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Glossaire des affaires

Arbitrage et médiation en Espagne

L'Espagne dispose d'un cadre bien développé pour les modes alternatifs de règlement des litiges (MARL). L'arbitrage est régi par la Ley 60/2003 de Arbitraje (fondée sur la Loi type de la CNUDCI) et fournit un processus privé et contraignant avec des sentences exécutoires. La médiation en matière civile et commerciale est réglementée par la Ley 5/2012. L'Espagne est signataire de la Convention de New York (1958), permettant l'exécution internationale des sentences arbitrales espagnoles dans plus de 170 pays.

Juridique

Modes alternatifs de règlement des litiges en Espagne : vue d’ensemble

L’Espagne propose deux principaux mécanismes alternatifs de règlement des litiges (MARL) pour les litiges commerciaux :

  • Arbitrage : Un processus privé et contraignant où un arbitre ou tribunal neutre entend le litige et rend une sentence exécutoire (laudo arbitral). La sentence a la même force juridique qu’un jugement de tribunal.
  • Médiation : Un processus volontaire et non contraignant où un médiateur neutre facilite le dialogue entre les parties. Tout accord conclu n’est contraignant que s’il est formalisé dans un acte notarié ou un accord approuvé par un tribunal.

Les MARL sont de plus en plus préférés dans les litiges commerciaux — particulièrement ceux impliquant des parties internationales — pour des raisons de rapidité (par rapport aux tribunaux espagnols), de confidentialité, d’autonomie des parties et d’exécution internationale des sentences arbitrales en vertu de la Convention de New York.

Arbitrage en Espagne

Cadre juridique

La loi espagnole sur l’arbitrage est la Ley 60/2003 du 23 décembre de Arbitraje, substantiellement fondée sur la Loi type de la CNUDCI sur l’arbitrage commercial international. La loi :

  • Reconnaît l’arbitrage national et international
  • Permet une pleine autonomie des parties dans le choix des règles, du siège, de la langue, du nombre d’arbitres
  • Limite l’intervention judiciaire aux circonstances définies (nomination des arbitres, mesures provisoires, exécution)
  • Établit les tribunaux de Madrid comme tribunaux de supervision pour les arbitrages ayant leur siège en Espagne

La convention d’arbitrage (Convenio Arbitral)

L’arbitrage repose sur le consentement des parties exprimé dans une clause d’arbitrage (cláusula arbitral) dans un contrat ou un accord de compromis (compromiso arbitral) après qu’un litige soit survenu. Exigences :

  • Doit être écrite (ou par référence à des règles prévoyant l’arbitrage)
  • Doit identifier le litige ou la catégorie de litiges à soumettre à l’arbitrage
  • N’a pas besoin de préciser l’institution, le nombre d’arbitres ou le siège — ceux-ci peuvent être convenus ultérieurement ou les règles par défaut s’appliquent

Une clause d’arbitrage dans un contrat commercial est contraignante et les tribunaux rejetteront tout litige porté en violation de celle-ci (sauf pour les mesures provisoires ou les questions manifestement non arbitrables).

Arbitrabilité

La plupart des litiges commerciaux sont arbitrables en Espagne. La loi exclut les questions qui ne peuvent pas être valablement réglées par les parties (materias de libre disposición). Les questions non arbitrables comprennent :

  • Les questions de statut familial (divorce, garde d’enfants)
  • Les procédures d’insolvabilité (concurso de acreedores)
  • Les litiges de contrats de consommateurs (où la juridiction obligatoire des tribunaux s’applique)
  • Les litiges du travail (un régime d’arbitrage du travail séparé s’applique)
  • Les affaires pénales

Les litiges commerciaux impliquant des sociétés — contrats, litiges d’actionnariat, contrefaçon de propriété intellectuelle, créances, déclarations en M&A, désaccords de coentreprise — sont généralement pleinement arbitrables.

Le tribunal arbitral

Les parties peuvent choisir :

  • Un arbitre unique
  • Un tribunal de trois membres (chaque partie nomme un ; les deux arbitres désignés par les parties, ou l’institution, nomme le président)

Les arbitres doivent être indépendants et impartiaux. Ils doivent divulguer toute circonstance pouvant susciter des doutes justifiés quant à leur impartialité.

Arbitrage institutionnel

L’Espagne accueille plusieurs institutions d’arbitrage :

InstitutionNotes
CIMA (Corte de Arbitraje del ICAM)Tribunal d’arbitrage du Barreau de Madrid ; bien considéré pour l’arbitrage commercial national
CAM (Corte de Arbitraje de Madrid)Institution d’arbitrage de la Chambre de Commerce de Madrid
CEA (Corte de Arbitraje de la Cámara de Comercio de España)Chambre de Commerce d’Espagne
CCI (Chambre de Commerce Internationale)Institution non espagnole mais fréquemment choisie pour les contrats impliquant des parties espagnoles
LCIA (London Court of International Arbitration)Utilisée dans les transactions transfrontalières impliquant des parties espagnoles et britanniques

La procédure d’arbitrage

  1. Dépôt de la demande (solicitud de arbitraje ou demanda de arbitraje)
  2. Constitution du tribunal : Arbitres nommés selon les règles convenues
  3. Procédure préliminaire : Portée du litige, calendrier procédural, production de documents
  4. Mémoires écrits : Mémoire du demandeur, réponse du défendeur, éventuels tours supplémentaires
  5. Audience : Examen des témoins et des experts (le cas échéant)
  6. Délibération et sentence : Le tribunal rend la sentence dans le délai fixé par les règles institutionnelles

Arbitrage institutionnel typique (CCI ou CAM) : 18 à 30 mois du dépôt à la sentence pour les litiges complexes. Des procédures accélérées sont disponibles et se concluent généralement en 6 à 9 mois.

Exécution des sentences arbitrales

Une sentence arbitrale domestique espagnole est exécutée de la même manière qu’un jugement de tribunal.

Une sentence arbitrale étrangère est exécutée en Espagne via la procédure d’exequatur, régie par la Convention de New York (1958) et le droit espagnol de procédure civile. Le tribunal compétent pour l’exequatur est le Tribunal Superior de Justicia de la communauté autonome concernée. Les motifs de refus sont limités et strictement interprétés : irrégularité procédurale, défaut de notification, non-arbitrabilité, violation de l’ordre public.

Médiation en matière civile et commerciale

Cadre juridique

La médiation est régie par la Ley 5/2012 du 6 juillet de mediación en asuntos civiles y mercantiles, transposant la Directive européenne 2008/52/CE. La loi s’applique aux litiges civils et commerciaux où les parties peuvent librement disposer de leurs intérêts.

Caractéristiques clés

  • La médiation est volontaire : aucune partie ne peut être contrainte à entrer en médiation.
  • Le médiateur facilite la communication et la négociation mais ne tranche pas.
  • La médiation est confidentielle : les discussions ne peuvent pas être utilisées comme preuves dans des procédures ultérieures.
  • Suspension des délais de prescription (prescripción) à compter du début de la procédure de médiation.

Force exécutoire des accords de médiation

Un accord de médiation devient exécutoire par :

  • Son élévation au rang d’acte notarié (escritura pública) devant un notaire espagnol — l’acte est directement exécutoire
  • L’approbation par un tribunal si des procédures sont en cours

Questions fréquentes

Existe-t-il une étape de médiation obligatoire avant l’arbitrage en Espagne ? Pas dans l’arbitrage commercial général. Certaines réglementations sectorielles et de consommation requièrent une médiation ou une conciliation préalable. Les litiges du travail requièrent une conciliation administrative préalable devant le SMAC (distincte de la médiation civile/commerciale).

Des mesures provisoires peuvent-elles être demandées aux tribunaux espagnols pendant l’arbitrage ? Oui. L’article 11bis de la Ley 60/2003 permet aux tribunaux d’accorder des mesures provisoires même lorsque les parties ont convenu d’arbitrer.

L’arbitrage est-il confidentiel en Espagne ? La confidentialité n’est pas explicitement imposée par la Ley 60/2003 mais est généralement établie par les règles institutionnelles et/ou la convention d’arbitrage.

Quels sont les coûts de l’arbitrage par rapport aux litiges judiciaires ? Les honoraires d’arbitrage institutionnel en Espagne vont d’environ 10 000 à 50 000 euros en honoraires d’arbitres pour un litige commercial de taille moyenne, plus les frais juridiques. Les litiges judiciaires espagnols pour les affaires commerciales sont généralement moins coûteux en coûts directs mais nettement plus lents (jugements en première instance : 2 à 4 ans ; appels : 2 à 3 ans supplémentaires).

Questions fréquentes

L'arbitrage en Espagne est-il régi par la Loi type de la CNUDCI ?
Oui. La loi espagnole sur l'arbitrage (Ley 60/2003) est substantiellement fondée sur la Loi type de la CNUDCI sur l'arbitrage commercial international, lui conférant une compatibilité internationale. L'Espagne est également signataire de la Convention de New York (1958), permettant l'exécution des sentences arbitrales espagnoles dans plus de 170 pays.
Quelles institutions d'arbitrage opèrent en Espagne ?
Les principales institutions comprennent la CIMA (Barreau de Madrid), la CAM (Chambre de Commerce de Madrid) et la CEA (Chambre de Commerce d'Espagne). Des institutions étrangères telles que la CCI (Paris) et la LCIA (Londres) sont également fréquemment choisies pour les contrats impliquant des parties espagnoles et sont pleinement valides pour les arbitrages dont le siège est en Espagne.
Comment les sentences arbitrales étrangères sont-elles exécutées en Espagne ?
Les sentences arbitrales étrangères sont exécutées via la procédure d'exequatur devant le Tribunal Superior de Justicia compétent. Les motifs de refus sont limités en vertu de la Convention de New York — limités aux irrégularités procédurales, au défaut de notification, à la non-arbitrabilité ou à la violation de l'ordre public. Les tribunaux espagnols maintiennent une position pro-arbitrage.
La médiation est-elle juridiquement contraignante en Espagne ?
La médiation elle-même est volontaire et non contraignante en Espagne en vertu de la Ley 5/2012. Cependant, un accord de médiation devient exécutoire s'il est élevé au rang d'acte notarié devant un notaire espagnol ou approuvé par un tribunal. L'acte est alors directement exécutoire comme s'il s'agissait d'un jugement.
Les tribunaux espagnols peuvent-ils accorder des mesures provisoires pendant une procédure d'arbitrage ?
Oui. L'article 11bis de la Ley 60/2003 permet aux tribunaux espagnols d'accorder des mesures provisoires ou conservatoires même lorsque les parties ont convenu d'arbitrer. Une fois le tribunal arbitral constitué, les parties peuvent alternativement demander des mesures provisoires au tribunal lui-même.
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