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Loi de la seconde chance pour particuliers: guide complet 2026

Sujet: seconde chance particuliers

Loi de la seconde chance en Espagne 2026: qui peut en bénéficier, conditions d'accès, procédure étape par étape, dettes annulées et protection de la résidence principale. Guide complet pour le particulier débiteur.

10 min de lecture

La loi de la seconde chance en Espagne permet à toute personne physique d'annuler des dettes qu'elle ne peut plus rembourser. Il n'est pas nécessaire d'avoir eu une entreprise ni d'être entrepreneur. Ce guide explique, sans jargon inutile, comment fonctionne ce mécanisme en 2026, qui peut l'utiliser et ce que l'on peut attendre à chaque phase du processus.

Si vous êtes salarié et souhaitez voir la procédure de ce point de vue spécifique, nous disposons d’un guide dédié sur l’annulation de dettes pour les salariés. Si vous êtes travailleur indépendant, le guide de la seconde chance pour indépendants aborde les spécificités de ce profil. Cet article couvre le cadre général pour le particulier qui a besoin d’un point de départ.

Cadre législatif 2026: Loi 16/2022 et la réforme de l’EPIP

La seconde chance en Espagne est née avec la Loi 25/2015, du 28 juillet, qui transposait partiellement la Directive européenne sur la restructuration et l’insolvabilité. Pendant sept ans, le mécanisme a été critiqué pour sa rigidité: peu de personnes y accédaient, les démarches étaient lentes et l’exonération des dettes publiques était quasi impossible.

Tout cela a changé avec la Loi 16/2022, du 5 septembre, qui a réformé en profondeur le Texte Refondu de la Loi Concursale (TRLC). Les principales nouveautés ont été:

  • Accès direct à la procédure collective consécutive sans obligation d’épuiser la procédure extrajudiciaire dans tous les cas.
  • Exonération partielle des dettes publiques pour la première fois, avec des seuils spécifiques pour l’AEAT et la Sécurité sociale.
  • Protection renforcée de la résidence principale via le plan de remboursement de 3 à 5 ans.
  • Simplification de la condition de bonne foi, rendant l’accès plus aisé aux débiteurs en situation genuinement difficile.
  • Réduction du délai de révocation de l’EPIP de cinq à trois ans.

Le texte consolidé de la Loi 16/2022 est consultable au BOE.

Qui peut en bénéficier: conditions pour les particuliers

L’article 487 TRLC établit les conditions de bonne foi, qui constituent la porte d’entrée au mécanisme. Il s’agit de quatre conditions cumulatives:

1. Être une personne physique. La seconde chance n’est pas accessible aux sociétés commerciales (S.L., S.A., etc.). Seules les personnes physiques peuvent en bénéficier: salariés, indépendants, retraités, demandeurs d’emploi, étudiants ou tout particulier.

2. Être en situation d’insolvabilité. Le débiteur doit établir qu’il ne peut pas remplir régulièrement ses obligations de paiement, ou qu’il prévoit ne pas pouvoir le faire dans les trois prochains mois (insolvabilité imminente). Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà cessé de payer; une prévision étayée est suffisante.

3. Total des dettes inférieur à 5 millions d’euros. Ce seuil couvre la quasi-totalité des débiteurs particuliers. Seul celui qui cumule un passif de dimension quasi-entrepreneuriale en est exclu.

4. Agir de bonne foi. C’est la condition la plus analysée en jurisprudence. Le TRLC la précise à travers plusieurs conditions négatives: ne pas avoir été condamné pour infractions contre le patrimoine, l’ordre socio-économique ou le Trésor public dans les dix années précédentes; ne pas avoir obtenu la seconde chance dans les cinq années précédentes; ne pas avoir dissimulé ou détruit d’actifs; et ne pas avoir manqué au devoir de coopération avec l’administrateur judiciaire ni aux obligations d’information et de documentation.

Le Tribunal Suprême a précisé dans diverses résolutions que la bonne foi doit être appréciée de manière globale et non mécanique. Une erreur comptable, une dette fiscale ou un retard dans des déclarations n’empêche pas automatiquement l’exonération si le reste du comportement du débiteur est cohérent avec l’honnêteté requise.

Phases de la procédure étape par étape

La procédure de seconde chance comporte deux grandes voies, qui aboutissent au même résultat: l’exonération du passif insatisfait (EPIP).

Phase 1: Demande de PAED devant notaire

Le Procédé Spécial pour Débiteurs Personnes Physiques (PAED, anciennement dénommé Accord Extrajudiciaire de Paiements) est initié par une demande devant notaire. Le débiteur doit fournir:

  • Inventaire des biens et droits avec estimations.
  • Liste complète des créanciers avec montants et échéances.
  • Trois dernières déclarations d’IRPF et justificatifs de revenus actuels.
  • Relevés bancaires des douze derniers mois.

Le notaire désigne un médiateur en insolvabilité de la liste du Registre des Médiateurs et Institutions de Médiation. Le médiateur dispose de deux mois (prorogeables d’un mois) pour élaborer un plan de remboursement et le soumettre aux créanciers.

Phase 2: Négociation avec les créanciers

Le plan de remboursement peut inclure des réductions du principal (quitas), des reports (esperas) et une cession de biens en règlement de dettes. Pour être approuvé, il requiert le vote favorable de créanciers représentant au moins 60 % du passif (ou 75 % si les réductions dépassent 25 %).

Si le plan est approuvé, le débiteur l’exécute pendant la durée convenue et, à son terme, est libéré des dettes restantes incluses dans l’accord.

Phase 3: Procédure collective consécutive

Si le plan n’est pas approuvé ou si le débiteur ne dispose pas d’actifs suffisants pour proposer un plan viable, le notaire notifie l’échec au tribunal de commerce et la procédure collective consécutive est ouverte. C’est la procédure judiciaire proprement dite.

Dans la procédure collective consécutive, si le débiteur n’a pas d’actifs significatifs, le juge peut déclarer la procédure collective et simultanément accorder l’EPIP de manière immédiate (ce que la pratique procédurale appelle « concurso exprés avec EPIP »). S’il y a des biens à liquider, la phase de liquidation précède l’exonération.

Phase 4: Exonération du passif insatisfait (EPIP)

L’EPIP est la résolution judiciaire qui libère le débiteur des dettes non satisfaites. Elle peut être:

  • EPIP définitive: accordée immédiatement si le débiteur n’a ni biens ni revenus au-delà du minimum vital. Elle est irrévocable sauf fraude.
  • EPIP provisoire avec plan de remboursement: l’exonération est accordée mais le débiteur accepte un plan de remboursement de 3 à 5 ans pour les dettes que la loi ne permet pas d’exonérer directement (comme les dettes publiques au-delà des seuils).

Médiation préalable ou voie judiciaire directe

La réforme de 2022 a introduit une option pertinente: dans certains cas, le débiteur peut saisir directement le tribunal sans passer par le PAED notarial. Cela s’applique lorsque le débiteur n’a pas d’actifs ou de revenus justifiant une négociation extrajudiciaire, ou lorsque la composition du passif rend tout accord impossible.

La voie directe est plus rapide mais aussi plus incertaine: le résultat dépend entièrement de l’appréciation du juge quant à la bonne foi et à l’octroi de l’EPIP. La médiation préalable, bien que plus longue, génère un historique de négociation que les juges valorisent positivement pour apprécier la bonne foi du débiteur.

L’EPIP: quelles dettes sont annulées et lesquelles ne le sont pas

Dettes qui SONT annulées

  • Prêts personnels, crédits à la consommation et cartes de crédit (y compris revolving).
  • Hypothèques pour la part excédant la valeur estimée du bien liquidé (solde résiduel hypothécaire).
  • Dettes envers les fournisseurs et prestataires.
  • Cautionnements et garanties personnelles accordées.
  • Dettes envers des copropriétés.
  • Dettes publiques (AEAT, TGSS) au-delà des seuils légaux: dans le plan de remboursement de 3 ans, la dette publique excédant 10 000 € avec l’AEAT et 10 000 € avec la Sécurité sociale est exonérée.

Dettes qui NE SONT PAS annulées

L’article 489 TRLC fixe une liste fermée de dettes exclues de l’exonération:

  • Aliments: pensions alimentaires pour enfants et conjoint, tant celles dues avant que les futures.
  • Responsabilité extracontractuelle pour dommages corporels ou décès.
  • Condamnations pénales: amendes et responsabilités civiles découlant d’une condamnation pénale.
  • Dettes publiques en deçà des seuils: les premiers 10 000 € avec le Trésor public et les premiers 10 000 € avec la Sécurité sociale ne sont pas exonérables dans le plan de 3 ans (ils le sont partiellement dans le plan de 5 ans).
  • Dettes contractées après la demande.

Plan de remboursement de 3 à 5 ans comme alternative à la liquidation

L’un des changements les plus significatifs de la Loi 16/2022 est la consolidation du plan de remboursement comme voie pour conserver des actifs — notamment la résidence principale — et obtenir également l’exonération des dettes restantes.

Le plan peut avoir une durée de 3 ans (pour la majorité des cas) ou de 5 ans si le débiteur a une capacité de remboursement supérieure au minimum vital. Durant cette période, le débiteur consacre au remboursement des dettes non exonérables tous ses revenus disponibles au-delà du seuil d’insaisissabilité (équivalent au salaire minimum interprofessionnel majoré de 50 % de l’excédent).

Si le débiteur exécute intégralement le plan, il obtient l’EPIP définitive sur le reste du passif.

Résidence principale: comment la protéger

La Loi 16/2022 a introduit des mécanismes concrets pour éviter que le débiteur ne perde son logement comme condition d’obtention de l’exonération:

  1. Si le débiteur peut payer l’hypothèque et que l’établissement accepte de poursuivre le contrat, la résidence principale n’entre pas dans la liquidation.
  2. Si le débiteur ne peut pas payer l’hypothèque, le bien est vendu. Cependant, la dette hypothécaire résiduelle est exonérée avec l’EPIP.
  3. Dans les procédures de liquidation, le juge peut autoriser la vente directe du bien (sans enchères) pour maximiser le prix.
  4. L’exécution hypothécaire en cours est automatiquement suspendue dès la demande de PAED ou de procédure collective consécutive.

Coût et durée du processus

PosteEstimation indicative
Honoraires avocat (processus complet)1 500 – 4 000 €
Honoraires médiateur en insolvabilité0 – 1 200 € (barème réglementaire)
Émoluments notaire PAED200 – 400 €
Frais de justice0 € (personnes physiques exemptées)

Les personnes physiques sont exemptées des frais de justice dans toutes les procédures d’insolvabilité, ce qui réduit considérablement le coût par rapport à d’autres procédures. Le coût principal est donc celui de l’assistance juridique spécialisée.

Durées indicatives:

  • PAED avec accord: 2 à 4 mois.
  • PAED sans accord + procédure collective sans actifs: 6 à 12 mois.
  • Procédure collective avec actifs à liquider: 12 à 24 mois.

Erreurs fréquentes qui font échouer la procédure

Dissimuler des biens ou des revenus. C’est l’erreur la plus grave. Toute dissimulation détruit la condition de bonne foi et entraîne le refus ou la révocation de l’EPIP.

Ne pas déclarer toutes les dettes. Omettre des créanciers, même par oubli, peut compromettre la procédure.

Engager la procédure trop tardivement. De nombreux débiteurs attendent d’être totalement bloqués avant de consulter un avocat. Engager la procédure en phase d’insolvabilité imminente, avant que les impayés généralisés ne se matérialisent, donne beaucoup plus de marge de négociation.

S’engager sans conseil juridique spécialisé. La procédure exige une documentation précise, des délais procéduraux stricts et une connaissance de la jurisprudence sur la bonne foi.


La seconde chance n’est pas une solution magique ni un raccourci pour ceux qui prennent des décisions irresponsables. C’est un mécanisme légal conçu pour que les personnes physiques parvenues à une situation d’insolvabilité réelle puissent reconstruire leur situation financière sans porter indéfiniment des dettes qu’elles ne pourront jamais rembourser.

Souhaitez-vous savoir si votre situation remplit les conditions ? Chez BMC, nous disposons de l’équipe de seconde chance de Raúl Herrera García, Of Counsel spécialisé en droit de l’insolvabilité avec plus d’une décennie d’expérience dans les procédures d’insolvabilité de personnes physiques. La première consultation est gratuite et sans engagement.

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