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Convention fiscale Allemagne-Espagne 2011 : guide pratique pour expatriés 2026

Sujet: convention fiscale allemagne espagne 2026

La Convention pour éviter la double imposition Allemagne-Espagne de 2011 expliquée de façon pratique : salaires, pensions, dividendes, immobilier — qui impose quoi en 2026.

13 min de lecture

La Convention pour éviter la double imposition entre l’Allemagne et l’Espagne est pour la communauté croissante de citoyens allemands vivant et travaillant à Majorque, sur la Costa del Sol, à Madrid ou à Barcelone le document de droit fiscal le plus important. Elle détermine qui peut imposer leurs revenus — l’Allemagne, l’Espagne ou les deux — et dans quelles conditions l’impôt déjà payé dans l’autre pays peut être déduit.

Ce guide explique la CDI 2011 de façon systématique et pratique pour l’exercice fiscal 2026 : non comme un commentaire abstrait, mais sur la base des situations concrètes auxquelles les expatriés allemands sont confrontés quotidiennement.

La CDI 2011 en résumé

La Convention pour éviter la double imposition Allemagne-Espagne en vigueur a été signée le 3 février 2011 à Madrid. En Allemagne, elle a été publiée au Bundesgesetzblatt 2011 II p. 974 ; en Espagne, la publication a eu lieu au BOE n° 182 du 30 juillet 2012. Elle est entrée en vigueur le 18 octobre 2012.

La convention a remplacé la CDI précédente en vigueur depuis 1966, et suit de près le Modèle de Convention OCDE 2010. Elle comprend 31 articles et un protocole contenant d’importantes règles d’interprétation souvent ignorées dans la pratique quotidienne.

La structure centrale de la convention suit un principe simple : pour chaque type de revenu, la convention détermine à quel État appartient le droit d’imposition. Ce droit peut être exclusif (un seul État) ou partagé (les deux États peuvent imposer, mais l’État source est limité). L’État de résidence évite ensuite la double imposition par exonération (art. 22 par. 1) ou imputation (art. 22 par. 2) de l’impôt payé dans l’autre État.

Important : la CDI ne crée pas de nouvelles obligations fiscales. Elle ne peut que restreindre des obligations fiscales, pas en créer. Il faut donc d’abord vérifier, conformément au droit interne de chaque État, si une obligation fiscale existe — c’est seulement alors que la CDI agit comme mécanisme correcteur.

Résidence fiscale selon la CDI (art. 4) — Centre des intérêts vitaux

Avant d’analyser l’imposition des différents types de revenus, il faut déterminer la résidence fiscale. Elle fixe qui est l’« État de résidence » et qui est l’« État source » aux fins de la convention.

L’article 4 de la CDI définit la résidence par renvoi au droit interne : celui qui est pleinement contribuable en Espagne conformément au droit espagnol (art. 9 LIRPF) — généralement par séjour supérieur à 183 jours ou centre des intérêts économiques en Espagne — est considéré comme résident en Espagne.

En cas de double résidence (résidence dans les deux États selon leur droit interne), la définition conventionnelle avec sa clause de départage (art. 4 par. 2) entre en jeu :

  1. Foyer permanent : dans quel État la personne dispose-t-elle d’un foyer permanent ? Si c’est uniquement dans un État, cet État prévaut.
  2. Centre des intérêts vitaux : où se trouvent les relations personnelles et économiques les plus étroites — famille, employeur, comptes bancaires, contacts sociaux ?
  3. Séjour habituel : dans quel État la personne séjourne-t-elle habituellement ?
  4. Nationalité : la personne est-elle uniquement ressortissante de l’un des deux États ?
  5. Accord entre autorités : si aucun critère ne peut être déterminé clairement, les autorités compétentes décident par procédure amiable.

En pratique, la détermination de la résidence est le point de conflit le plus fréquent — en particulier pour les citoyens allemands qui se sont formellement installés en Espagne mais conservent un logement en Allemagne, la scolarisation de leurs enfants là-bas ou y passent régulièrement leurs week-ends.

Conseil pratique : celui qui souhaite transférer son centre de vie en Espagne doit renoncer au logement en Allemagne, mettre à jour le registre municipal, transférer comptes bancaires et adhésions et emmener sa famille avec lui. Un déménagement à moitié ne résistera pas à un contrôle fiscal.

Salaires pour activité allemande (art. 14) — Règle des 183 jours

L’article 14 de la CDI régit l’imposition des revenus du travail salarié. Le principe : les salaires sont imposés dans l’État dans lequel l’activité est effectivement exercée.

L’exception (la « règle des 183 jours ») s’applique aux activités exercées en Allemagne. Si un salarié résident en Espagne ne séjourne pas plus de 183 jours dans l’année civile en Allemagne et que les conditions suivantes sont cumulativement remplies, l’Allemagne conserve le droit d’imposition :

  • Le salaire est versé par un employeur allemand ou pour son compte.
  • Le salaire n’est pas supporté par un établissement stable allemand en Espagne.

Calcul des 183 jours : on compte les jours de séjour dans l’année civile (1er janvier au 31 décembre), pas sur une période de douze mois. Les jours d’arrivée et de départ comptent comme des jours complets. Les week-ends et périodes de vacances en Allemagne lors d’une longue mission de travail comptent également.

Télétravail depuis l’Espagne (art. 15) — Cas types

L’essor du télétravail a placé l’article 15 de la CDI au centre de nombreuses consultations. Le protocole de la CDI 2011 contient à ce sujet des règles d’interprétation complémentaires qui depuis 2023 doivent également être interprétées à la lumière des lignes directrices de l’OCDE sur le télétravail.

Cas 1 : Télétravail entièrement depuis l’Espagne

Celui qui transfère son domicile en Espagne et travaille entièrement depuis son domicile en Espagne pour un employeur allemand exerce son activité en Espagne. Le droit d’imposition appartient à l’Espagne. L’employeur allemand ne devrait pas procéder à une retenue de Lohnsteuer allemand et doit remettre au salarié le certificat d’exonération correspondant.

Cas 2 : Partiellement en Allemagne, partiellement en Espagne

Celui qui travaille en partie en Allemagne et en partie en Espagne doit répartir les salaires : la fraction correspondant à l’activité en Allemagne est imposée en Allemagne, et la fraction espagnole en Espagne. Le critère décisif est la proportion de jours travaillés, pas celle des composantes de rémunération.

Cas 3 : Risque d’établissement stable pour les dirigeants

Le point critique survient lorsque le dirigeant qui travaille à distance en Espagne dispose de pouvoirs de signature au nom de l’employeur allemand ou conclut habituellement des contrats au nom de la société. Dans ce cas, un établissement stable peut être constitué en Espagne conformément à l’article 5 par. 5 de la CDI — avec pour conséquence qu’une partie des bénéfices d’entreprise serait soumise à l’impôt sur les sociétés en Espagne.

Pensions — Secteur privé vs secteur public (art. 17, 18) — Distinction fondamentale

L’imposition des pensions est pour de nombreux retraités allemands en Espagne la question de CDI la plus pressante. La convention établit une distinction nette souvent confondue dans la pratique :

Art. 17 — Pensions du secteur privé (Sécurité sociale allemande)

Les pensions et rémunérations analogues provenant de la DRV (Deutsche Rentenversicherung), ainsi que les prestations des systèmes de prévoyance d’entreprise du secteur privé, sont imposées conformément à l’article 17 de la CDI exclusivement dans l’État de résidence. Pour un bénéficiaire résident en Espagne, cela signifie que la pension DRV est imposée en Espagne conformément aux règles de l’IRPF.

Art. 18 — Pensions du secteur public (fonctionnaires, Bundeswehr)

Les pensions versées pour des services rendus dans le secteur public — y compris les pensions de fonctionnaires, la pension de retraite du Bundeswehr — relèvent de l’article 18 (Fonctions publiques). S’applique ici le principe de la caisse payeuse : l’État dont les caisses publiques effectuent le paiement est l’État imposant. L’Espagne peut cependant prendre en compte la part allemande de la pension aux fins de la progressivité : la pension allemande élève le taux espagnol applicable sur les autres revenus imposables en Espagne.

Important : celui qui perçoit à la fois une pension DRV et une pension de fonctionnaire doit tenir compte des deux règles et produire des déclarations dans les deux pays.

Dividendes et intérêts (art. 10, 11) — Retenue de 15 %, imputation

Dividendes (art. 10)

Les dividendes distribués par une société résidente en Allemagne à un associé résident en Espagne peuvent, conformément à l’article 10 de la CDI, être imposés par l’Allemagne, mais de façon limitée :

  • 15 % de retenue (règle générale pour les investisseurs individuels)
  • 5 % de retenue si le bénéficiaire est une société qui détient directement au moins 10 % des droits de vote de la société distributrice

En Espagne, les dividendes s’intègrent comme revenus du capital mobilier (base d’épargne) aux taux suivants : 19 % (jusqu’à 6 000 €), 21 % (6 000–50 000 €), 23 % (50 000–200 000 €), 27 % (200 000–300 000 €) et 28 % (au-delà de 300 000 €).

La retenue effectuée en Allemagne est déduite conformément à l’article 22 par. 2 de la CDI de la quote-part de l’impôt espagnol, mais seulement dans la limite de l’impôt espagnol sur les mêmes revenus.

Intérêts (art. 11)

Les revenus d’intérêts de source allemande sont également soumis conformément à l’article 11 de la CDI à une retenue allemande limitée de 10 %.

Note pratique : les banques allemandes ignorent fréquemment la résidence d’un client en Espagne et appliquent automatiquement la retenue intégrale de l’Abgeltungsteuer (25 % plus Solidaritätszuschlag) au lieu du taux conventionnel. Les titulaires d’un numéro d’identification fiscale espagnol (NIE) doivent présenter à leur banque allemande le certificat de résidence fiscale pour que la retenue soit limitée au taux conventionnel.

Immobilier en Espagne (art. 6, 13) — Location, plus-value

Art. 6 — Revenus de biens immobiliers

Les revenus de location d’immobilier espagnol sont imposés conformément à l’article 6 de la CDI exclusivement en Espagne. Un propriétaire résident en Allemagne d’une maison de vacances à Majorque déclare ses revenus locatifs en Espagne — en tant que non-résident, il est soumis à l’IRNR et doit produire le Formulaire 210.

Art. 13 — Plus-values

Les plus-values issues de la cession d’immobilier espagnol sont imposées conformément à l’article 13 par. 1 de la CDI également exclusivement en Espagne. L’Allemagne n’a aucun droit d’imposition sur la plus-value de la vente d’une propriété espagnole — même si le vendeur est résident fiscal en Allemagne.

Important : les non-résidents qui vendent un bien immobilier espagnol doivent tenir compte du fait que l’acheteur retiendra 3 % du prix d’achat comme retenue et versera le montant à l’administration fiscale espagnole. Cette retenue est déduite de la dette fiscale IRNR ; si elle génère un excédent, le remboursement peut être demandé.

Travailleurs indépendants (art. 7) — Quand y a-t-il établissement stable en Espagne ?

L’article 7 de la CDI régit l’imposition des bénéfices d’entreprise. Le principe : les bénéfices d’une société allemande sont imposés en Allemagne, sauf si la société maintient en Espagne une installation fixe d’affaires (établissement stable).

Un établissement stable au sens de l’article 5 de la CDI existe dans les cas suivants :

  • Un bureau, atelier, succursale ou installation fixe analogue
  • Un chantier de construction d’une durée supérieure à 12 mois
  • Une représentation permanente — une personne qui en Espagne conclut habituellement des contrats au nom de la société allemande

Pour les indépendants allemands et les professions libérales qui se sont installés en Espagne et continuent à fournir des services à des clients en Allemagne, la question de l’établissement stable est centrale. Le simple domicile sans activité commerciale indépendante en Espagne ne génère généralement pas d’établissement stable.

Élimination de la double imposition — Imputation vs exonération (art. 22)

L’article 22 de la CDI contient le véritable « mécanisme de désarmement » — les mécanismes pour éviter la double imposition :

Méthode 1 : Exonération avec progressivité (par. 1 pour l’Allemagne)

Pour les revenus où la CDI attribue à l’Espagne le droit exclusif d’imposition (par exemple, salaires pour activité en Espagne, revenus de location d’immobilier espagnol), l’Allemagne exonère ces revenus de l’impôt sur le revenu allemand. Cependant, ils sont pris en compte pour le calcul du taux d’imposition allemand (progressivité, § 32b EStG).

Méthode 2 : Imputation (par. 2)

Pour les revenus où la CDI prévoit un droit d’imposition partagé (par exemple, dividendes, intérêts), l’Espagne, comme État de résidence, impose ces revenus dans le cadre de l’IRPF mais déduit l’impôt retenu dans l’État source (Allemagne). L’imputation est limitée à l’impôt espagnol proportionnel sur les mêmes revenus.

Erreurs courantes

Erreur 1 : Oublier le Formulaire 720

Le Formulaire 720 est l’obligation espagnole de déclaration du patrimoine à l’étranger supérieur à 50 000 € par catégorie. Il n’a aucun lien avec la répartition du droit d’imposition selon la CDI — c’est une simple obligation déclarative. Beaucoup d’expatriés allemands l’oublient car ils supposent à tort que la CDI règle tout. Les sanctions très élevées à l’origine ont été considérablement réduites par l’arrêt de la CJUE (C-788/19, 27 janvier 2022) et la réforme législative ultérieure, mais l’obligation déclarative elle-même reste en vigueur.

Erreur 2 : Ne pas se désinscrire de la taxe ecclésiastique allemande en quittant l’Allemagne

L’Allemagne continue à percevoir la taxe ecclésiastique auprès des membres d’une église — indépendamment de leur domicile fiscal, à condition qu’ils perçoivent des revenus en Allemagne. Celui qui continue à percevoir des revenus de source allemande devrait envisager la désinscription de la taxe ecclésiastique s’il ne l’a pas encore fait.

Erreur 3 : Imposition de départ (§ 6 AStG)

Celui qui détient des participations significatives (au moins 1 % du capital au cours des cinq dernières années) dans des sociétés de capitaux allemandes ou étrangères et quitte l’Allemagne peut être soumis à l’imposition de départ conformément au § 6 de la Loi sur les relations fiscales extérieures (AStG). Cette disposition suppose l’aliénation de la participation à la valeur de marché et impose la plus-value fictive qui en résulte.

Erreur 4 : Supposer que les pensions allemandes sont exonérées d’imposition

La croyance généralisée selon laquelle les pensions allemandes sont « exonérées d’impôt » pour les résidents en Espagne est erronée. La pension DRV est exonérée de l’impôt allemand (méthode d’exonération), mais est pleinement soumise à l’imposition en Espagne — conformément aux règles IRPF pour les revenus de pension, qui selon l’âge de retraite imposent entre 25 % et 100 % du montant brut.

Erreur 5 : Ne pas présenter le certificat de résidence fiscale aux banques et dépositaires allemands

Sans présentation d’un certificat de résidence fiscale espagnol actualisé, les établissements financiers allemands appliquent la retenue intégrale de l’Abgeltungsteuer (25 % plus Solidaritätszuschlag) au lieu du taux conventionnel (15 % pour les dividendes, 10 % pour les intérêts). La présentation annuelle du certificat représente une économie directe.


La CDI Allemagne-Espagne 2011 est un instrument efficace pour éviter la double imposition effective — mais elle requiert une connaissance précise de sa structure. Les erreurs les plus courantes ne sont pas dues à une intention d’évasion, mais à la complexité de l’interaction entre le droit interne des deux pays et le droit conventionnel. Le conseil fiscal professionnel maîtrisant les deux systèmes juridiques n’est pas une option pour les expatriés allemands en Espagne, mais une nécessité.

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