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Fiscal Article

Modifications fiscales 2024 : Guide complet

Modifications fiscales en Espagne 2024 : impôt minimum mondial Pilier Deux de 15 % pour les groupes dépassant 750 M€, retour partiel de la TVA sur les denrées alimentaires de base, déploiement de la facturation électronique obligatoire et panorama complet de la réforme de l'impôt sur les sociétés.

5 min de lecture

L'exercice fiscal 2024 s'ouvre avec un ensemble substantiel de modifications fiscales affectant les entreprises de toutes tailles opérant en Espagne. De l'entrée en vigueur progressive de l'impôt minimum mondial pour les multinationales aux ajustements de la TVA sur les produits de base, en passant par les nouvelles obligations déclaratives relatives aux crypto-actifs et les mises à jour du régime d'imposition des non-résidents, l'agenda fiscal de cette année est particulièrement chargé. Nous analysons ci-dessous les changements les plus significatifs et leurs implications pratiques.

Impôt minimum mondial de 15 % : le Pilier Deux arrive en Espagne

La transposition en droit espagnol de la directive (UE) 2022/2523 — garantissant un niveau minimum mondial d’imposition pour les groupes multinationaux — représente la réforme structurelle la plus significative de l’impôt sur les sociétés depuis des années. Par le biais d’un décret-loi royal approuvé fin 2023, l’Espagne intègre les règles du Pilier Deux de l’OCDE.

L’impact concerne les groupes multinationaux dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’euros au cours d’au moins deux des quatre exercices fiscaux précédents. Le mécanisme clé est la règle d’inclusion du revenu (Income Inclusion Rule — IIR) : si une filiale du groupe est imposée dans une juridiction dont le taux effectif est inférieur à 15 %, l’entité mère résidente en Espagne acquitte un complément d’impôt pour porter le taux à ce minimum.

Pour les groupes concernés — estimés à plusieurs dizaines ayant une présence significative en Espagne — la première année de pleine application exige un calcul du taux effectif juridiction par juridiction qui n’a jamais été réalisé de manière systématique auparavant. Les obligations déclaratives associées (déclaration pays par pays enrichie et nouvelles annexes à la déclaration d’impôt sur les sociétés) ajoutent une complexité administrative considérable.

Modifications de la TVA : réductions alimentaires et retour progressif

Le Gouvernement a prolongé jusqu’au 30 juin 2024 les réductions de TVA introduites en 2022 en tant que mesure anti-inflation. À compter du 1er juillet 2024, un retour progressif a débuté : l’huile d’olive est revenue au taux de 10 % (contre un taux temporaire de 5 %), et la plupart des denrées alimentaires de base qui étaient à 0 % sont revenues à 4 % (le taux super-réduit standard).

Les entreprises du secteur de la distribution alimentaire et de la restauration doivent mettre à jour leurs systèmes de facturation pour refléter ces changements de taux à la date exacte de transition, afin d’éviter l’application de taux incorrects susceptibles d’entraîner des régularisations ultérieures ou des contrôles fiscaux.

Impôt sur le revenu des non-résidents : mises à jour du régime Ley Beckham

La loi sur les startups (Ley 28/2022) a introduit des améliorations significatives au régime dit Ley Beckham, qui permet aux travailleurs transférant leur résidence fiscale en Espagne d’être imposés au titre de l’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR) pendant cinq ans à un taux forfaitaire de 24 % sur les revenus d’emploi jusqu’à 600 000 €.

En 2024, ces améliorations sont pleinement opérationnelles : le seuil minimum de rémunération a été supprimé (auparavant fixé à 600 000 € par an), le régime est étendu aux nomades numériques et aux entrepreneurs, et la couverture est élargie aux membres de la famille proche qui transfèrent également leur résidence. C’est le moment de vérifier si les cadres internationaux récemment arrivés peuvent bénéficier de ce régime avantageux — les demandes doivent être déposées dans les six mois suivant le début de l’activité en Espagne.

Impôt sur les sociétés : taux minimum pour les grandes entreprises et limites de déduction

Le taux minimum d’impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 20 millions d’euros est fixé à 15 % du résultat imposable positif avant application de la réserve de capitalisation et de l’intégration du report en avant des pertes fiscales. Pour les entités nouvellement constituées bénéficiant du taux général réduit de 15 %, le minimum descend à 10 %.

La limitation de la déductibilité des charges financières nettes — plafonnée à 30 % de l’EBITDA fiscal (avec un minimum exonéré de 1 million d’euros) — reste en vigueur pour 2024. La restriction du report en avant des pertes fiscales à 70 % du résultat imposable avant compensation pour les groupes dont le chiffre d’affaires dépasse 20 millions d’euros (50 % pour les groupes dépassant 60 millions d’euros) est également maintenue.

Nouvelles obligations déclaratives relatives aux crypto-actifs pour les résidents espagnols

Au-delà du Modelo 721 pour les actifs détenus à l’étranger, l’année 2024 voit l’entrée en vigueur des Modelos 172 et 173, qui obligent les prestataires de services sur crypto-actifs établis en Espagne à déclarer les opérations de leurs clients à l’AEAT. Cela inclut les plateformes d’échange, les portefeuilles de conservation et les plateformes DeFi ayant une présence en Espagne.

Pour les utilisateurs de ces plateformes, la conséquence pratique est que l’AEAT disposera de données transactionnelles croisées sur leur activité en crypto-actifs à partir de 2024, augmentant substantiellement le risque de contrôle pour quiconque n’aurait pas correctement déclaré ses plus-values sur crypto-actifs au cours des années précédentes.

Mesures immobilières

Le principal développement pour le marché immobilier est la prorogation de la déduction de 30 % à l’IRPF pour les travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique des biens immobiliers loués, prolongée jusqu’au 31 décembre 2024. La déduction de 15 % pour l’investissement dans l’acquisition d’une nouvelle résidence principale est maintenue pour certains groupes (moins de 35 ans et familles nombreuses) dans les communautés autonomes qui l’ont activée dans leur propre législation.

Chez BMC, notre équipe fiscale spécialisée est à votre disposition. Découvrez nos services fiscaux.

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