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Fiscal Actualité

Contributions extraordinaires : Maintien en 2026 ?

Contributions extraordinaires en Espagne sur les banques et les entreprises énergétiques : prorogées par la Loi 7/2024 pour 2025, le gouvernement prévoit de les convertir en surtaxes permanentes à l'IS pour 2026. Déclaration via le Formulaire 795 (banques) ou 797 (énergie) en septembre 2026.

6 min de lecture

Les contributions extraordinaires sur le secteur financier et le secteur de l'énergie, introduites par la Loi 38/2022 du 27 décembre sur les mesures d'économies d'énergie, ont dominé l'agenda fiscal au cours des deux derniers exercices. À mi-2025, la question pour les directeurs fiscaux des entités concernées est de savoir si ces contributions resteront en vigueur en 2026 et, dans l'affirmative, avec quelles modifications.

Origine et conception des contributions temporaires en vertu de la Loi 38/2022

La Loi 38/2022 a introduit deux prélèvements patrimoniaux publics non fiscaux — techniquement distincts d’un impôt au sens strict, bien qu’économiquement équivalents — sur deux secteurs jugés avoir bénéficié de manière disproportionnée du contexte de forte inflation et de taux d’intérêt élevés de 2022 et 2023.

Contribution temporaire sur les établissements de crédit et les établissements financiers de crédit

Assujettis : les établissements de crédit et les établissements financiers de crédit dont les revenus d’intérêts et de commissions en Espagne s’élèvent à 800 millions d’euros ou plus en 2019 (l’année de référence). Ce seuil exclut la plupart des entités de taille moyenne et toutes les petites.

Assiette : la somme de la marge nette d’intérêts et des revenus de commissions de l’exercice précédent (2022 pour la première année, 2023 pour la deuxième), telle que figurant dans les états financiers consolidés publiés selon les normes comptables applicables (IFRS pour les groupes cotés).

Taux : 4,8 % de l’assiette. Pour les exercices 2023 et 2024, la contribution moyenne des principales institutions (Santander, BBVA, CaixaBank, Sabadell, Bankinter) s’est élevée à entre 300 et 500 millions d’euros par établissement et par an.

Non-déductibilité : la Loi 38/2022 prévoit expressément que le montant de la contribution n’est pas déductible aux fins de l’Impôt sur les Sociétés, ce qui amplifie son impact effectif (en pratique, le coût net est équivalent à être imposé comme si la contribution elle-même constituait un revenu imposable).

Contribution temporaire sur le secteur de l’énergie

Assujettis : les personnes morales et les entités ayant leur domicile fiscal en Espagne dont les revenus d’activités du secteur de l’énergie représentent au moins 75 % des revenus totaux, et dont le chiffre d’affaires énergétique net en Espagne était d’1 milliard d’euros ou plus en 2019.

Assiette : le chiffre d’affaires énergétique net en Espagne provenant des activités énergétiques de l’exercice précédent.

Taux : 1,2 % de l’assiette.

Non-déductibilité : comme pour la contribution bancaire, le montant n’est pas déductible aux fins de l’Impôt sur les Sociétés.

Situation en 2025 : contribution prorogée pour une troisième année

La Loi 7/2024 du 20 décembre (qui transpose également le Pilier Deux en droit espagnol) inclut la prorogation des deux contributions pour l’exercice 2025. Les entités concernées doivent donc liquider la contribution afférente à 2025 en septembre 2026, selon les mêmes assiettes et taux que les années précédentes.

Cette prorogation pour 2025 intervient sans modifications substantielles de la conception des contributions, bien qu’une Disposition additionnelle de la Loi 7/2024 exige du Ministère des Finances qu’il produise un rapport d’évaluation d’impact avant le premier trimestre 2026, en vue de décider si les contributions doivent être maintenues, modifiées ou converties en prélèvements permanents.

Conversion en surtaxe permanente à l’Impôt sur les Sociétés : la proposition pour 2026

Le débat politique et économique en 2025 porte sur la question de savoir si les contributions temporaires doivent être rendues permanentes. Le Gouvernement a exprimé sa préférence pour les intégrer comme surtaxes spéciales à l’Impôt sur les Sociétés, ce qui les convertirait en impôts au sens juridique strict — avec toutes les garanties constitutionnelles inhérentes aux impôts (les principes de capacité économique, de généralité, etc.) — et éliminerait la controverse technique sur leur nature de prélèvements patrimoniaux.

Si la conversion intervient pour 2026, la conception proposée — sur la base des documents de travail du Ministère — comprendrait :

  • Secteur financier : une surtaxe à l’Impôt sur les Sociétés de 5 % sur la cotisation liquidée (cuota líquida) des établissements de crédit dont la cotisation brute dépasse un seuil défini, appliquée de manière permanente à partir de 2026.
  • Secteur de l’énergie : une surtaxe à l’Impôt sur les Sociétés de 1,5 % sur la cotisation liquidée des grandes entreprises énergétiques, également sur une base permanente.
  • Déductibilité : contrairement aux contributions temporaires, les surtaxes à l’IS seraient intégrées dans la fiscalité des entreprises et ne nécessiteraient donc pas de règle de non-déductibilité distincte.

Cette conversion éliminerait l’anomalie de non-déductibilité mais transformerait une mesure conçue comme temporaire en charge structurelle sur les deux secteurs.

Impact sur la planification fiscale des entités concernées

Pour les établissements financiers et énergétiques concernés, l’incertitude quant à la conception définitive pour 2026 complique la planification fiscale et budgétaire. Les décisions à prendre au second semestre 2025 incluent :

  • Provision comptable pour la contribution 2025 : le montant estimé de la contribution à liquider en septembre 2026 doit figurer dans les comptes 2025 comme charge de l’exercice, même s’il n’est pas déductible de l’Impôt sur les Sociétés. L’estimation nécessite de connaître le chiffre d’affaires net et la marge d’intérêts pour l’année.
  • Recours constitutionnels : plusieurs entités bancaires et énergétiques ont déposé des recours devant le Tribunal constitutionnel contestant la constitutionnalité des contributions (violation du principe de capacité économique, non-déductibilité comme double imposition). Le Tribunal n’a pas encore statué ; s’il devait accueillir les recours, des remboursements significatifs des montants déjà liquidés pourraient s’ensuivre.
  • Structures d’entreprise et groupes consolidés : la possibilité pour les entités concernées d’être intégrées dans des groupes de consolidation fiscale aux fins de l’Impôt sur les Sociétés n’élimine pas l’application de la contribution au niveau de l’entité individuelle, car elle est calculée entité par entité sur la base des revenus propres de chaque entité.

Perspective sectorielle : impact sur la compétitivité

Ceux qui plaident pour la suppression des contributions font valoir qu’une charge permanente sur les entités financières et énergétiques espagnoles crée un désavantage concurrentiel par rapport à leurs pairs européens non soumis à des contributions comparables, décourage l’investissement dans le secteur, et pourrait en définitive être répercutée sur les clients sous forme de taux de crédit et de tarifs énergétiques plus élevés.

Ceux qui soutiennent leur maintien soulignent les bénéfices extraordinaires générés par les deux secteurs en 2022 et 2023 — avec des ROE bancaires records et des marges énergétiques élevées pendant la crise du gaz — et la nécessité pour les secteurs disposant d’un pouvoir de marché significatif de contribuer davantage aux dépenses publiques dans des périodes de tension sociale.

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