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Opérations Livre blanc

Livre blanc : Paie et Sécurité sociale — Guide pour les entreprises 2025

Guide complet 2025 sur la paie et la Sécurité sociale pour les entreprises espagnoles : conformité au SMI (1 184 €/mois), adaptation à la semaine de 37,5 heures, intégration de Verifactu aux systèmes de paie et bases de cotisation à la Sécurité sociale.

11 min de lecture

La gestion de la paie et de la Sécurité sociale en Espagne s'est considérablement complexifiée au cours des trois dernières années en raison de réformes législatives successives : la réforme du travail de 2021, la revalorisation du SMI, la mise en œuvre du Mécanisme d'équité intergénérationnelle (MEI), les nouveaux types de contrats, le passage aux cotisations basées sur les revenus pour les travailleurs indépendants, et la numérisation progressive du système de liquidation directe. Ce livre blanc fournit aux responsables des ressources humaines et de la finance des entreprises espagnoles un cadre complet pour gérer correctement ces obligations en 2025.

1. Cadre réglementaire

Le système espagnol de paie et de cotisations est régi par un ensemble de textes législatifs interdépendants :

  • Statut des travailleurs (ET) : Texte consolidé approuvé par le décret législatif royal 2/2015, tel que modifié par le décret-loi royal 32/2021 portant réforme du travail.
  • Loi générale sur la Sécurité sociale (LGSS) : Texte consolidé approuvé par le décret législatif royal 8/2015.
  • Loi de finances de l’État : actualise annuellement le SMI, les bases maximales et minimales de cotisation, ainsi que les coefficients de cotisation.
  • Arrêté de cotisation : publié annuellement par le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, fixant les taux de cotisation pour chaque contingence et catégorie de travailleurs.
  • Conventions collectives sectorielles : déterminent les grilles salariales, les catégories professionnelles et les compléments applicables dans chaque secteur, qui prévalent sur les conditions minimales du ET lorsqu’elles sont plus favorables au travailleur.

2. Structure de la fiche de paie : composantes de la rémunération et cotisations

Une fiche de paie correctement structurée distingue les composantes qui font partie de la base de cotisation à la Sécurité sociale de celles qui en sont exclues :

Composantes incluses dans la base de cotisation

En vertu de l’article 147 de la LGSS, la base de cotisation comprend l’ensemble des prestations économiques perçues par le travailleur, en espèces ou en nature, découlant de la relation de travail, à l’exception des exclusions expressément prévues. Les composantes les plus courantes constituant la base sont :

  • Salaire de base.
  • Compléments salariaux (ancienneté, responsabilité, productivité, primes linguistiques, majoration pour travail de nuit lorsqu’elle revêt un caractère salarial).
  • Heures supplémentaires (soumises à des taux spécifiques : 6,70 % employeur, 2,00 % salarié pour les heures supplémentaires de force majeure ; 6,70 % employeur, 4,70 % salarié pour les autres heures supplémentaires).
  • Gratifications exceptionnelles (proratisées mensuellement ou comptabilisées dans les mois d’acquisition).
  • Avantages en nature (véhicule de fonction, assurance maladie privée, chèques garde d’enfants dépassant les plafonds d’exonération, prêts à taux inférieur au marché).

Composantes exclues de la base de cotisation

L’article 109 de la LGSS et l’arrêté de cotisation établissent les composantes exclues, dont les plus significatives sont :

  • Indemnités de déplacement et frais de voyage : exclues dans la limite des plafonds fixés à l’article 9 du règlement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (53,34 €/jour avec nuitée en Espagne, 26,67 €/jour sans nuitée ; 91,35 €/jour avec nuitée à l’étranger, 48,08 €/jour sans nuitée).
  • Indemnités de mutation : exclues lorsqu’elles ne dépassent pas les limites réglementaires.
  • Améliorations volontaires de la protection de la Sécurité sociale : assurance-vie collective, plans de retraite professionnels (dans les limites fiscales applicables).
  • Chèques transport : jusqu’à 136,36 € par salarié et par mois.
  • Chèques garde d’enfants : entièrement exonérés de cotisations lorsque le service est fourni par des centres agréés.

3. Taux de cotisation 2025

Les taux de cotisation du régime général de la Sécurité sociale en 2025, conformément à l’arrêté de cotisation en vigueur, sont les suivants :

ContingenceEmployeurSalariéTotal
Contingences communes23,60 %4,70 %28,30 %
AT et EP (variable selon le CNAE)VariableVariable
Chômage (contrat à durée indéterminée)5,50 %1,55 %7,05 %
Chômage (contrat temporaire)6,70 %1,60 %8,30 %
FOGASA0,20 %0,20 %
Formation professionnelle0,60 %0,10 %0,70 %
MEI0,58 %0,12 %0,70 %

Le Mécanisme d’équité intergénérationnelle (MEI), introduit par le décret-loi royal 2/2023, ajoute une cotisation supplémentaire qui augmente annuellement jusqu’en 2029 conformément au calendrier approuvé, dans le but de renforcer la viabilité du système de retraite.

Pour la partie du salaire excédant la base maximale de cotisation (estimée à environ 4 909 € par mois pour 2025), la cotisation de solidarité introduite par la loi 21/2021 s’applique : un taux supplémentaire de 5,5 % pour l’employeur et de 1,5 % pour le salarié sur le montant dépassant la base maximale.

4. La réforme du travail de 2021 : impact sur les contrats et la paie

Le décret-loi royal 32/2021 du 28 décembre, portant réforme du travail, a introduit des modifications structurelles des types de contrats ayant un impact direct sur la gestion de la paie :

Suppression du contrat de chantier. Le contrat à durée déterminée pour réalisation d’un ouvrage ou d’un service déterminé (obra y servicio determinada) a été aboli le 30 mars 2022. Les entreprises détenant de tels contrats ont dû les transformer en contrats fixes-discontinus (pour les activités saisonnières ou discontinues) ou en contrats à durée indéterminée ordinaires. L’application incorrecte de cette transformation a généré de nombreuses réclamations de l’Inspection du travail.

Le contrat fixe-discontinu. Il constitue le mécanisme clé introduit par la réforme de 2021 pour les secteurs à activité saisonnière (hôtellerie, agriculture, tourisme, éducation). Les travailleurs fixes-discontinus cotisent pendant les périodes d’activité, mais leur ancienneté est calculée comme si la relation de travail était continue. Le salaire de base pour les prestations de chômage de ces travailleurs est calculé sur les cotisations des 180 jours effectivement travaillés au cours des 360 jours précédant la situation légale de chômage.

Contrats temporaires structurels. Depuis la réforme, le recours au travail temporaire est limité à deux situations : les circonstances de production (durée maximale de six mois, extensible à douze par convention collective) et le remplacement de travailleurs (durée maximale liée à la durée de la cause). Le dépassement de la durée maximale ou l’enchaînement de contrats temporaires pendant plus de dix-huit mois sur une période de vingt-quatre mois crée une présomption de contrat à durée indéterminée.

5. Rémunération flexible : optimisation fiscale et sociale

La rémunération flexible permet aux salariés de remplacer une partie de leur salaire en espèces par certains produits ou services bénéficiant d’avantages fiscaux et, dans certains cas, d’exclusions de cotisations à la Sécurité sociale. Les dispositifs les plus couramment utilisés en Espagne sont :

Assurance maladie privée. Le salarié peut remplacer jusqu’à 500 € par mois de son salaire par une assurance maladie privée sans que ce coût soit considéré comme un avantage en nature soumis à l’IRPF ou aux cotisations de Sécurité sociale. Pour les assurances couvrant le conjoint et les enfants du salarié, le plafond s’étend à 1 500 € par an et par membre de la famille.

Chèques restaurant. Les titres-restaurant ou cartes restaurant d’une valeur maximale de 11 € par jour sont exonérés d’IRPF. Toutefois, ils sont soumis aux cotisations de Sécurité sociale depuis 2023, ce qui a réduit l’attrait de ce dispositif pour les employeurs.

Chèques transport. Les titres de transport public d’un montant maximum de 136,36 € par mois sont exonérés d’IRPF et exclus des cotisations.

Plans de retraite professionnels. Les contributions de l’employeur au plan de retraite professionnel du salarié sont déductibles pour l’entreprise au titre de l’impôt sur les sociétés, ne sont pas soumises à l’IRPF au moment de la contribution (uniquement lors du retrait) et sont exclues des cotisations jusqu’à 8 000 € par an s’il s’agit d’un régime professionnel. La loi 12/2022 sur la réglementation des plans de retraite professionnels a élargi les avantages de ces plans afin d’encourager leur extension aux PME.

Véhicule de fonction. La mise à disposition d’un véhicule pour un usage personnel est considérée comme un avantage en nature aux fins de l’IRPF. Cependant, si le véhicule est électrique ou à faibles émissions, la réduction applicable à la valeur de marché du véhicule (30 % pour les véhicules émettant moins de 120 g CO2/km, 40 % pour les véhicules électriques ou à hydrogène) réduit considérablement l’impact fiscal pour le salarié.

6. Le système de liquidation directe : SILTRA et RED DIRECT

Le système de liquidation directe (SLD) est le mécanisme par lequel la Trésorerie générale de la Sécurité sociale (TGSS) calcule directement les cotisations dues par chaque entreprise, sur la base des informations que l’entreprise transmet concernant ses travailleurs, leurs salaires et leurs types de contrats. Le processus est le suivant :

  1. L’entreprise transmet mensuellement les données de ses travailleurs à la TGSS par l’intermédiaire du système RED (via les fichiers AFIL et CRA) ou directement depuis l’application SILTRA.
  2. La TGSS calcule les cotisations correspondantes et émet un projet de liquidation (RLC et RNT).
  3. L’entreprise confirme ou rectifie le projet et procède au paiement avant le dernier jour du mois suivant la période d’acquisition.

Les erreurs dans la transmission des données — contrats avec des catégories incorrectes, codes AT/EP erronés, bases de cotisation inférieures aux montants réels — sont les plus fréquemment détectées par l’Inspection du travail lors de ses contrôles d’office et génèrent les coûts les plus élevés lorsqu’elles doivent être régularisées rétroactivement.

7. Incapacité temporaire : gestion et calcul du salaire de base

L’incapacité temporaire (IT) pour contingences communes est indemnisée par la Sécurité sociale à partir du quatrième jour d’arrêt maladie (les trois premiers jours sont à la charge du salarié, sauf amélioration par convention collective). L’employeur gère le paiement délégué — versant au travailleur l’allocation de la Sécurité sociale et la déduisant du règlement des cotisations — ce qui génère l’obligation de calculer correctement la base réglementaire :

  • Base salariale IT pour contingences communes : la base de cotisation du mois précédant l’arrêt maladie divisée par le nombre de jours travaillés au cours de ce mois.
  • Pourcentage de la prestation : 60 % de la base réglementaire du quatrième au vingtième jour (inclus), et 75 % à partir du vingt et unième jour.

Les conventions collectives améliorent généralement ces prestations, en complétant jusqu’à 100 % du salaire. L’entreprise doit s’assurer que le complément prévu par la convention collective ne dépasse pas le salaire que le travailleur aurait perçu s’il avait travaillé, afin d’éviter des situations d’amélioration indue que la Sécurité sociale pourrait réclamer.

8. Obligations de conservation des documents et de la documentation

La loi 9/2021 sur l’enregistrement du temps de travail oblige toutes les entreprises à enregistrer la durée quotidienne de travail de l’ensemble de leurs salariés, y compris les heures de début et de fin. Le registre doit être conservé pendant quatre ans et être accessible aux travailleurs, à leurs représentants légaux et à l’Inspection du travail. Les sanctions en cas de non-conformité vont de 626 € à 6 250 € par infraction grave en vertu du TRLISOS.

La documentation relative à la paie et aux contrats doit être conservée pendant quatre ans pour les obligations de Sécurité sociale et six ans pour les obligations fiscales (IRPF) en vertu de la loi générale des impôts. La numérisation de ces documents avec des signatures électroniques reconnues a une pleine validité juridique et facilite les réponses aux demandes de l’Inspection.

9. Tableau de bord de gestion de la paie : indicateurs clés de performance

Les responsables des ressources humaines et de la finance doivent suivre mensuellement les indicateurs suivants pour détecter les écarts avant qu’ils ne deviennent problématiques :

  • Ratio coût du travail / chiffre d’affaires : indicateur clé d’efficience du travail, avec des références sectorielles disponibles auprès des statistiques de l’INE et du MITES.
  • Coût de l’absentéisme : jours d’arrêt maladie, accidents du travail et autres absences, avec coût direct (salaire plus cotisations pendant la période d’absence) et coût indirect (remplacement, perte de productivité).
  • Taux de contrats temporaires : le maintien d’un pourcentage élevé d’emploi temporaire après la réforme du travail de 2021 constitue un indicateur de risque d’inspection et de présomption de fraude.
  • Base de cotisation moyenne par salarié : permet de détecter les erreurs systématiques de cotisation (bases incorrectes, compléments non cotisés).
  • Délai moyen de clôture de la paie : un processus de clôture dépassant cinq jours ouvrables indique que le processus n’est pas suffisamment automatisé ou qu’il existe des problèmes de qualité des données dans le système.

Chez BMC, nous gérons les relations de paie et de Sécurité sociale pour des entreprises de toutes tailles. Découvrez nos services de gestion de la paie et des ressources humaines.

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