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Juridique Article

Procès-verbaux d'assemblée : Guide de rédaction

Comment rédiger des procès-verbaux d'assemblée conformes à la Loi espagnole sur les sociétés (LSC) : quorum, résolutions, signatures requises, délai de 10 jours prévu à l'article 202 et obligations d'inscription au Registre du Commerce.

7 min de lecture

Les procès-verbaux — le compte rendu écrit des assemblées d'actionnaires et des réunions du conseil d'administration — constituent bien davantage qu'une simple formalité administrative en droit espagnol. Ils représentent l'instrument juridique qui atteste de la manière dont les organes de gouvernance de la société ont agi, qui confère force obligatoire aux résolutions sociales et qui permet aux notaires, greffiers, banques et investisseurs de se fonder sur la volonté exprimée de la société. Des procès-verbaux défectueux peuvent bloquer une augmentation de capital, empêcher l'inscription d'un nouvel administrateur ou rendre une décision stratégique juridiquement inapplicable.

Le cadre juridique : Loi sur les Sociétés de Capitaux (LSC)

La Loi sur les Sociétés de Capitaux (Real Decreto Legislativo 1/2010, du 2 juillet — LSC) régit la documentation des assemblées d’actionnaires dans ses articles 192 à 204. L’article 202 exige que les résolutions adoptées en assemblée générale soient consignées dans un procès-verbal et que celui-ci soit approuvé soit par l’assemblée elle-même à la clôture de la séance, soit dans les quinze jours par le président et deux scrutateurs désignés par l’assemblée.

Pour le conseil d’administration, l’article 250 LSC exige également que les délibérations et les résolutions soient consignées dans un procès-verbal. Le secrétaire du conseil — qui n’est pas nécessairement administrateur — est chargé de rédiger les procès-verbaux, de tenir les registres de procès-verbaux et de certifier les résolutions.

Le Règlement du Registre du Commerce (Reglamento del Registro Mercantil) impose des exigences formelles supplémentaires pour les documents déposés auprès du registre. Les registres de procès-verbaux doivent être légalisés au Registre du Commerce dans les quatre mois suivant la clôture de l’exercice (article 18 du Code de Commerce).

Contenu obligatoire des procès-verbaux d’assemblée générale

Les procès-verbaux d’une assemblée générale des actionnaires doivent contenir les éléments suivants pour avoir pleine validité juridique :

Convocation de l’assemblée. Date, lieu et heure de la réunion ; s’il s’agit d’une assemblée générale ordinaire ou extraordinaire ; le mode de convocation utilisé (lettre recommandée, annonce au Journal Officiel BORME, courrier électronique conformément aux statuts) ; et confirmation que les délais minimaux de convocation ont été respectés — quinze jours pour une société à responsabilité limitée (SL) et trente jours pour une société anonyme (SA) en cas de modifications structurelles.

Constitution de l’assemblée. Liste des participants avec nom, numéro d’identification et nombre d’actions ou de parts sociales représentées ; procurations accordées et identité des mandataires ; désignation des scrutateurs le cas échéant ; et confirmation que le quorum applicable pour la constitution valide de l’assemblée a été atteint conformément aux statuts et à la LSC.

Ordre du jour. Transcription intégrale des points annoncés dans la convocation. Les résolutions ne sont valables que si elles portent sur des points inscrits à l’ordre du jour — à l’exception de l’assemblée universelle où tous les actionnaires sont présents et acceptent unanimement de constituer l’assemblée.

Délibérations et votes. Résumé des interventions significatives, propositions spécifiques soumises au vote et résultat de chaque scrutin exprimé en voix pour, voix contre et abstentions. Dans les sociétés anonymes (SA), la loi exige l’enregistrement des interventions de tout actionnaire demandant que son opposition soit consignée au procès-verbal.

Résolutions adoptées. Formulation précise et univoque de chaque résolution, rédigée de manière à éviter toute interprétation susceptible de donner lieu à un refus devant le Registre du Commerce ou à un litige.

Clôture et signatures. Signatures du président et du secrétaire de l’assemblée ; indication précisant si les procès-verbaux ont été approuvés par l’assemblée elle-même ou par la procédure ultérieure impliquant deux scrutateurs.

Procès-verbaux du conseil d’administration : Particularités essentielles

Les procès-verbaux du conseil d’administration obéissent à une dynamique différente de ceux de l’assemblée générale. Ils sont rédigés séance par séance et généralement approuvés à l’ouverture de la séance suivante. Les particularités les plus importantes sont les suivantes :

  • Conflits d’intérêts. L’article 228 LSC exige que les administrateurs s’abstiennent de participer aux résolutions dans lesquelles ils ont un intérêt direct ou indirect. Le procès-verbal doit documenter l’abstention et, le cas échéant, le départ de l’administrateur de la salle.
  • Délégation de pouvoirs. Lorsque le conseil délègue des pouvoirs à un comité exécutif ou à des directeurs généraux, le procès-verbal doit consigner l’étendue précise de la délégation pour qu’elle produise ses effets juridiques à l’égard des tiers.
  • Votes dissidents. Les administrateurs qui votent contre une résolution peuvent faire consigner leur vote, ce qui les exonère de la responsabilité solidaire découlant des conséquences de cette résolution.

Les défauts les plus fréquents et leurs conséquences

La pratique des registres du commerce révèle un ensemble récurrent de défauts dans les procès-verbaux soumis :

Quorum non documenté. Si les procès-verbaux ne reflètent pas précisément les actions ou parts sociales représentées, le greffier peut émettre une notification de qualification négative et suspendre l’inscription. Pour les sociétés anonymes approuvant des modifications statutaires, le quorum renforcé (deux tiers en deuxième convocation) doit être parfaitement attesté.

Ordre du jour insuffisant. Les résolutions portant sur des questions non inscrites à l’ordre du jour sont nulles, sauf si l’assemblée est universelle. Les formulations génériques telles que « questions diverses » n’autorisent pas l’adoption de résolutions contraignantes.

Calcul des majorités non attesté. La LSC établit des majorités ordinaires (la moitié plus une des voix présentes ou représentées) et des majorités qualifiées pour certaines résolutions (modifications statutaires, fusions, scissions, dissolution). L’absence de documentation correcte du décompte des voix rend la résolution annulable.

Certification défectueuse. Pour élever les résolutions en acte notarié, le notaire exigera un certificat du secrétaire contresigné par le président. Un certificat émis par une personne non habilitée, ou certifiant une résolution non consignée dans les procès-verbaux originaux, peut engager la responsabilité notariale et celle du registre.

Registres de procès-verbaux : Légalisation et conservation

Depuis la réforme de 2015 du Code de Commerce, la légalisation des livres sociaux s’effectue exclusivement par voie électronique auprès du Registre du Commerce, dans les quatre mois suivant la clôture de l’exercice. Les livres concernés sont le registre de procès-verbaux, le registre des associés (pour les SL) ou le registre des actionnaires nominatifs (pour les SA), ainsi que le registre des contrats entre l’associé unique et la société unipersonnelle.

Le non-respect du délai de légalisation n’invalide pas les résolutions consignées, mais crée une irrégularité formelle qui peut être soulevée dans le cadre de procédures contestant des résolutions sociales ou lors d’un audit de conformité (due diligence) mené par des acquéreurs ou des prêteurs potentiels.

Environnements numériques et réunions à distance

La pandémie et la réforme subséquente de la LSC par le Real Decreto-Ley 1/2021 ont consolidé la tenue d’assemblées par voie électronique. Les procès-verbaux des réunions virtuelles doivent consigner la plateforme technologique utilisée, l’identité des participants vérifiée par voie numérique, tout incident technique susceptible d’avoir affecté l’exercice du droit de vote, ainsi que la documentation du système de vote électronique employé.

Les signatures numériques apposées sur les procès-verbaux au moyen d’un certificat électronique reconnu sont pleinement valables en vertu du Règlement eIDAS et de la législation espagnole en matière de signature électronique.

Mettre en place un secrétariat juridique solide

Un secrétariat juridique bien structuré doit comprendre un calendrier annuel couvrant l’assemblée générale ordinaire (dans les six premiers mois de l’exercice, tant pour les SA que pour les SL), des modèles de procès-verbaux adaptés au type de société et aux statuts, un système de numérotation séquentielle des résolutions, ainsi qu’une archive documentaire incluant les convocations, les procurations et les certificats émis.

Externaliser le secrétariat juridique auprès d’un cabinet spécialisé garantit le respect des délais du Registre du Commerce, l’émission des certificats par une personne habilitée et la disponibilité immédiate de la documentation lorsqu’elle est requise par un notaire, un commissaire aux comptes ou un investisseur dans le cadre d’un audit de conformité.

Chez BMC, notre équipe de droit des sociétés gère l’intégralité du cycle documentaire des organes de gouvernance pour des entreprises de toutes tailles. Découvrez nos services de secrétariat juridique.

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