l’année civile — il n’existe pas de prorata ni de résidence partielle en droit espagnol.

La règle des 183 jours

Si vous avez été physiquement présent en Espagne pendant plus de 183 jours au cours de l’année 2025, vous êtes résident fiscal espagnol pour cette année. Les jours d’absence temporaire comptent comme des jours passés en Espagne, sauf si vous pouvez démontrer une résidence fiscale effective dans un autre pays au moyen d’un certificat officiel de résidence fiscale délivré par l’administration fiscale de ce pays. Le décompte des jours inclut chaque jour où vous avez mis le pied en Espagne, quelle que soit la raison de votre présence.

Note pratique pour les expatriés ayant un double domicile : Si vous partagez votre temps entre l’Espagne et un autre pays sans que l’un ne dépasse 183 jours, vous n’êtes pas automatiquement résident fiscal espagnol au titre de ce critère — mais vous pouvez néanmoins remplir les critères ci-dessous.

Le centre des intérêts vitaux ou économiques

Même si vous avez passé moins de 183 jours en Espagne, vous pouvez tout de même être considéré comme résident fiscal espagnol si l’Espagne est le pays où se situe le noyau de vos intérêts économiques. Cela signifie le pays dans lequel vous exercez votre activité professionnelle principale, où se trouvent vos actifs les plus significatifs, ou d’où provient votre principale source de revenus. Ce critère est particulièrement pertinent pour les indépendants et les travailleurs à distance qui partagent leur temps entre plusieurs pays mais dont le client principal, l’employeur ou la source de revenus professionnels se trouve en Espagne.

La présomption des liens familiaux

Si votre conjoint non légalement séparé et/ou vos enfants mineurs à charge sont résidents fiscaux espagnols, l’AEAT présume que vous l’êtes également. Cette présomption est réfragable — vous pouvez la contester avec des justificatifs — mais la charge de la preuve repose sur vous, et non sur l’administration fiscale. Se séparer de facto de votre famille résidant en Espagne sans formaliser la séparation légale ne supprime pas cette présomption.

Ce que la résidence fiscale implique en pratique

Votre statutCe que vous déclarezFormulaire
Résident fiscal (régime ordinaire)Revenus mondiaux — salaires, loyers, dividendes, pensions, plus-values, quel que soit le pays d’origineModelo 100
Bénéficiaire de la Ley BeckhamRevenus de source espagnole uniquement, taux fixe de 24 %Modelo 151
Non-résidentRevenus de source espagnole uniquement, par opérationModelo 210

Dès lors que vous devenez résident fiscal espagnol, tous les revenus de tous les pays entrent dans la base imposable espagnole. Vos cotisations de retraite australiennes, vos revenus locatifs au Royaume-Uni, vos dividendes d’un compte-titres aux États-Unis — tout doit être déclaré dans votre déclaration espagnole. Les conventions de double imposition vous évitent de payer l’impôt deux fois sur le même revenu, mais la déclaration est obligatoire dans tous les cas.

Quand devenez-vous résident fiscal ?

L’Espagne fonctionne sur la base de l’année civile. Vous devenez résident fiscal pour une année donnée dès le 1er janvier de cette année si vous avez rempli l’un des trois critères au cours de l’année précédente — ou, concrètement, au moment où vous franchissez le seuil des 183 jours durant l’année en cours. Cela a une conséquence importante : si vous avez déménagé en Espagne en, par exemple, octobre 2024 et que vous avez rapidement atteint 183 jours, vous étiez déjà résident fiscal espagnol pour toute l’année 2024, ce qui signifie que les revenus perçus en janvier 2024 — avant même votre arrivée — entrent dans la base imposable espagnole.

2. Qui doit déclarer — et pourquoi il peut être avantageux de déclarer même sans obligation

Seuils de déclaration obligatoire

En tant que résident fiscal espagnol en 2025, vous êtes tenu de déposer une déclaration IRPF (modelo 100) si l’une des conditions suivantes est remplie :

  • Les revenus d’emploi provenant d’un seul employeur dépassent 22 000 € bruts.
  • Les revenus d’emploi provenant de plusieurs employeurs, lorsque le deuxième employeur et les suivants ont versé plus de 1 500 €, et que le total des revenus d’emploi dépasse 15 876 €.
  • Les plus-values ou moins-values dépassent 1 600 €.
  • Les revenus locatifs imputés (rentas imputadas de inmuebles) et autres revenus dépassent 1 000 € au total.
  • Vous avez perçu l’Ingreso Mínimo Vital (revenu minimum vital).
  • Vous avez effectué des apports à des patrimoines protégés de personnes handicapées.
  • Vous êtes assujetti à l’impôt sur la fortune.

Pourquoi déclarer en dessous des seuils peut être avantageux

Même si vous vous situez en dessous de tous les seuils mentionnés ci-dessus, il peut être dans votre intérêt de déclarer volontairement. C’est le cas lorsque :

  • Votre employeur a appliqué des retenues à la source (retenciones) tout au long de l’année — la déclaration est le seul moyen de récupérer les retenues excédentaires sous forme de remboursement.
  • Vous avez eu des dépenses déductibles significatives qui entraîneraient un résultat fiscal négatif.
  • Vous constituez un historique en vue de demandes de prêt hypothécaire ou de renouvellement de visa nécessitant des certificats de déclaration fiscale (certificado de la declaración de la renta).
  • Vous devez déclarer des actifs à l’étranger via le modelo 720 ou le modelo 721, qui sont toujours obligatoires, indépendamment de votre obligation IRPF.

3. Tranches d’imposition IRPF pour 2026 (revenus 2025)

L’IRPF espagnol est un impôt progressif appliqué à la base imponible general — votre base imposable générale, qui comprend les revenus d’emploi, les revenus locatifs et les revenus d’activités économiques. Il existe un barème distinct pour les revenus de l’épargne (base imponible del ahorro), qui couvre les dividendes, les intérêts et les plus-values.

Barème des revenus généraux (État + communauté autonome)

Les tranches ci-dessous correspondent au barème national de l’État. Chaque communauté autonome (Comunidad Autónoma) applique son propre barème complémentaire, qui ajoute un montant approximativement similaire. Les taux effectifs combinés indiqués ici sont des approximations — votre taux réel dépend de votre région de résidence.

Revenu imposable (€)Taux étatiqueTaux combiné approx. (moyenne ES)
0 – 12 4509,5 %~19 %
12 451 – 20 20012 %~24 %
20 201 – 35 20015 %~30 %
35 201 – 60 00018,5 %~37 %
60 001 – 300 00022,5 %~45 %
Au-delà de 300 00024,5 %~47 %

Le taux combiné maximal de 47 % (et plus élevé dans certaines régions, comme les 50 % de la Catalogne) ne s’applique qu’aux revenus dépassant 60 000 € au niveau national, certaines communautés disposant de tranches supplémentaires.

Les abattements personnels et familiaux réduisent la base imposable avant l’application de ces taux. L’abattement personnel général est de 5 550 €, porté à 6 700 € pour les contribuables de 65 ans et plus et à 8 100 € pour ceux de 75 ans et plus. Chaque enfant à charge réduit la base imposable d’un montant compris entre 2 400 € et 4 500 € selon le rang de naissance, avec des abattements supplémentaires pour les personnes à charge en situation de handicap.

Barème des revenus de l’épargne

Les plus-values, dividendes, intérêts et revenus de produits d’assurance sont imposés selon un barème distinct et plus favorable :

Revenus de l’épargne (€)Taux d’imposition
0 – 6 00019 %
6 001 – 50 00021 %
50 001 – 200 00023 %
200 001 – 300 00027 %
Au-delà de 300 00028 %

Ces taux s’appliquent uniformément dans toutes les communautés autonomes — les revenus de l’épargne ne sont pas soumis aux taux complémentaires régionaux.

4. L’option Ley Beckham : taux fixe de 24 % pour les nouveaux résidents

Si vous avez déménagé en Espagne pour des raisons professionnelles au cours des six dernières années et que vous n’étiez pas résident fiscal espagnol durant les cinq années précédentes, vous pouvez être éligible au Régime spécial pour les travailleurs impatriés — universellement connu sous le nom de Ley Beckham, du nom du footballeur qui en a bénéficié lors de son transfert au Real Madrid. Il s’agit de loin de l’avantage fiscal le plus significatif offert aux expatriés s’installant en Espagne, et il convient de prendre un moment pour le comprendre avant de présumer que vous devez payer les taux progressifs.

Ce que la Ley Beckham vous offre

  • Un taux fixe de 24 % sur les revenus d’emploi et professionnels de source espagnole jusqu’à 600 000 € (les revenus au-delà de ce seuil sont imposés à 47 %).
  • L’exclusion des revenus de source étrangère de la base imposable espagnole pendant les six premières années de résidence.
  • Les revenus de l’épargne (dividendes, intérêts, plus-values) imposés aux taux standards de l’épargne (19–28 %).

Pour un cadre dirigeant percevant 150 000 €, la Ley Beckham permet généralement d’économiser entre 25 000 € et 40 000 € par an par rapport au barème progressif standard.

Qui est éligible

  • Vous n’avez pas été résident fiscal espagnol au cours des cinq années précédant immédiatement votre installation en Espagne.
  • Vous avez déménagé en Espagne pour exercer une activité salariée spécifique dans le cadre d’un contrat avec une entreprise espagnole (y compris en tant que dirigeant d’une entité espagnole dont vous ne détenez pas plus de 25 %), ou pour effectuer du travail à distance pour un employeur non espagnol, ou en tant qu’entrepreneur dans le cadre de la Ley de Startups.
  • Vous en faites la demande dans les 6 mois suivant votre inscription à la Sécurité sociale espagnole (ou votre première inscription au registre fiscal de l’AEAT).

La demande est déposée au moyen du modelo 149. Une fois approuvée par l’AEAT, vous déclarez annuellement sur le modelo 151 au lieu du modelo 100 standard. Le régime s’applique pour l’année d’option et les cinq années suivantes — soit un maximum de six exercices fiscaux.

Pour une analyse complète de l’éligibilité, de la procédure de demande et de l’interaction avec des types de revenus spécifiques (RSU, carried interest, pensions), consultez notre guide détaillé : Ley Beckham en Espagne : guide complet 2026 et notre comparatif Ley Beckham vs IRPF standard : quel régime vous convient le mieux ?.

Avertissement crucial : Le non-respect du délai de 6 mois pour la demande vous disqualifie définitivement du bénéfice du régime pour cette installation. Si vous êtes arrivé en Espagne en 2024 ou 2025 et n’avez pas encore fait votre demande, contactez immédiatement un conseiller fiscal.

5. Étape par étape : comment déposer votre déclaration de revenus espagnole

Étape 1 — Obtenir votre identification numérique

Pour déclarer en ligne via la plateforme Renta WEB de l’AEAT, vous avez besoin de l’une des trois méthodes d’identification numérique suivantes :

  • Certificado digital (certificat numérique) : Un certificat cryptographique délivré par la FNMT (Fabrique nationale de la Monnaie et du Timbre espagnole) ou votre autorité de certification régionale. Valide 4 ans, utilisable depuis tout appareil sur lequel le certificat est installé.
  • Cl@ve PIN : Un système de code à usage unique lié à votre NIE/DNI et à un numéro de téléphone. Plus simple à obtenir, valide pour une seule session.
  • Cl@ve Permanente : Une version à durée de validité plus longue de Cl@ve, nécessitant une inscription préalable en personne dans un bureau de l’AEAT ou un consulat.

En tant qu’expatrié, vous devez disposer de votre NIE (Número de Identificación de Extranjero) avant de pouvoir obtenir l’un de ces identifiants. Si vous ne disposez pas encore d’un certificat numérique, le Cl@ve PIN est la voie la plus rapide — vous pouvez en faire la demande en ligne avec votre NIE et votre passeport et recevoir le code par courrier en quelques jours.

Étape 2 — Accéder à la plateforme Renta WEB de l’AEAT

Rendez-vous sur sede.agenciatributaria.gob.es et accédez à la section « Renta 2025 » dans la rubrique « IRPF ». La plateforme ouvre chaque année aux alentours du 2 avril. Connectez-vous avec votre certificat numérique ou vos identifiants Cl@ve.

Étape 3 — Vérifier le brouillon de déclaration (borrador)

L’AEAT pré-remplit un brouillon de déclaration (borrador) à partir des données du certificat annuel de retenues de votre employeur (modelo 190), des relevés bancaires espagnols transmis par les établissements financiers et des données du cadastre. Pour de nombreux salariés dans des situations simples, le brouillon est en grande partie exact.

Cependant, pour les expatriés, le brouillon n’est presque jamais complet. Il n’inclura pas :

  • Les revenus étrangers, quels qu’ils soient.
  • Les intérêts de comptes bancaires étrangers non déclarés à l’AEAT.
  • Les revenus immobiliers provenant de l’étranger.
  • Les déductions auxquelles vous avez droit mais que vous n’avez pas encore demandées.
  • Les corrections nécessaires pour le crédit d’impôt pour double imposition internationale (deducción por doble imposición internacional).

N’acceptez jamais le brouillon sans l’avoir vérifié, en particulier durant vos premières années en tant que résident fiscal espagnol.

Étape 4 — Ajouter, corriger et compléter

Parcourez chaque section de Renta WEB de manière systématique :

  1. Données personnelles et situation familiale — vérifiez votre adresse (pour déterminer votre communauté autonome et les taux applicables), votre état civil et vos personnes à charge.
  2. Revenus d’emploi — vérifiez que le montant correspond au certificat annuel de votre employeur (certificado de retenciones). Si vous avez des revenus provenant de plusieurs pays, ajoutez-les séparément.
  3. Plus-values et moins-values — importez les données des courtiers et banques espagnols (la plateforme peut se connecter automatiquement à certains d’entre eux). Ajoutez manuellement les investissements étrangers.
  4. Revenus locatifs — ajoutez les revenus provenant de biens immobiliers espagnols et, en tant que résident fiscal, de biens étrangers.
  5. Revenus de l’épargne — dividendes, intérêts, rachats.
  6. Déductions — appliquez le crédit pour double imposition, les déductions pour cotisations de retraite, les déductions régionales et toute déduction liée au logement à laquelle vous avez droit.

Étape 5 — Soumettre

Lorsque la déclaration est complète et que le résultat (montant à payer ou à rembourser) est calculé, confirmez et soumettez via la plateforme. Vous recevrez un NRC (Número de Referencia Completo) comme preuve de dépôt. Si le résultat est un paiement d’impôt, vous pouvez régler par prélèvement bancaire, virement ou carte. Si le résultat est un remboursement, l’AEAT traite les paiements dans un délai de 6 mois à compter de la date limite de déclaration.

6. Déductions courantes souvent négligées par les expatriés

Crédit d’impôt pour double imposition internationale (deducción por doble imposición internacional)

Si vous avez payé l’impôt sur le revenu dans un autre pays sur des revenus également déclarés en Espagne, vous avez droit à un crédit d’impôt sur votre impôt espagnol correspondant à l’impôt étranger acquitté. Le crédit est limité au montant le plus faible entre : (a) l’impôt étranger effectivement payé, ou (b) l’impôt espagnol qui s’appliquerait à ce même revenu au taux effectif moyen espagnol. Cette déduction est saisie dans la section « Deducciones por doble imposición » de Renta WEB et nécessite la justification de l’impôt étranger payé (généralement un certificat fiscal délivré par l’administration étrangère).

Cotisations de retraite (planes de pensiones)

Les cotisations versées à des plans de retraite privés espagnols (planes de pensiones) sont déductibles de la base imposable générale dans la limite du montant le plus faible entre 1 500 € par an (plan individuel) ou 30 % des revenus d’activité. Ce plafond est porté à 8 500 € si votre employeur cotise également à un plan de retraite d’entreprise en votre nom. Pour les expatriés cotisant à des régimes de retraite étrangers, la déductibilité dépend de la conformité du régime au droit espagnol — une analyse spécifique est nécessaire pour les SIPP britanniques, les 401(k) américains et les véhicules étrangers similaires.

Déduction pour le logement (régime transitoire)

Une déduction historique pour l’acquisition de la résidence habituelle (deducción por inversión en vivienda habitual) a été supprimée en 2013, mais un régime transitoire maintient la déduction pour les personnes ayant acheté avant 2013. Si vous avez acquis un bien immobilier espagnol avant cette date et qu’il constitue votre résidence habituelle, vous pouvez encore déduire 15 % des versements hypothécaires (capital et intérêts) dans la limite de 9 040 € par an et par contribuable.

Déductions régionales

Chaque communauté autonome propose ses propres déductions en complément des déductions nationales. Parmi les exemples courants :

  • Déductions pour la location de la résidence habituelle (pour le locataire, non le propriétaire).
  • Déductions pour naissance, adoption ou famille nombreuse.
  • Déductions pour installations d’énergies renouvelables.
  • Déductions pour dons culturels, sportifs ou éducatifs.

Celles-ci varient considérablement selon les régions. Si vous résidez à Madrid, en Andalousie ou au Pays basque, des déductions significatives peuvent s’appliquer à votre situation.

Revenus locatifs imputés sur les résidences secondaires

Une obligation quelque peu contre-intuitive : si vous possédez un bien immobilier espagnol qui n’est pas votre résidence habituelle et que vous ne l’avez pas mis en location, l’AEAT impute un revenu locatif fictif de 1,1 % à 2 % de la valeur cadastrale du bien. Ce montant est ajouté à votre base imposable générale. De nombreux expatriés qui achètent une résidence secondaire en Espagne ignorent cette règle et omettent de la déclarer — ce qui crée un sous-paiement entraînant des pénalités lorsqu’il est découvert.

7. Revenus mondiaux : ce qui doit être déclaré

Comptes bancaires à l’étranger

Les intérêts perçus sur des comptes bancaires détenus hors d’Espagne doivent être inclus dans vos revenus de l’épargne. Les établissements financiers espagnols transmettent automatiquement les données de compte à l’AEAT, mais les banques étrangères ne le font pas. Il vous incombe d’ajouter ces revenus manuellement.

Si la valeur totale de vos comptes bancaires, titres, polices d’assurance ou biens immobiliers à l’étranger a dépassé 50 000 € à un moment quelconque de l’année 2025, vous étiez également tenu de déposer le modelo 720 (déclaration de biens à l’étranger) avant le 31 mars 2026. Il s’agit d’une déclaration purement informative — elle ne génère pas de paiement d’impôt — mais les sanctions en cas de non-respect sont sévères (5 000 € par élément non déclaré, minimum 10 000 € par catégorie, sans prescription pour les actifs eux-mêmes).

Cryptomonnaies (Modelo 721)

Depuis 2023, les détenteurs de cryptomonnaies et autres actifs virtuels dont la valeur a dépassé 50 000 € à un moment quelconque de l’année doivent déposer le modelo 721, l’équivalent du modelo 720 pour les actifs virtuels. Cette obligation s’applique aux cryptomonnaies détenues sur des plateformes d’échange et portefeuilles tant espagnols qu’étrangers. En outre, les plus-values et moins-values résultant de la cession de cryptomonnaies doivent être déclarées dans votre déclaration IRPF dans la section des plus-values.

Biens immobiliers à l’étranger

Les revenus locatifs provenant de biens immobiliers situés hors d’Espagne doivent être déclarés dans le cadre de vos revenus mondiaux sur le modelo 100, compensés par le crédit d’impôt pour double imposition au titre de l’impôt payé dans le pays où se situe le bien. Si le bien n’a pas été loué mais simplement détenu, aucun revenu locatif imputé ne s’applique aux biens étrangers (contrairement aux résidences secondaires espagnoles).

Pensions et rentes étrangères

Les pensions perçues d’États étrangers ou de régimes privés sont généralement imposables en Espagne en tant que revenus d’emploi, sous réserve des dispositions des conventions de double imposition. La convention Royaume-Uni/Espagne, la convention États-Unis/Espagne et la convention Allemagne/Espagne traitent chacune les pensions différemment, et l’article spécifique régissant les pensions dans chaque convention détermine si l’Espagne dispose du droit d’imposition prioritaire. Si vous percevez une pension étrangère, un conseil professionnel est indispensable avant de déclarer.

8. Erreurs courantes des expatriés lors de la déclaration en Espagne

Erreur n° 1 : Ne pas déclarer la première année de résidence

L’erreur la plus coûteuse. De nombreux expatriés arrivent en Espagne en milieu d’année, y passent plus de 183 jours et ignorent qu’ils sont devenus résidents fiscaux espagnols. L’avril suivant, aucun rappel de déclaration ne leur parvient (ils ne figurent pas encore sur les listes de l’AEAT), et ils manquent totalement la date limite. L’AEAT le découvre 2 à 5 ans plus tard lors d’un contrôle de routine, impose des arriérés d’impôts, des intérêts de retard et des majorations pour déclaration tardive (recargos por presentación extemporánea) de 5 à 20 %, auxquelles peuvent s’ajouter des pénalités.

Que faire : Si vous avez déménagé en Espagne en 2024 ou 2025 et n’avez pas déclaré, évaluez immédiatement votre statut de résidence. Une déclaration tardive volontaire — avant que l’AEAT ne vous notifie — entraîne une majoration bien inférieure à celle appliquée après une notification formelle.

Erreur n° 2 : Confirmer le brouillon sans le vérifier

Renta WEB rend très facile le fait de cliquer sur « confirmer le brouillon ». L’AEAT encourage cette démarche. Mais le borrador n’est alimenté que par les données que les entités espagnoles ont déclarées à votre sujet — il ne sait rien de votre compte de dividendes au Royaume-Uni, de votre appartement en location en Irlande ou de la plus-value de 30 000 € réalisée sur des actions américaines. Confirmer un brouillon incomplet équivaut à soumettre une déclaration frauduleuse, indépendamment de l’intention.

Erreur n° 3 : Oublier le délai de demande de la Ley Beckham

Le délai de 6 mois court à compter de la date de votre inscription à la Sécurité sociale (alta en la Seguridad Social) ou de votre première inscription au registre de l’AEAT. Il s’agit d’un délai absolu sans exception. Le manquer — souvent parce que personne ne vous a informé de son existence — signifie perdre le bénéfice du régime pour toute la durée de votre résidence fiscale en Espagne. Pour un professionnel percevant 120 000 € par an, cela représente une perte sur six ans d’environ 150 000 € d’économies fiscales potentielles.

Erreur n° 4 : Ne pas déclarer les actifs à l’étranger sur le modelo 720/721

La déclaration espagnole de biens à l’étranger n’est pas un impôt — mais les sanctions pour non-déclaration figurent parmi les plus sévères du droit fiscal européen. La Cour constitutionnelle espagnole a partiellement annulé le régime de pénalités initial en 2022, mais l’obligation de déclarer et des sanctions significatives pour non-respect demeurent. Si vous détenez des comptes, des titres, des biens immobiliers ou des cryptomonnaies à l’étranger au-delà des seuils, déposez le modelo 720 et/ou 721 avant le 31 mars de chaque année.

Erreur n° 5 : Revendiquer l’exonération de résidence habituelle sur un bien que vous n’avez pas réellement occupé

Les plus-values résultant de la vente de la résidence habituelle (vivienda habitual) sont exonérées d’IRPF si le produit est réinvesti dans une autre résidence habituelle dans un délai de deux ans, ou si le vendeur a plus de 65 ans. De nombreux expatriés tentent d’appliquer cette exonération à des biens qui n’étaient pas, en réalité, leur résidence habituelle — ils étaient loués sur Airbnb, utilisés comme résidences secondaires ou occupés par des membres de la famille. L’AEAT recoupera les données d’empadronamiento (padrón municipal), les relevés de consommation et les plateformes de location lors du contrôle de ces exonérations.

Erreur n° 6 : Ignorer l’option de paiement fractionné pour les déclarations donnant lieu à un paiement

Si votre déclaration donne lieu à un paiement, vous pouvez opter pour un fractionnement : 60 % au moment du dépôt et 40 % au plus tard le 5 novembre, sans intérêts ni majoration sur la part différée. De nombreux primo-déclarants ignorent cette option et paient la totalité du montant d’un seul coup inutilement. L’option doit être exercée au moment du dépôt — vous ne pouvez pas la demander après coup.

9. Non-résidents vs résidents fiscaux : comparaison rapide

Si vous ne remplissez aucun des critères de résidence fiscale et que vous possédez un bien immobilier espagnol, percevez des revenus locatifs espagnols ou avez cédé un actif espagnol, vous êtes non-résident soumis à l’IRNR espagnol (Impuesto sobre la Renta de No Residentes), déclaré sur le modelo 210.

Résident fiscal (Modelo 100)Non-résident (Modelo 210)
Revenus concernésRevenus mondiauxRevenus de source espagnole uniquement
Taux d’impositionProgressif 19–47 %24 % (résidents UE/EEE : 19 %)
Période de déclarationAvril–juin, annuellePar opération ou trimestrielle
Déductions autoriséesEnsemble completLimitées (résidents UE/EEE : dépenses complètes)
Revenus locatifsDéduction de toutes les chargesDéduction des charges (UE/EEE uniquement)

Les propriétaires non-résidents de biens immobiliers espagnols ont des obligations de déclaration trimestrielle spécifiques pour les revenus locatifs et une obligation annuelle de déclarer les revenus imputés sur les biens vacants. Pour un guide complet des obligations des non-résidents, consultez notre article sur la déclaration du modelo 210 en tant que propriétaire non-résident en Espagne.

10. Titulaires du visa nomade numérique : considérations particulières

Le visa nomade numérique espagnol (Visado para Teletrabajadores de Carácter Internacional, Loi 28/2022) permet aux travailleurs à distance employés par des entreprises non espagnoles de résider légalement en Espagne. Ses implications fiscales sont significatives et souvent mal comprises.

La résidence fiscale s’applique toujours

Le fait de détenir un visa nomade numérique ne vous exempte pas des règles de résidence fiscale espagnoles. Si vous passez plus de 183 jours en Espagne, vous devenez résident fiscal espagnol quelle que soit la catégorie de visa sous laquelle vous êtes entré. Il n’existe pas de statut « exempté » spécial pour les nomades numériques.

Le lien avec la Ley Beckham

La Ley de Startups (qui a introduit le visa nomade numérique) a également étendu la Ley Beckham aux travailleurs à distance éligibles. Un nomade numérique qui s’installe en Espagne sous ce visa et remplit les critères d’éligibilité peut demander le bénéfice du régime Ley Beckham — en payant 24 % sur les revenus de source espagnole tout en excluant les revenus de travail à distance de source étrangère de la base imposable espagnole pendant six ans au maximum.

Condition essentielle : L’activité exercée pour l’employeur non espagnol doit être effectuée à distance et véritablement depuis l’Espagne. L’employeur doit être une entité non espagnole. Vous ne pouvez pas bénéficier de la Ley Beckham en tant que nomade numérique si vous travaillez en freelance pour des clients espagnols ou exploitez une société espagnole.

Employeurs hors UE et sécurité sociale

Les nomades numériques employés par des entreprises hors UE peuvent être exemptés des cotisations de sécurité sociale espagnoles en vertu des accords bilatéraux de sécurité sociale applicables. Toutefois, la sécurité sociale et la résidence fiscale sont des régimes distincts — être exempté de sécurité sociale n’affecte pas vos obligations fiscales.

Pour une vision complète de la fiscalité des nomades numériques, y compris l’interaction avec les conventions fiscales du pays d’origine et des conseils pratiques sur la structuration de votre activité, contactez notre équipe de fiscalité internationale.

Conclusion : réussir votre déclaration fiscale espagnole

Déclarer l’impôt sur le revenu en Espagne en tant qu’expatrié est plus complexe que dans la plupart des pays, mais c’est parfaitement gérable avec une préparation adéquate. Les décisions clés — savoir si vous êtes résident fiscal, si vous êtes éligible à la Ley Beckham, et si vos actifs à l’étranger déclenchent des obligations de modelo 720/721 — doivent être prises au début de l’exercice fiscal, et non la veille de la date limite de juin.

L’élément le plus important à comprendre est que l’anticipation fait économiser de l’argent. Le délai de la Ley Beckham expire 6 mois après l’arrivée. La date limite du modelo 720 est le 31 mars. La déclaration tardive volontaire entraîne une majoration de 5 % ; une déclaration après notification de l’AEAT peut atteindre 20 % plus des pénalités. Aucune de ces erreurs n’est rattrapable si elle est découverte trop tard.

Si vous déclarez pour la première fois en Espagne, si vous arrivez en Espagne pour un nouveau poste, ou si vous détenez des actifs significatifs dans plusieurs pays, l’équipe fiscale de BMC accompagne les expatriés, les cadres dirigeants en mobilité internationale et les professionnels internationaux tout au long de l’année. Nous prenons en charge l’ensemble du processus, depuis l’évaluation de la résidence fiscale la première année et les demandes de Ley Beckham jusqu’aux déclarations annuelles du modelo 100, les déclarations du modelo 720 et l’analyse des pensions transfrontalières.

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