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Juridique Article

Actualités du droit du travail : ce que votre entreprise doit savoir

Évolutions récentes de la législation espagnole du travail et comment s'y adapter.

6 min de lecture

Le cadre juridique espagnol en matière de travail poursuit son processus de transformation avec des évolutions réglementaires qui affectent directement la gestion des ressources humaines dans les entreprises. Connaître ces développements et s'y adapter en temps opportun est essentiel pour éviter les contentieux et tirer parti des nouvelles possibilités offertes par la législation.

Réduction du temps de travail

L’une des mesures les plus significatives de cette année est la consolidation de la réduction progressive de la durée maximale du travail. Les entreprises doivent réviser leurs conventions collectives et leurs contrats individuels afin de garantir le respect des nouvelles limites, en portant une attention particulière aux systèmes de suivi du temps de travail et à l’organisation des postes.

La réforme, portée par le Real Decreto-ley réduisant la durée maximale de la semaine de travail ordinaire à 37,5 heures, impose une révision non seulement des contrats existants, mais également des accords relatifs à la répartition irrégulière du temps de travail. Le non-respect de ces dispositions peut constituer une infraction grave, passible d’amendes allant de 751 € à 7 500 € par travailleur concerné en vertu de la Ley de Infracciones y Sanciones en el Orden Social (LISOS).

L’impact de cette mesure varie considérablement selon les secteurs. Si, pour les cabinets de services professionnels, l’ajustement peut être relativement simple, pour des secteurs tels que l’hôtellerie-restauration, le commerce de détail ou l’industrie manufacturière, la réorganisation des horaires nécessite une planification rigoureuse et, dans de nombreux cas, une renégociation des conditions avec les représentants du personnel. Les conventions collectives sectorielles jouent un rôle déterminant : dans celles qui prévoient déjà une durée inférieure à 37,5 heures par semaine, la réforme a un impact neutre ; dans les autres, la négociation collective doit s’adapter dans les délais impartis.

Registre du temps de travail : obligations actuelles et nouvelles exigences

L’enregistrement journalier du temps de travail, obligatoire depuis le Real Decreto-ley 8/2019, demeure l’un des principaux axes de contrôle de l’Inspection du travail. Les procès-verbaux d’infraction pour registres absents ou déficients se sont notablement multipliés ces dernières années. La réglementation exige que le registre soit précis, quotidien et inaltérable, les documents devant être conservés pendant quatre ans.

Avec la réduction du temps de travail, le registre revêt une importance accrue en tant qu’outil de vérification du respect de la réglementation. Les entreprises doivent s’assurer que leurs systèmes — qu’il s’agisse de pointeuses biométriques, d’applications mobiles ou de registres papier — satisfont aux exigences de fiabilité et d’intégrité imposées par l’autorité du travail.

Télétravail et déconnexion numérique

La réglementation du télétravail continue de se préciser avec de nouvelles clarifications concernant les frais que l’entreprise doit prendre en charge, les droits à la déconnexion numérique et les obligations en matière de santé et de sécurité au travail pour les télétravailleurs. Les entreprises qui n’ont pas encore formalisé leurs accords de télétravail doivent le faire sans tarder afin d’éviter les sanctions.

La Ley 10/2021 sur le travail à distance établit que l’accord doit être formalisé par écrit avant le début du télétravail et doit inclure : un inventaire des moyens et équipements fournis par l’entreprise, le remboursement des frais, les règles relatives aux horaires et à la disponibilité, ainsi que les mesures de prévention des risques. L’obligation de fournir les moyens technologiques adéquats incombe à l’employeur, y compris en matière d’ergonomie, de protection des données et d’évaluation des risques psychosociaux du télétravailleur.

Le droit à la déconnexion numérique, reconnu par la Ley Orgánica 3/2018, impose aux entreprises d’élaborer et de communiquer une politique interne de déconnexion. Cette politique doit établir clairement les moments où les travailleurs ne sont pas tenus de répondre aux communications électroniques en dehors de leurs heures de travail — disposition particulièrement pertinente dans les environnements de travail hybrides où les frontières entre temps de travail et temps personnel tendent à s’estomper.

Embauche et égalité

Les obligations relatives aux plans d’égalité sont renforcées, avec des seuils d’application abaissés et des exigences plus strictes en matière d’audit salarial. Les entreprises de plus de cinquante salariés doivent disposer d’un plan d’égalité enregistré et à jour auprès du Registro de Planes de Igualdad (RPI), comprenant des mesures spécifiques de conciliation vie professionnelle-vie personnelle et des protocoles de lutte contre le harcèlement.

L’audit salarial, requis dans le cadre du plan d’égalité, exige une analyse détaillée des écarts de rémunération entre travailleurs à valeur égale afin d’identifier et de corriger les inégalités salariales injustifiées entre les sexes. Le Ministerio de Igualdad a renforcé le contrôle de ces plans, avec des inspections spécifiques vérifiant tant l’élaboration que la mise en œuvre effective des mesures.

Nouveaux types de contrats et rupture du contrat de travail

La réforme du travail de 2021 (Real Decreto-ley 32/2021) a consolidé le contrat à durée indéterminée comme norme générale, limitant les contrats temporaires à deux circonstances spécifiques : les fluctuations de la production et le remplacement de travailleurs. Les entreprises doivent vérifier que leurs contrats temporaires en cours reposent sur un motif justifié, dans la mesure où un recours abusif peut entraîner la requalification automatique en contrat à durée indéterminée et des sanctions supplémentaires.

En matière de licenciements collectifs (ERE), le Real Decreto 1483/2012 demeure la norme de référence, mais les critères de négociation avec les représentants du personnel et les seuils de déclenchement de la période de consultation ont fait l’objet d’une réinterprétation jurisprudentielle ces dernières années. Un accompagnement juridique spécialisé est indispensable avant d’engager toute procédure de restructuration.

Recommandations pratiques

Chez BMC, nous conseillons aux entreprises de réaliser un audit social complet permettant d’identifier les zones de risque et les axes d’amélioration. Les principaux points d’attention pour 2026 sont les suivants : vérification du respect de la nouvelle durée maximale hebdomadaire de travail, révision des accords de télétravail, mise à jour du protocole de déconnexion numérique, et confirmation que le plan d’égalité est à jour et dûment enregistré.

La prévention est toujours plus rentable que la réaction. Une infraction grave au droit du travail peut être sanctionnée par des amendes pouvant atteindre 225 018 € dans les cas les plus graves (infractions très graves répétées), auxquels s’ajoutent l’atteinte à la réputation et les frais de contentieux. Un accompagnement juridique proactif permet non seulement d’assurer la conformité réglementaire, mais également d’améliorer le climat social et la rétention des talents — des facteurs qui se traduisent directement en productivité et en compétitivité pour l’entreprise.

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