Ir al contenido
Juridique Actualité

Salaire minimum 2024 : Hausse et effets

Salaire minimum interprofessionnel (SMI) espagnol 2024 : fixé à 1 134 €/mois sur 14 paiements (hausse de 5 % par rapport à 2023) par le Décret royal 145/2024. Rétroactif depuis le 1er janvier 2024 — les différences de salaire non versées relèvent d'un délai de prescription de 1 an.

4 min de lecture

Le Décret royal 145/2024 du 6 février, approuvé par le Conseil des Ministres et publié au Journal officiel de l'État le 7 février 2024, établit le Salaire Minimum Interprofessionnel (SMI) pour 2024 à 1 134 € par mois sur 14 paiements, équivalant à 37,80 € par jour ou 16 016 € par an lorsque les deux paiements extraordinaires obligatoires sont inclus. Cela représente une hausse de 5 % par rapport au SMI approuvé pour 2023 (1 080 € par mois) et consolide la tendance haussière amorcée en 2018, lorsque le SMI s'établissait à 735,90 € par mois.

Contexte : la trajectoire du SMI depuis 2018

La trajectoire du salaire minimum espagnol depuis 2018 est la plus expansive en termes de pourcentage de toute période de l’histoire démocratique du pays. En six ans, le SMI a augmenté de 54 %, passant de 735,90 € en janvier 2018 à 1 134 € en 2024. Cette hausse cumulée dépasse significativement l’inflation sur la période (environ 25 % sur l’IPC général) et a sensiblement amélioré le pouvoir d’achat des travailleurs les moins bien rémunérés.

Le cadre juridique permettant la fixation annuelle du SMI est l’article 27 du Statut des Travailleurs (Décret législatif royal 2/2015 du 23 octobre), qui confie au Gouvernement la détermination annuelle du SMI par Décret royal, après consultation des organisations syndicales et patronales les plus représentatives, en tenant compte de l’IPC, de la productivité moyenne nationale, de l’augmentation de la part salariale dans le revenu national et de la conjoncture économique générale.

Effets directs sur les entreprises : structure salariale et conventions collectives

La hausse du SMI a des effets différents selon la position des salaires d’une entreprise par rapport au nouveau minimum légal.

Travailleurs rémunérés à l’ancien SMI. Les travailleurs percevant exactement 1 080 € par mois doivent passer à 1 134 €, avec effet rétroactif au 1er janvier 2024. Les entreprises qui ont utilisé le SMI comme référence directe pour leurs grilles salariales doivent mettre à jour leur paie et verser les différences dues depuis janvier.

Compléments salariaux et clause d’absorption. La Cour Suprême (STS du 22 avril 2014 et décisions ultérieures) a établi la doctrine selon laquelle le SMI constitue le salaire minimum sur une base de calcul annuelle, incluant toutes les rémunérations. Les compléments salariaux — compléments d’ancienneté, primes de convention collective, compléments personnels — peuvent être comptabilisés conjointement avec le salaire de base pour atteindre le SMI, sauf si la convention collective en dispose expressément autrement. Cependant, les heures supplémentaires, les compléments avec une période de jouissance périodique supérieure à un mois (tels que les paiements extraordinaires supplémentaires) et les remboursements de frais ne sont pas pris en compte à cette fin.

Révision des grilles salariales des conventions collectives. De nombreuses conventions collectives sectorielles établissent des grilles salariales avec des références au SMI ou avec des salaires minimaux conventionnels qui sont tombés sous le nouveau SMI légal. Dans ces cas, le SMI agit comme le plancher légal minimum : tout salaire conventionnel inférieur au SMI est écarté par l’effet de la loi et le SMI doit être appliqué. Les entreprises doivent revoir leurs accords applicables pour identifier toute situation de sous-rémunération.

Impact sur les cotisations sociales

La hausse du SMI a également des conséquences sur les cotisations sociales. La base minimale de cotisation au Régime général est déterminée par groupe de cotisation, mais ne peut en aucun cas être inférieure au SMI en vigueur à tout moment. Lorsque le SMI augmente, la base minimale de cotisation pour les travailleurs rémunérés au minimum ou à proximité du minimum augmente également, ce qui accroît le coût patronal de la sécurité sociale — à la fois dans la cotisation patronale et dans l’assurance sociale du travailleur.

Pour une entreprise de 10 travailleurs au SMI, la hausse 2024 représente un coût total supplémentaire de sécurité sociale d’environ 2 500 à 3 000 € par an, selon la structure de cotisation et les taux applicables.

Sanctions pour non-conformité

Le non-respect des obligations liées au SMI constitue une infraction grave dans les relations d’emploi et le droit du travail, en vertu de l’article 13.1 du Décret législatif royal 5/2000 sur les infractions et sanctions dans l’ordre social (LISOS). Les sanctions vont de 751 à 7 500 € par infraction, avec des sanctions supplémentaires possibles en cas de récidive. Les travailleurs peuvent également réclamer les différences salariales dans un délai de prescription d’un an courant à compter de la date à laquelle l’obligation de paiement est devenue exigible (article 59 ET).

Chez BMC, notre équipe juridique est à votre disposition. Découvrez nos services juridiques.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Discutons de la façon dont ces idées peuvent être appliquées à votre entreprise.

Appeler Contact