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Embaucher des travailleurs étrangers en Espagne : guide pour les entreprises 2026

Sujet: embaucher travailleurs étrangers Espagne entreprise 2026

Ce qu'une entreprise peut faire pour recruter ou régulariser des travailleurs étrangers en Espagne en 2026 : les voies légales, les obligations envers la Sécurité sociale et comment tirer parti de la régularisation extraordinaire pour régulariser les salariés en situation irrégulière.

7 min de lecture

La régularisation extraordinaire de 2026 n'est pas seulement une opportunité pour les travailleurs étrangers : c'est aussi un moment clé pour les entreprises. Celles qui comptent dans leurs effectifs des personnes en situation administrative irrégulière doivent agir dès maintenant pour mettre leur situation en ordre, respecter leurs obligations légales et éviter l'exposition aux inspections du travail.

Le rôle de l’employeur dans la régularisation extraordinaire de 2026

Le processus de régularisation est initié et déposé par le travailleur (ou une entité collaboratrice du RECE habilitée). Mais l’entreprise joue un rôle crucial dans la phase finale et la plus pratique : l’embauche formelle une fois la demande admise à la procédure.

La séquence du point de vue de l’employeur est la suivante :

  1. Identifier quels travailleurs en situation irrégulière pourraient bénéficier du processus.
  2. Informer le travailleur des conditions et des délais (délai jusqu’au 30 juin 2026).
  3. Préparer le contrat de travail pour qu’il soit prêt à être signé le jour de l’admission à la procédure.
  4. Affilier le travailleur à la Sécurité sociale le premier jour de travail après l’admission.
  5. Maintenir l’affiliation et les cotisations pendant toute la durée de l’autorisation provisoire et la période de traitement.

Le risque de l’inaction : ce qui est en jeu

L’employeur qui maintient des travailleurs en situation irrégulière sans recourir au processus de régularisation encourt une exposition significative :

Sanctions administratives (LISOS)

L’article 37.1 de la loi sur les infractions et sanctions dans l’ordre social (LISOS) qualifie l’embauche d’étrangers sans autorisation de travail d’infraction très grave, passible d’amendes de 10 001 à 100 000 euros par travailleur. La sanction est proportionnée en fonction de :

  • Le nombre de travailleurs concernés.
  • La récidive de l’employeur.
  • Les circonstances du secteur et les conditions du travailleur.

Des secteurs comme le bâtiment, l’hôtellerie ou les services à domicile font l’objet d’une attention prioritaire de la part de l’inspection du travail.

Responsabilité en matière de cotisations

L’employeur est responsable des cotisations à la Sécurité sociale non versées durant la période d’emploi irrégulier, avec majorations et intérêts. La Trésorerie générale de la Sécurité sociale peut liquider les dettes de cotisations correspondant aux périodes travaillées sans affiliation.

Interdiction de marchés publics

Une infraction grave pour emploi irrégulier peut entraîner une interdiction temporaire de contracter avec l’administration publique.


Les voies de recrutement légal d’étrangers en 2026

Au-delà de la régularisation extraordinaire, les entreprises disposent de plusieurs voies pour embaucher légalement des travailleurs étrangers :

1. Autorisation de travail salarié (article 36 LOEX)

La voie ordinaire pour embaucher un étranger qui n’est pas en Espagne ou qui est en situation irrégulière sans possibilité de régularisation immédiate. Elle exige :

  • Une offre d’emploi enregistrée auprès du SEPE.
  • Un test du marché du travail (vérification qu’il n’y a pas de candidats nationaux ou communautaires adéquats), sauf exceptions.
  • Une décision d’autorisation de travail par la Délégation ou la Sous-Délégation du Gouvernement compétente.
  • Une demande de visa de travail au consulat du pays d’origine du travailleur.

Le processus peut durer de 3 à 6 mois selon le secteur et le bureau compétent.

2. Transfert intra-groupe (ICT) — Directive 2014/66/UE

Pour les groupes multinationaux qui ont besoin de transférer des cadres dirigeants, des spécialistes ou des stagiaires de leurs filiales étrangères en Espagne. L’autorisation ICT est accordée dans un délai maximal de 90 jours et permet de travailler dans n’importe quel État membre de l’UE.

3. Arraigo laboral (soutien documentaire de l’employeur)

Si le travailleur est en Espagne depuis plus de 2 ans et peut justifier d’une relation de travail antérieure d’au moins 6 mois, l’entreprise peut soutenir la demande d’arraigo laboral en fournissant des documents sur cette relation (contrats, bulletins de salaire, déclarations). Ce n’est pas l’employeur qui dépose l’arraigo, mais sa documentation peut être déterminante.

4. Régularisation extraordinaire de 2026 + embauche immédiate

La voie la plus rapide en 2026 pour les travailleurs remplissant les conditions (5 mois de résidence avant le 31/12/2025). Dès l’admission à la procédure, le travailleur peut être embauché légalement et l’employeur doit formaliser l’affiliation à la Sécurité sociale.


Obligations de l’employeur dès l’admission à la procédure

L’admission à la procédure de la demande de régularisation extraordinaire a des effets immédiats pour l’employeur :

ObligationÀ partir de quandBase légale
Affiliation du travailleur à la Sécurité socialePremier jour de travail après l’admissionArt. 100 LGSS
Cotisation pour contingences communes et professionnellesDès l’affiliationArt. 103-104 LGSS
Signature du contrat de travailDès l’admissionArt. 15 ET
Retenue IRPF sur les salairesDès le premier paiementArt. 76 RIRPF

Important pour les services à domicile : les travailleurs du foyer sont affiliés au Système spécial des employés de maison du Régime général (article 251 LGSS), dont la gestion incombe à l’employeur (personne physique) ou à l’agence intermédiaire.


Liste de contrôle pour le département RH / administration

  • Identifier les travailleurs dans les effectifs (ou les habitués) en situation administrative irrégulière.
  • Vérifier avec chaque travailleur s’il remplit la condition de 5 mois de résidence avant le 31/12/2025.
  • Informer du délai de dépôt de la demande (jusqu’au 30 juin 2026) et de la nécessité de rassembler les documents (certificat de padrón historique, extrait de casier judiciaire apostillé du pays d’origine).
  • Préparer les contrats de travail prêts à être signés le jour de l’admission à la procédure.
  • Planifier les affiliations à la Sécurité sociale pour les exécuter le premier jour de travail légal.
  • Vérifier que le système de paie est prêt pour retenir l’IRPF dès le premier paiement.
  • Documenter le processus en interne au cas où il serait nécessaire de prouver la diligence devant l’inspection du travail.

Secteurs les plus touchés

La régularisation extraordinaire de 2026 a un impact particulièrement significatif dans :

  • Hôtellerie et restauration : forte concentration de personnels de cuisine, de salle et de nettoyage en situation irrégulière.
  • Bâtiment et rénovation : ouvriers du bâtiment, installateurs et personnels de maintenance.
  • Agriculture et élevage : travailleurs saisonniers et salariés agricoles, notamment en Andalousie, Murcie et Catalogne.
  • Services à domicile et soins aux personnes : employés de maison à temps plein ou partiel, auxiliaires de gérontologie.
  • Commerce et logistique : entrepôts, livraison et service client.

Chez BMC, nous travaillons avec des entreprises de tous ces secteurs pour mettre leurs effectifs en ordre et réduire au minimum leur exposition à l’inspection du travail. Consultez notre service d’immigration d’entreprise.

Cadre juridique

  • Loi organique 4/2000, du 11 janvier, relative aux droits et libertés des étrangers en Espagne (LOEX) : article 36 (autorisation de travail salarié), article 31.3 (régularisation extraordinaire).
  • Décret royal 557/2011, du 20 avril (RLOEx) : procédure des autorisations de travail salarié.
  • Décret royal législatif 5/2000, du 4 août, portant approbation du texte refondu de la loi sur les infractions et sanctions dans l’ordre social (LISOS) : article 37.1 (infraction très grave pour emploi d’étrangers sans autorisation de travail).
  • Décret royal législatif 8/2015, du 30 octobre, portant approbation du texte refondu de la loi générale sur la Sécurité sociale (LGSS) : article 100 (obligation d’affiliation), article 251 (Système spécial des employés de maison).
  • Directive 2014/66/UE du Parlement européen et du Conseil : transferts intra-groupe (ICT).

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Discutons de la façon dont ces idées peuvent être appliquées à votre entreprise.

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